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178 Révérend Messire Faillon,
qu’il existait bien d’autres preuves du même fait, soit en Provence, soit ailleurs, et qu’on pourrait les trouver en se donnant la peine de les chercher, ct ce fut à cette occasion et en présence mêmc de ce sarcophage, ajoute-il, qu’il forma le dessein de réunir toutes ces preuves.
Ce qui est tout particulièrement remarquable, c’est qu’à partir de ce moment les documents les plus précieux lui arrivèrent de tous côtés, et même les rencontres les plus inattendues. vinrent lui fournir les moyens d'accomplir un travail aussi considérable, enfin les découvertes qu’il fit, furent s1 nombreuses qu’elles l’obligèrent à donner à son ouvrage, les proportions les plus grandes. En voici quelques exemples :
Ainsi au retour de St Maximin, il se disposait à repartir pour Paris ; il lui fallut se rendre à la Mairie de Marseille pour faire viser son passeport, il était assis dans le bureau, attendant son tour après un certain nombre de voyageurs. Lorsqu'il vit dans l’embrasure d’une fenêtre, un tas de vieux parchemins réunis, pour être détruits ou déposés aux greniers de la municipalité. Or, quel fut son étonnement en prenant quelques-uns de ces papiers, il découvrit qu’il avait sous la main, une suite innombrable de documents qui se rapportaient à la grotte de la Ste. Baume, et au couvent de St, Maximin. C’était en grande partie les pièces des donations, ou des pèlerinages des princes au Sanctuaire de Ste. Madeleine S’étant levé aussitôt et ayant demandé la permission de sauver de la destruction tous ces papiers abandonnés, le chef du bureau lui accorda tout ce qu’il pouvait désirer, mais de plus l’un des employés, originaire de la ville d’Aix, lui indiqua en cette ville un fondé de pouvoirs du Marquis d’Albertas qui possédait un nombre considérable de papiers, relatifs à l’abbaye de St. Maximin, En effet, pendant la révolution, ces documents étaient tombés entre lesmains de la famille d'Albertas, qui possédait près de St. Maximin de grandes propriétés.
Cet avis lui fut des plus utiles, car il le mit sur la voie de documents, qui avaient échappés à la révolution, et qui se trouvaient conservés dans les différentes municipalités de la Provence. Les années suivantes
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L’Apostolat de Ste. Marie Madeleine. 179
il parcourut les archives des villes principales, et c’est là qu’il découvrit de quoi remplir plusieurs volumes de pièces justificatives, parmi lesquelles il a fait un choix. Ensuite il visita successivement les différents lieux de la Provence illustrés par le souvenir des Apôtres, amis du Sauveur, tandis que dans l'intervalle. il continuait ses recherches, aux Bibliothèques de Paris, où il fit les plus précieuses découvertes. C’est alors qu'il trouva la première vie de Marie Madeleine du IVe siècle, différentes pièces qui ne sont citées nulle part relativement à St. Marthe, les documents relatifs à la mission des premiers Evêques de la Gaule, et enfin la collection des anciennes liturgies qui lui ont rendn un si grand service, et où il a retrouvé en particulier les actes de St. Lazare, que l’on croyait perdus,
C’est vers ce même temps, c’est-à-dire en 1842, qu'il réussit à se procurer l’ouvrage si important sur Ste. Marie Madeleine, de Rhaban Maur, dont personne ne soupçonnait l’existence. Il en avait d’abord découvert la trace dans l’histoire des écrivains ecclésiastiquess de Dom. Rémy Cellier. Il y avait vu cette indication assez vague : “ Que dans les Bibliothèques d'Angleterre d après Cavé, on trouve une vie de Ste. Marie Madeleine sous le nom de Rhaban Maur ” il recourut alors à l’histoire littéraire de Cavé à la page indiquée et il vit cette indication :
De vità Stæ Mariæ Magdalenæ, liber manuscriptus in Collegio S. Magdalenæ, Oxoniü, vol. 166. Rabani Mauri, Opera inedita.
M. Faillon a souvent raconté, et même consigné dans son ouvrage, les circonstances de cette découverte ; il demanda par écrit au supérieur du Collége de Ste. Madeleine si l’on pouvait trouver dans la bibliothèque l'ouvrage de Rhaban et pria que dans ce cas on lui envoya seulement quelques chapitres. M: Bloxam, supérieur du Collége, lui répondit en ces termes: ‘J'aime toujours à obliger quelques-uns de nos frères catholiques en France et ailleurs, et c’est avec un double plaisir que je rends un service, à un prêtre du Séminaire de St. Sulpice.
