‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 28 sur 42 · Monuments de Ste. Marie Madeleine, Tome 1 page · texte numérisé non relu

Monuments de Ste. Marie Madeleine, Tome 1 page

2 id Tome 11 page 105

3, id Tome 1 page 546

4 id Tome 1 page 501 et suivantes 5 id Tome 1 pages 1203

PAS UE RÉPARER ai ren gp

194 Révérend Messire Fuillon,

un autre cratoire établi par Maximin près de la Baume (1) (2). Ce sont ces tombeaux de Marseille, de Tarascon, et de St. Maximin qui portent des signes si caractéristiques de leur époque, et qui bien qu’éloignes par la distance, confirment d’une manière si éclatante, par leurs emblêmes, une seule et même tradition (3).

M. Faillon a exploré tous ces sanctuaires si chèrs à la piété des Provençaux, et il en a fait l’objet de ses recherches infatigables. Nous pouvons le suivre d’abord aux Saintes Maries lieu de débarquement des Saints Apôtres, là, 1l vit l’affluense immense des pelerins au 22 Novembre jour de la fête des Saintes compagnes de Marie Madeleine. Il a d’abord examiné le site et il a reconnu qu’il était à sept lieues d'Arles ; il est vrai qu'Ammien Marcellin affirme qu’Arles de ce coté est à quatre lieues de la mer, et les critiques du XVIIIe siècle, d’après lui prétendaient que le site des Saintes Maries devait être alors sous les eaux, mais M. Faillon a reconnu qu'il fallait tenir compte du lac de la Crau qui s’avance de trois lieues dans les terres, c'est ce qu'il a vu dans la statistique militaire d’Antonin qui compte sept lieues d’Arles à la mer; donc les critiques du XVIIIe siècle ont gratuitement attaqué Ja tradition sur ce point.

M. Faillon recueille ensuite tous les témoignages qui appuyent la tradition: Le village des Saintes Maries est aussi appelé Notre Dame de la Barque en souvenir de l’arrivée des Saints Apôtres. il trouve le même souvenir dans une sculpture qui orne la façade de l'Eglise et ou l’on voit deux femmes dans une barque. Ensuite il fixe le date de l'Eglise d’après sa forme, l’appareil des pierres, les cintres de l'intérieur, les chapiteaux des colonnes, la forme des escaliers que l’on trouve dans les monuments romains ou Gallo romains des premiers siècles de l’Eglise. Or tous ces signes extérieurs quiavaient échappé aux observations de la critique du XVIIIe siècle démen-

1. Monuments de Sie. Marie Madeleine, Tome 1 page 477-483 2. id Tome 1 page 497 3. id Tome 1 page 437-455

. Ce sont i portent ignes par mes, une

3 Provenouvons le Apôtres, le la fête le site et ien Marit les cris Saintes lil fallait 28 terres, | compte > Ont gra-

la tradi- Dame de le même l’on voit > d'après eaux des romains xtérieurs

e démen-

L’Apostolat de Ste. Marie Madeleine. 195

tent complètement les assertions des novateurs, tandis qu’ils confirment les antiques souvenirs et les pieuses croyances des populations si ardentes mais si intelligentes de la Provence. Sans doute que quelques unes de ces observations avaient déjà été faites, mais M. Faillon a eu non seulement le mérite de les recueillir, mais de les appuyer de toutes les appréciations de la critique moderne.

Il passe ensuite à Marseille, et là malgré les dévastations des Sarrasins, il recueille un grand nombre de témoignages. D’abord il reconnait l’emplacement de la petite chapelle que l’on voyait éncore au XVIIIe siècle, et il constate la dévotion des Marseillais à fixer leur église principale à l’endroit même où la tradition reconnaissait la première arrivée des Saints Apôtres. Il est à remarquer que c’est là que se trouverala Nouvelle Cathédrale. I] donne ensuite la description des souterrains de l’abbaye Saint Victor dont les autels et les sanctuaires se rapportent si merveilleusement aux premiers travaux de Saint Lazare, et à son ensevelissement après son martyre ; il vérifie le siége de Saint Lazare, son image dans la crypte et enfin son tombeau, qui a été l’origine d’un cimetière vers cet endroit et dont le musée de Marseille conserve les tombes si antiques et si caractérisées ; il constate que le souvenir de ce site funéraire, est gardé encore actuellement dans le nom de la rue de Paradis qui passe aux environs de ce quartier. Il décrit aussi la forme de la prison du Saint Martyre, et en fixe la date en montrant comme elle a conservé complètement le caractère des prisons romaines du temps des premiers empereurs, il relève les points de ressem-: blance si frappante qu’elle avait avec les prisons Mamertines, où furent enfermés les Saints Apôtres de Rome, et il montre comme la pieuse croyance des fidèles s'accorde avec les recherches et les affirmations des archéologues les plus autorisés. Il compare ensuite les souvenirs de l'Eglise de Marseille avec les traditions de l'Eglise d’Autun et il fait voir comme ils s’accordent sur le fait de la translation des restes de Saint Lazare pendant les incursions des Sarrasins, enfin il assigne la date et l’auteur de cette translation, au moyen de recherches laborieuses, mais dont on peut constater la complète exactitde.

196 Révérend Messire Faillon,

À Aix, M. Faillon recueillit encore bien des souvenirs qui viennent confirmer les traditions des premiers siècles. Dans la Cathédrale il y avait une chapelle voûtée et supportée par des colonnes, que l’on avait attribuée de toute antiquité à St. Maximin et à Ste. Marie Madeleine, elle avaitété épargnée par la révolution française et subsista jusqu’en 1808, époque à laquelle, elle fut détruite pour cause d'amélioration par l’autorité diocésaine, mais les ornements qui en furent conservés dans la nouvelle construction permettent d’en constater l’antiquité. Enfin il signale que l’une des colonnes de ce sanctuaire en marbre précieux, a été transportée à la colline Bonaparte à Marseille, où on lui a assigné une destinée bien différente de son premier emploi (1).

À Tarascon, M. Faillon a pu décider que l’oratoire de Ste. Marthe était la crypte inférieure de l'Eglise, enfin nul plus que lui n’était capable de recueillir les vieilles traditions du pays qu’il avait habité si longtemps, il à pu aussi donner toutes: les explications qui se rapportaient aux cérémonies et à la procession immémoriale de la Tarasque, il reconnait qu’il est fait mention de cet événemont dans les plus anciennes vies de Ste. Marthe, dans la vie de Raban Maur, dans les sculptures de l’Eglise qui remontent aux premiers siècles, dans plusieurs peintures, dans le sceau de la ville, sur les anciennes monnaies, etc., ete. Il signale à la Major de Marseille une très ancienne statue de Ste. Marthe la représentant avec le monstre à ses pieds.

M. Faillon visita aussi plusieurs fois la Ste. Baume, et en examina les souvenirs avec le soin éclairé qu'il apportait en tous ses travaux. Il vit ce mur de rochers qui s'élève à plus de trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer et qui offre aux deux tiers de sa hauteur cette caverne, où Madeleine alla se réfugier, lorsqu’aucun sentier n’était encore tracé et que l’accès en était presqu'inabordable ; il vit comme suivant la tradition l’eau suintait de toutes parts, excepté à l’endroit où la Pénitente se tenait toujours absorbée dans la prière ; il visita à quelques

Page 1