D'après l'envoi qui lui fut fait de quatre chapitres, relatifs à l’aposto-
180 Révérend Messire Fuillon,
lot et à la mort de Ste: Madeleine, M. Faillon s’étunt convaincu que l'ouvrage était véritablement du style ot de la manière de Raban Maur, il demanda alors la copie qui arriva, au mois de septembre 1842, c'est-àdire une année après la résolution prise au tombeau de St. Maximin.
Or on peut comprendre combien cette découverte était importante, puis qu’elle donnait le moyen de vérifier la valeur des actes de Ste. Madeleine et des relations les plus anciennes » que les PP. Bollandistes n’avaient pu employer, parce que faute de ce moyen de comparaison, ils n’avaient pu distinguer ce qui était authentique, d'avec ce qui avait été interpolé par certains copistes ignorants.
Aux années suivantes, M. Faillon compléta ses découvertes dans ses visites aux bibliothèques, et dans ses pélerinages aux sanctuaires de la Provence, dont il tira tant de profit pour son ouvrage, mais encore plus pour son âme, qui trouva tout à gagner dans la précieuse compagnie des Saints.
Enfin il se mit à l’œuvre, il commence d’abord par exposer et par réfuter toutes les erreurs dans lesquelles les adeptes d’une fausse critique, étaient tombés à l'égard de la personne même de Ste. Marie Madeleine, ensuite il réduit à néant les diicultés qui avaient été soulevées contre la venue des amis du Sauveur dans les Gaules, puis il expose toutes les preuves merveilleuses qu’il en a découvertes dans ses nc nbreuses recherches, et enfin il donne une série considérable de pièces justificatives, discutées et commentées, avec la critique la plus consciencieuse et la plus rigoureuse. Les explications données par M. Faillon, et ses réfutations de toutes les difficultées apportées contre la doctrine de Rome, par les sectaires et les
faux critiques du XVIIe siècle, ont paru d’une telle force qu’elles ont été accueillies à Rome avec la pius grande faveur, et que les revues romaines ont proclamé que c’était l'ouvrage qui faisait le plus d’honneur à la science en France depuis nombre d'années. Aussi M. Rohrbacher arrivé à cette partie de son histoire, s’est fait un devoir d'exposer les faits d’après le texte même de M. Faillon.
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L'Apostalat de Ste. Marie Madeleine. 181
On a toujours tenu et enseigné universellement dans l'Eglise, que le christianisme avait été préché dans les Gaules dès le premier siècle par St. Lazare, ses deux sœurs et quelques autres disciples envoyés de Rome par Pierre lui-même ; c’est-à-dire Trophyme à Arles, Paul à Narbonne; Martial à Limoges, Austremoine À Clermont, Gatien à Tours, Valère à Trèves. St. Denys l’Aréopagite converti par St. Paul, vint un peu plus tard sous le Pape Clément. Quelques Pères du IVe siècle admettaient même que les Apôtres les avaient secondés, et ils affirment que les épitres de St. Paul aux Galates étaient adressées aux habitants des Gaules ; c’est ce qui peut expliquer que nous voyons des conciles tenus dans les Gaules au 3e siècle et même au 2e siècle la foi de ces pays invoquée par Tertullien et Justin et donnée comme preuve de l’universalité de la foi dans le monde entier. Cette croyance fut toujours conservée, et nous en trouvons des témoignages dans les liturgies des différentes nations. Ce n’est qu'au XVIe siècle que les nouveaux réformés ayant commencé à critiquer témérairement les traditions des églises primitives, quelques écrivains catholiques se livrèrent à cet esprit de discussion, et soumirent
es pieusesc royances de ces églises, aux recherches d’une critique indépendante et non suffisamment éclairée.
On cite d’abord Lefevre d’Etaple, et J oseph Clictone au XVIe siècle qui imaginèrent de distinguer plusieurs personnes dans St. Marie Madeleine et ensuite Launoy au XVIIe siècle, qui nia de pius la vérité de l’apostolat des disciples du Sauveur dans les Gaules, affirmant que St. Lazare était mort dans l'ile de Chypre, Ste. Madeleine à Ephèse et Ste. Marthe à Béthanie. L'unité de personne fut aussitot défendue en Angleterre par Fisher, évêque de Rochester: en Flandre par le célèbre Erasme ; à Paris par l’Université qui condamna les assertions de Lefevre d'Etaple, tandis. que Rome maintenait l’ancienne tradition. Mais par une prévention inexplicable, quelques années plus tard, ces fausses assertions se répandirent dans les esprits et l’on vit les évêques modifier en ce sens, leurs Breviaires; tandisque d’estimables savants, tels que Dom Calmet,
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182 Révérend Messire Faillon,
Dom Cellier et Mabillon, sans examiner les faits, embrassèrent l’erreur, se prononcèrent contre l’unité de personne, contre l’apostolat des saints de Provence et aflirmèrent que les premiers envoyés des Papes ne vinrent qu’au troisième siècleles, suivant les assertions téméraires de ces! faux critiques.
Et c’est ainsi que sur l’autorité d'écrivains favorables aux idées protes. tantes, quelques uns des plus fermes champions de la foi, par une confiance aveugle dans une critique erronnée, prétendirent changer sur ces points, l’enseignement universel et traditionnel de l’Eglise. Alors Ste, Marie Madeleine fut divisée en trois personnes : la femme pêcheresse dont parle St. Luc ; Marie soeur de St. Lazare dont parle St. Jean, et Marie Madeleine dont le Sauveur avait chassé sept démons: l’arrivée de Lazare et de ses sceurs en Provence fut déclarée non avenue et la mission des sept premiers évêques, fut retardée de deux siècles.
Après avoir exposé ces attaques, admises ainsi sans examen et sans discussion par les meilleurs esprits; M. Faillon montre d’abord sur quelles preuves nombreuses, s’appuie l’unité de personne ; il commence par exposer la tradition perpétuelle et générale des Grecs, et des Latins. Chez les Grecs, sauf deux ou trois exceptions, l’unité a toujours été reconnue et enseignée par l’universalité des pères, et il en donne la liste : l’on voit: Clément d'Alexandrie, Ammonius Saccas maitre d’Origène, Eusèbe de Césaré, St. Ephrem, Apollinaire, Théodore de Mopsuetse, Ste. Barbe, l’auteur du centon d’Homère, St. André de Créte, etc. ete. Les seuls qu’on peut citer contre l’unité, sont Origène et St. Jean Chrysostome, et encore ne sont ils pas constants dans leurs affirmations: Origène parfois ne semble admettre qu’une seule personne, et St. Jean Chrys0stôme affirme que les Evangiles ne paraissent parler que d’une personne. Origène d’ailleurs a été souvent pris en défaut dans la doctrine : et l'adhésion de St. Jean Chrysostôme eur ce point, peut s’expliquer par la désapprobation qu’il avait, à juste titre, pour certains adversaires outrés d’Origène parmi lesquels, se trouvait Théophile d'Antioche, son ennemi personnel.
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L'Apostolat de Ste. Marie; Madeleine. 183
Après avoir exposé l’unanimité presque générale de l'Eglise Grecque, M. Faillon passe à l’église Latine et il montre qu’elle est absolument unanime ; il donne les textes des plus illustres, parmi lesquels nous remarquons Tertullien, St. Hilaire, St. Ambroise, St. Jérôme et St. Augustin ; St. Pierre Chrysologue, St. Grégoire le Grand ; St. Isidore de Séville, en Espagne; en Angleterre, le vénérable Bede, St. Anselme et St. Thomas de Canterbury ; Alcuin, Smaragde, Raban Maur, St. Odon de Cluny, Flodoard, l'Abbé Rupert, Hugues de St. Victor, St. Bernard ; puis les grands docteurs du XIIIe et XIVe siècle, St. Bonaventure, St, Thomas d'Aquin, St. Antoine de Padoue, Ludolphe et Denys le chartreux. Nicolas de Cusa, St, Vincent Ferrier, Pierre de Blois, Gerson et l’auteur de l’imitation, etc, etc.
M. Faillon cite ainsi plus de cent auteurs, qu’il à pris soin de vérifier.
Ensuite il montre encore l’unanimité de la tradition d’après l’interprétation de la Ste. Ecriture, l’enseignement des Papes, la liturgie, les dévotions établies dans l'Eglise entière.
Enfin M. Faillon ne s’en tient pas là, et avec la profonde intelligence qu'il avait des sens mystiques de la Ste. Ecriture, il confirme la voix unanime de la tradition par l’exposition de la doctrine des Pères sur les figures renfermées dans la conversion de Ste. Marie Madeleine; dostrine qui prouve encore si invinciblement : que les Pères ne voyaient'dans 1, pécheresse, la sœur de Lazare ei dans Marie Madeleine qu’une seule et même personne. Et en effet les Pères voient toutes les actions de la pénitente, devenue ensuite repentante, puis amie-dévouée du Sauveur, comme figures de ce qui est arrivé à la gentilité, qui d’abord pécheresse, puis repentante, et convertie par le Sauveur, a été enfin son épouse dévouée dans la personne de la Ste. Eglise.
Les Pères et les Docteurs nous disent tous, que Marie Madeleine, la pécheresse dont parle St. Luc et la Sœur de Lazare fut le type de cette gentilité, Sœur égarée de la Nation fidèle, asservie au culte des démons, et aux infidélités les plus monstrueuses.
184 Lévérend Messire Faillon,
Elle est la Maria in civitate Peccatriæ, c'est-à-dire, la pécheresse vivant dans la cité du monde et livrée à l'infidélité, c’est ce que nous disent Lusèbe et St, Pierre Chrysologue. Et N.8., qui s’était plu à figurer dans l’ancien Testament son union avec la gentilité infidèle par l’image de Rahab et Thamar, deux pécheresses ; Ruth la moabite, Bethsabée l’adultère et l’épouse prostituée du prophète Osée a voulu représenter cette même union par Madeleine la pécheresse, dans le Nouveau Testament, c'est ce que nous disent tous les Pères et voici leur doctrine : :
La gentilité d'abord fidèle, fut fiancée à Dieu au commencement des siècles, et lorsqu'elle s'éloigna par l’idolâtrie que l'écriture désigne sous le nom de fornication et d’adultère, alors l’époux abandonné et trompé s’unit à une servante, une mercenaire la Nation Juive, c’est ce que nous disent expressément avec Theodoret, St, Augustin et l'Abbé Rupert.
Mais enfin N.-$. vient dans le monde et il trouve son épouse indiftérente et infidèle, ce qui est exprimé par Judas qui reproche le dévouement de Marie, Simon le Pharisien qui se scandalise, et même par Marthe qui ne comprend pas le culte que l'époux reclame, alors il abandonne son épouse, il revient à la fiancée et il la prend pour sa véritable épouse : de là les paroles du Sauveur à Simon : ‘ Vous ne m'avez pas lavé les pieds ;”? “ Vous ne m'avez pas donné le baiser des amis ;” ‘ vous n’avez pas oint ma tête ; ”” or toutes ces paroles indiquent l’ingratitude et l'indifférence de la Nation juive, suivant St. Grégoire le Grand, St, Pierre Chrysologue, Eusèbe, Evêque de la Gaule, Bede et Rupert. Enfin les Pères montrent
encore Comme les circonstances des recherches de Marie au Tombeau,
figurent les circonstances de la conversion de la gentilité à la foi chrétienne.
M. Faillon, en citant les formels montre l'importance l'Ecriture. Dieu, suivant eux,
Pères et en donnant les passages les plus qu’ils attachaient au sens mystique de à toujours voulu montrer son action dans peut réaliser par sa toute puissance, d'ailleurs, conviennent si bien au
le monde par des figures que lui seul ce sont des témoignages divins qui,
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28 plus jue de n dans ssance, len au
L'Apostalat de Ste. Marie Madeleine. 185
génie de l'homme. Ces figures nous plaisent et nous convainquent plus que des raisonnements et des discours, de plus eiles gravent mioux le faits dans notre esprit, parce qu’il suffit de nous rappeler un trait pour nous faire ressouvenir de tout l'événement, et de la doctrine qui y est renfermée,
M. Faillon relève en passant plusieurs quiproquos des adversaires de l’unité, et il en trouve aussi un grand nombre dans les affirmations contre l’Apostolat des disciples du Sauveur. Ainsi les deux principaux arguments qu'on invoquait en faveur de la distinction étaient d’abord un passage de St. Théophile d’Antioche qui vivait au deuxième siècle, Or ce texte est de Théophylacte, écrivain du onzième siècle, ce qui lui ôte donc toute sa valeur ; il parait que les savants critiques n’avaient pu lire son nom. Voici un second quiproquo, encore plus inexcusable. Les réformateurs du breviaire s’appuyèrent du martrrologe romain pour établir la distinction, en lisant au dix-neuf janvier la fête de Ste. Marie et de Ste. Marthe qu’ils introduisirent au breviaire de Paris, mais tel est le texte du martyrologe romain qu'ils avaient falsifié: Féte de St. Marius et de Ste, Marthe, sa femme, et de leurs enfants. nobles persans qui, venus à Rome, sous Claude, empereur, soufrirent le martyre. Et ces deux erreurs qui formaient :a base de la distination, furent admises sans examen par les Evêques d’un grand nombre de diocèses, et avec la même confiance par les grands érudits et savants de ce temps.
Mais il y a bien d’autres méprises énormes à relever ; ainsi les adversaires de l’apostolat des premiers disciples du Sauveur dans les Gaules nièrent la venue de Madeleine en Provence parce qu'ils la confondirent avec Ste, Madeleine, martyre à Ephèse, mais ils ne remarquèrent pas que celle-ci ne vécut qu’au IVe siècle ; ils prirent aussi Lazare moine de Chypre, au IXe siècle pour St. Lazare, et ils affirmèrent-qu’on ne pouvait montrer son tombeau en Provence, enfin ils falsifièrent un texte de Flodoard, qui dit que de son temps ox voyait la maison de Ste. Marthe à Béthanie, en affirmant qu'il avait parlé de son tombeau, d’autres confondirent Ste. Marthe avec Ste. Marque martyrisée en Afrique, au IVe
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136 Révérend Messire Faillon,
siècle ; enfin quant à Marie, mère de Jacques le Mineur et compagne de Marie Madeleine en Provence, ils la prirent pour Marie, mère de Jacques :e Majeur et de St. Jean, morte à Veroli dans le Latium. C’est sur de pareilles méprises qu’ils construisirent tout leur système, et qu’ils le firent admettre aveuglément des meilleurs Esprits de leur temps.
Du reste, Launoy, sur lequel les savants critiques et réformateurs de bréviaire prétendaient s’appuyer, n’était ni très ferme ni très constant dans ses affirmations,
M. Faillon rapporte à ce sujet deux anecdotes curieuses qui montrent si bien les idées du temps, que nous devons au moins en dire quelques mots. Il les a trouvées au Mercure de France de l'année 1725 dans une notice sur le savant P. Pagi, continuateur de Baronius. Le Cardinal de Mazarin ayant rencontré dans sa bibliothèque, M. de Launoy et M. de Suarez, Evêque de Vaison, qui fut plus tard bibliothécaire de la Vaticane et qui avait écrit une réponse assez vive contre les assertions de Launoy, le Cardinal engagea alors Launoy à proposer les drguments les plus forts contre la tradition de la Provence pour voir ce que M. de Suarez pourrait y répondre. Launoy après s’être excusé le fit néanmoins et le Cardinal fut si surpris de la faiblesse de ses raisons et si satisfait de la réponse de M. de Suarez qu’il fit présent à celui-ci d’une fort belle montre, ce qui fut l’occasion pour M. Suarez de remercier vivement M. de Launoy de lui avoir, procuré l'honneur d’un tel présent. Plus tard ajoute le P. Pagi, M. de Launoy ayant rencontré encore M. de Suarez et touché de la force de ses raisons, promit d abandonner son opinion,
M. de Launoy, dit l’illustre P. Pagi, n'avait que deux arguments, l’un tirés de la négative (c’est-à-dire de l’ubsence de tous monumenis antérieurs au dixième siècle), l’autre de la préteudue supposition de tous les titres qu’on lui présentait, et il affectait de regarder comme apocryphes toutes les pièces qui contrariaient son système. Un jour dans une bibliothèque de Paris, Launoy ayant objecté au P. Pagi comme preuve de la nouveauté et de la suppositiox de cette tradition
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L'apostolat de Ste, Marie Madelaine,. 187
qu’on ne vvyait en Provence aucune église dédiée à Ste. Madeleine qui eut plus de trois cents ans d’ancienneté ; ce savant religieux lui répondit à l'instant même, que Charles 12 Chauve faisaitmention d’une Eglise de Ste. Madeleine d’un monastère de la ville d'Arles. Lounoy nie d'abord le fait. Mais le P. Pagi prit aussitot le volume où l’on trouve les lettres de Charles le Chauve et lui montra le passage, en en prouvant l'authenticité par d'excellentes raisons, et en ajoutant qu’il était persuadé qu’on finirait par découvrir bien d’autres témoignages anciens de cette tradition.
C’est ce que Launoy niait si fortement, et c'était là son plus grand argument, il supposait que les Sarrasins dans leurs incursions avaient détruit toutes les archives et les monuments des Eglises, et il en inférait que l’on ne pouvait apporter aucun témoignage des évènements antériqurs, mais suivant toutes les conséquences de son système il avouait que si l’on trouvait des pièces remontant au moins à l’an mil. i! serait obligé de laisser son sentiment.
Or c’est à quoi M. Faillon s’est attaché tout particulièrement, et il a été si bien inspiré dans cette idée do faire des recherches, qu’il est parvenu à découvrir dix séries de documents différents se rapportant aux huit premicrs siècles de l'Eglise, et justifiant pleinement l’enseignement de l’Eglise de Rome, sa liturgie et les traditions primitives de tous les peuples chrétiens. Nous n’avons pas à énumérer tous les produits de ses recherches et de ses travaux incessants ; qu'il nous suflise de dire qu’ils se rapportent à quatre classes principales
10 D'abord les différents manuscrits qu'il a pu recueillir dans jes bibliothèques, et qui comprennent, outre la vie par Raban Maur retrouvée en Angleterre ; l’ancienne vie de Ste. Madeïeine écrite au Ve. ou VIe. siècle ; les actes de S. Lazare intercalés dans le bréviaire d’Autun, les actes du martyre de St. Alexandre de Brescia en Italie du Ier siècle qui parlent de la présence de St. Lazare et de St. Maximin, en Provence au même temps ; ensuite les martyrologes, les
bréviaires des différentes Eglises, qui donnent dans leurs offices, et.
188 Révérend Messire Faillon.
principalement dans leu:s hymnes, toutes les circonstances de {’Apostolat des disciples du Sauvéur,
20 Les preuvos qu'il a trouvées de ces circonstances dans sos visites aux lieux saints de la Provence, où il a vérifié les traditions, les archives, examiné et soumis aux règles de la critique la plus rigoureuse les documents qui prouvent que bien avant les ravages des Sarrasins le village des Stes. Maries était rogardé comme le lieu &es débarquement des disciples de N. S.; Marseille, Aix, Avignon et Tarascon comme le charp de leur apostolat, et la Ste. Baume comme la retraite de Ste. Madeïcine,
30 Les différents tombeaux qui existent À Tarascon, à St. Maximin qu'il a examinés et comparés aux anciens tombeaux des Câtacombes, de manière à pouvoir leur attribuer une date contemporaine des premicrs siècles de l’Egilise. ‘
40 Tout .- qui se rapporte à la soustraction des reliques ‘es Saints Aputres lors des invasions des Sarrasins, la découverte dn corps de Ste. Madeleine au XIIe siècle, la translation du corps de St. Lazare à Autun, e*e., eto., puis les honneurs rendus aux lieux saints témoins de leurs tra aux,
Dans une analyse telle que celle que nous avons à faire nous ne pouvons présenter un resumé complet des découvertes de M. Faillon, mas pour en donner an moins une idée nous citerons quelques extraits de la vie de Raban Maur, eusuite nous continuerons pa” les observations sur les sanctuaires de Provence et nous terminerons par l'examen qu’il a fait des tombeeux des St, Apôtres.
Raban: dans la vie de Ste. Madeleine, donne un commentaire de la Seinte Ecriture qui est exact, mais en même temps intéressant et rempli de charmes.
Il est exact, parce qu’il suit l’évangile mot à mot; il est vrai qu’il «st e8t abondant en considérations, mais il ne s'éloigne jamais du texte et dans ses réflexions il ne fait que l'expliquer, et aider à en saisir le sens.
Il y montre continuellement une science étendue et profonde et ainsi
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8 visites wrchives, »3 docu- » village ent des e champ deicine.
Maximin abes, de remiers
3 Saints de Ste.
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L'Apostolat de Ste. Marie M .deleine, 189
que le remarquent les auteurs de la France li téraire en porlant de ses autres écrits, l’on voit qu’il était très vergé dus la doctrine des pères de VE. glise, ot qu’il connaissait de la science ecclésiastique tout ce qui avait été produit depuis les premier siècles; dans ses ouvrages il faisait entrer ce qu’il avait trouvé de meilleur dans les pères, st enfin, le texte s.ré lui était si familier qne la plupart de ses ouvrages n’en sont qu'un tissu, où il semble que les choses coulent comme de source,
De plusses ouvrages plaisent beaucoup aux lecteurs à cause de l’onction äe sa piété, c’est ce qu’on remarque dans la vie de Madeleine, et: ‘Il en est, dit M. Faillon, de cet ouvrage, comme de ces belles siatues du Moyen Age, où l’on voit reproduit avec tant de vérité et de naturel, les diverses émo. ns que la religion fait éprouver aux âmes pures, et qu’elle inspirait aux pieux artistes de ce temys là. Aussi no1s sommes persuadés que les âms chrétiennes nous sauront gré d’avoir retiré de la pouscière, un écrit si propre à augmenter en elles la dévo#nn, ,
Quant aux. qualités littéraires, on : connaît un auteur nourri de la lecture des genies de l’antiquité. On y voit un très vif sentiment des beautés du style, qui n’est pas inférieur à ce que l'on a publié de mieux en notre ‘emps. M. Faillon remarque que l'on trouve parfois des vers, dans le cours de la narration.
Nous allons citer quelques uns des passages : et ensuite nous résumsrons n08 observations.
Le début est noble et a beaucoup d’analogie avec les meiliours types littéraires, on pourra en juger par soi-même.
Dans le territoire de Jérusalem, sur le mont des Oliviers, à quinze stades et à l'Orient de la cité sainte, est située la patrie de Marie Madeleine, de .«zare et de Marthe, la petite ville de Béthanie, très souvent nommée par les Evangélistes. fort eonnue par les fréquentsr‘: “rs du Sauveur, consacrée par l'hospitalité qu'il y reçut et par les repas qu'il honora de sa présence, illustrée par les miracles qu'il y opéra et les larrnes qu’il 7 répandit, immortalisée enfin, par la pompe de son triomphe, l'empreinte de ses: derniers vestiges et l'éclat de sou ascension.
Ce fut dans cetts petite ville que. naquit la bienheurense Marthe, hôtesse vénérablo et très dévouée servante du fils de Dieu, Jésus-Christ Notre Seigneur.
190 Révérend Messire Faillon,
Il continue ensuite par le portrait de Marthe et de Marie: ensuite if expose les faiblesses’ de celle-ci :
Marthe faisait un noble usage de ses biens. Vivant dans le célibat, sa réputation fut toujours intacte ; elle était douce et aimable envers les siens, affable et compatissante envers les pauvres, enfin miséricordieuse et libérale envers tous. En un mot elle jouissait du respect et de la vénération universelle pour la noblesse de son extraction, pour ses grandes richesses, sa rare beauté, et l'éclat de sa modestie ; ajoutez encore son hospitalité, sa bonté à l'égard de tous. Tel était le caractère de Marthe.
Quant à Marie, lorsqu'elle eut atteint l’âge nubile, brillant alors de tout l'éclat de la plus rare beauté, elle se faisait admirer pour l'élégance et les proportions de.sa personne, les charmes de sa figure, la beauté de sa chevelure, les grâces de son langage et la douceur de son caractère. Enfin elle brillait de tant de grâces, qu’elle était regardée comme un des chefs-d'œuvre du Créateur.
Mais la pureté ne reste pas ordinairement unie à une beauté trop éclatante, et l'affluence des avantages de ce monde est an danger pour la vertu, Cette jeune personne dans l'abondance des délices, commenca par se complaire dans les dons de son esprit, et ensuite se laissa entraîner par les inclinations du cœur. La fleur @e l’âge, la bonne grâce extérieure et l'abondance des richesses n’ont que trop coutume d’énerver les bonnes dispositions de l’âme; un corps trop bien fait, un cœur enclin au plaisir respirent d'eux-mêmes l'amour profane et ses douceurs fuuestes : l'élévation du rang unie aux richesses et aux dons ex.erieurs font bientôt perdre la retenue de son cœur. Mais de plus l’emportement de la jeunesse, les attraits des sens et la faiblesse du sexe achèvent de ruiner sa modestie Hélas ! à douleur! le plus précieux des biens de Marie fut terni par l'attrait des choses de la terre. L'éclat qu’elle avait reçu d’une éducation recherchée fut obscurci par des désirs abjects ; emportée par les affections les plus coupables, tous les dons qu’elle avait reçus pour le bien, elle en fit des moyens de désordre et de ruine. La douceur de son caractère mit son âme en péril, sa beauté déshonora son cœur, la fieur de sa jeunesse flétrit la fleur de sa pureté. Ainsi elle perdit son éclat, ses avantages s'évanouirent, déchue de son premier état, elle devint bien différente d'elle-même, ec enfin comme l'enfant prodigue elle finit par dissiper tous les biens qu’elle tenait de la nature, ou de l'éducation,
Raban Maur ne donne pas d’autres détails sur les désordres de Marie, et l’on peut remarquer avec quelle retenue il sait tracer les traits les plus expressifs. Il en dit assez, pour être d'accord avec les Pères qui pensent que la pécheresse s'était précipitée au fond même de l’abîme du mal, sans toutefois contredire ceux qui étaient d'une autre opinion.
Pendant ce temps N. S. commençait le cours de ses bienfaits, il soulageait les infirmités, consolait les douleurs et guérissait les âmes, Marie néanmoins continuait le cours de ses désordres, aussi bientôtle monde répétait qu’elle était possédée de sept démons.
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L’'Apostolat de Ste. Marie Madcleine. 191
Marie voyant qu’elle a tout perdu, dans son cœur, dans son âme et dans l'estime extérieure dont elle jouissait, rentrée en elle-môme, elle déplore son état, regrette tous les biens perdus, et commence enfin à se rappeler celui qu'elle a offenré; sans retard elle veut rentrer en grâce, elle pleure en voyant ses Crimes, sa ruine et son ingratitude, ,
Nous ne ferons pas plus de citations pour donner une idée du charme de ce récit, qui nous montre comme tout en suivant l’évangile pas à pas, Raban sait revôtir le texte des commentaires, de la piété la plus tendre et la plus pure. Mais cette légende n’a pas seulement d'intérêt pour les âmes pieuses, et pour les amateurs des richesses littéraires des temps passés, elle a en outre une immense importance au point de vue de la critique, et
c’est pour cela que M. Faillon lui a fait une si large place dans ses monumenis.
D'abord elle nous montre ce que l’on pensait de l’Apostolat des Saints de là Provence au huitième siècle, elle résume toute la critique de l’Eglise en ce temps, ensuite elle confirme la valeur des anciennes vies de Marie Madeleine.
En effet, Raban dit lui-même qu'après l'Evangile il a suivi les écrits les plus anciens, ce dont M. Faillon put facilement s’assurer, puisqu'il avait retrouvé les anciens documents et qu’il a constaté qu’ils étaient répétés presque mot pour mot dans l’histoire de Raban Maur, et c’est ainsi que M. Faillon, en comparant ces différents documents, a pu reconnaître tout ce qui avait été altéré dansles anciennes vies de Madeleine,et dans la vie de Marthe attribuée à Ste. Marcelle. Enfin il a même pu distinguer ce que Raban Maur avait à ‘uste titre rejetté comme interpolations et ce qu’il avait exclu inexactement par les procédés d’une critique trop sévère, tels que le séjour prolongé de Marie Madaleine dans le désert sans nourriture, ses ravissements, ses extases, ete., etc.
M. Faillon montre ensuite comment on peutadmettre le récit de ces faveurs qui est consacré par les traditions populaires, et qui ne renferme rien de différent de ce qu’on raconte de plusieurs saints qui n’avaient pas eu les mêmes rapports avec le Sauveur et qui n'avaient pu lui donner des preuves
192 Révérend Messire Faillon,
aussi vives de leur dévouement. Il faut lire ce commentaire au tome IT. page 57 et suivantes, pour comprendre l’élévation et la sureté de doctrine de notre pieux auteur.
M. Faillon donne encore les documents qui sont relatifs à la mission desdisciples du Sauveur en Provence ; ces documents sont nombreux et nul pays n’a conservé plus de monuments, de:son premier appel à lafoi. Or combien ces souvenirs sont précieux pour nous; des historiens studieux pleine d’érudition et de patriotisme ont fait de notre temps les recherches les plus profondes pour retrouver les souvenirs de nos ancêtres, et des qualités qui les distinguaient. Delà, des ouvrages si remarquables sur le génie et les grandes entreprises des nations Gauloises; delà ces grands récits Mérovingiens, qui ont rendu de nos Jours si présents à tous les esprits les commencement de notre patrie ; mais quel gré ne doit-on pas avoir. à M. Faiïllon d’avoir consacré tant de travaux aux commencements chrétiens des fils aînés de l'Eglise, et d'avoir en faisant la part de l’élément chrétien, complèté les recherches des 4'ands historiens de notre temps.
C’est là que se trouve la plus excellente crigine de notre histoire. Il ne nous suffit pas de connaître tout ce qui concerne les commencements temporels de cette agolomération de peuples qui ont formé la France, mais il nous importe surtout de bien comprendre comme la précieuse semence du christianisme a été déposée profondément en notre patrie, dès les commencements merveilleux de l’Eglise.
Combien ces renseignements sont intéressants, et qu’elle idée ils nous donnent de ces temps.
Les Apotres se partagent le monde, les uns vont vers l'Asie, d’autre abordent l'Afrique ; la Grèce et l’Espagne ont leurs envoyés ; le chef de l'Eglise va au centre de l'empire, et N.S. donne son cœur, et envoie ses amis préférés à ce pays qui était réservé à une destinée si haute, et si privilégiée dans le monde.
Ce n’était point une terre barbare, et qui devait accepter aveuglement
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L'Apostolat de Ste. Marie Madeleine. 193
toute doctrine. Les provinces de l'Empire Romain n’étaient pas en arrière de la civilisation de Rome même. C’est ce que nous dit Strabon qui est de la même époque, il ajoute cette particularité que les étudiants tes plus illustres préféraient les écoles de Marseille aux écoles. d'A. Thènes, et cette illustration de Marseille existait depuis longtemps puisque un siècle avant Strabon, Ciceron et César, étaient venus à Marseille pour s'y perfectioner dans les sciences morales et politiques.
Iudépendamment des assertions de l’histoire sur l’état de la Provence, nous avons d’autres preuves de son degré de civilisation ; les ruines qui couvrent le midi de la France, attestent une grandeur qui n’a pas (té dépassée depuis, on y voit les restes de temples, de palais d’une splendeur qu’on ne connait plus, des cirques d'une étendue qui semblent indiquer à Arles, à Nimes à Orange des populations. supérieures à celles d’aujourd’hui.
C'est donc à ce pays si civilisé et si capable d’examiner la vérité, que les amis du Sauveur sont envoyés.
Les lieux qu’ils ont successivement évangélisés, à Marseille, à Aix, à Tarascon, sont consacrés par des sanctuaires où tout vient vous parler des saintes circonstances de leur mission. C’est d’abord l'endroit où ils ont débarqué (1). Ensuite c'est le souvenir de la petite chapelle ou les pieux envoyés se réfugièrent en face du temple des idoles à Marscille, pour annoncer Jesus-Christ (2). Ce sont les souterrains où St. Lazare réunit les premiers fidèles (3). C’est l’oratoire bâti par St. Maximin à Aix et où il annonça le Sauveur du monde (4). C'est le sanctuaire de Tarascon où tout vous rappelle les œuvres de l’hotesse de N.-$. (5). C’est la retraite éloignée et presqu’inaccessible où Marie Madeleine alla se réfugier dans la compagnie de son divin maitre, c'est