‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 41 sur 42 · LL · texte numérisé non relu

LL

Conclusion. 229

le cours de l’existence de M. Faillon. Età chaque fois, nous ne doutons pas qu’elle ait produit des fruits aussi grands de renouvellement dans son âme.

Cet esprit de foi brillait encore en lui dans le ton même qu'il donnait à certaines paroles lorsqu'il nommait les personnes adorables de la Ste. Trinité, et aussi quand il avait à nommer la très-sainte Vierge ; :l savait proférer ces mots d’un ton qui imposait, qui excitait la vénération dans les âmes.

Nous avons remarqué aussi la même chose lorsqu'il prononçait ce saint nom “ le Pape ;” il le proférait avec un tel sentiment de respect, de sérieux et de vénérati: 1 qu’il semblait à cette appellation lui voir contempler tout ce monde spirivuel et surnaturel qui nous environne de toutes parts dans la Ste. Eglise à laquelle nous avons le bonheur d’appartenir.

Cet esprit de foi qui le pénétrait et l’animait tout entier apparaissait aussi dans le profond respect qu’il avait pour la Ste. Bible et les honneurs dont il a toujours voulu l’environner. Il la mettait toujours dans une place d'honneur en sa châmbre. Lorsqu'il devint directeur à la Solitude et qu’il fut chargé de reconstruire et de distnibuer les anciens bâtiments, il eût bien soin, dans chaque chambre, qu'il voulut eussi simple que possible, de réserver pour la Bible une place, qu’il orna d’une manière particulière. Il établit dans l’endroit principal de la chambre un enfoncement dans le mur revêtu de boiserie où il ménagea deux places, l’une avec un petit fronton pour la Ste, Vierge et l’autre avec tablettes pour la Ste. Ecriture. Il eut soin en même temps que chaque Chambre fut pourvue’ d’une belle statue de la Ste. Vierge et aussi d’une Bible.

Sa foi se manifestait encore d’une manière très-excellente dans l’importance qu'il attachait à observer l'esprit et la grâce de chacune des fêtes ; on voit cela dans chacun de ses écrits, il en était tout pénétré.

Ce qui est à remarquer, c’est le calme et la douceur qu’il conservait

330 Révérend Messire Faillon.

dans les élans de sa foi. Rien d’extraordinaire ni de trop marqué, maig quelque chose de simple et d’aisé, de doux et de confiant dans les démons. trations de sa piété.

Le respect qu’il avait pour les dispositions divines, et pour leur P q P P P

action dans la suite des évènements, le rendait attentif et dévoué

aux desseins de Ja Providence sur les Âmes tendres et naïves des jeunes enfants. C’est à cause de ce sentiment de foi qu’il leur a consacré une part notable de son existence. Quand il était occupé de ses grands tr ‘aux sur les Pères, il écrivit une dizaine de volumes pour aider l’œuvre des catéchismes ; plus tard, lorsqu'il était depuis longtemps éloigné des fonctions de directeur des catéchismes, il y avait toujours place en lui pour le zèle et le souci de l’instruction religieuse.

Nous pouvons rapporter un trait touchant de l'affection dévouée qu’il avait pour ces œuvres. 11 avait demandé à l’un des messieurs de la paroisse de Montréal de venir écrire sous sa dictée, pendant la matinée dans sa chambre, ce qui eut lieu pendant plusieurs Jours. Ensuite le secrétaire prévint M. Faillon qu’il était obligé d’aller visiter des écoles et de confesser les enfants, et comme après quelques Jours il venait s’excuser près de M. Faillon, d’avoir prolongé son absence, celui-ci reprit aussitôt : ‘< oui, j'aurais eu besoin de vous tous ces jours-ci, mais vous avez bien fait de rester à votre œuvre, les soins que vous avez donnés à ces jeunes enfants sont bien plus importants que tout ce que J'aurais pu vous faire transcrire.??

Cette vue de Dieu en toutes choses était pour lui le motif puissant d’un abandon complet à la divine providence. C’était la règle de ses décisions, de ses déterminations, comme l’ont si bien remarqué tous ceux qui l’ont connu.

‘“ Telle était sa conduite invariable, nous dit l’auteur de sa vie publiée en 1877. Cette pratique de l’abandon à la divine Providence lui était

fam dive

- de :

Die n’ét Pro moi les } impe peigi n’épr fâche gnait le sen dans :

ne pu hors c trait :

noble, esprit:

Seigni Voici 66 qu'u ‘ elle, ‘6 donn ‘6 rien ‘ cher ‘€ puis ‘6 Je la

Conclusion. 331

his familière à ce poin’ iue dans une multitude de lettres, sur mille sujets TA divers et à toute sorte de Personnes, il ne lui est pas arrivé une seule fois * de s’en écarter. Ilaimait à considérer sans cesse la sagesse et la bonté de FA Dieu conduisant l'Eglise et le monde lui-même avec force et suavité ; rien 4 n’était plus doux pour lui que de voir, d’adorer, d’aimer cette paternelle FE Providence, dans les petites comme dans les grandes choses, dans la re moindre famille comme dans le plus grand royaume, dans l’adversité et ds les peines comme dans la prospérité et les consolations, De là ce calme “ imperturbable, cette sérénité et ce rayonnement de bonheur qui se . peignaient sur sa figure et que rien ne pouvait altérer.” A ‘{ Il me semble, dit une personne qui l’a particulièrement connu, qu’il n’éprouva jamais aucune inquiétude. Lui annonÇait-on quelque chose de il fâcheux, “ c’est le bon Dieu qui l’a voulu,” répondait-il, et il accompala gnait sa réponse d’un sourire qui, mieux encore que ses paroles, exprimait A le sentiment d'une âme pleinement abandonnée à Dieu. I] disait souvent D": dans ses lettres à ses parents : ‘< Je suis toujours content et heureux, et je + ne puis m'empêcher de p''indre le sort de ceux qui cherchent le bonheur à hors de Dieu.” Dans toute sa Correspondance il en est de même. I] mon- , trait à la fois une conviction si profonde, exprimée avec un langage si t noble, qu'il aurait pu produire l'impression la plus vive même sur les s esprits, les plus rebelles aux vérités religieuses. Il parlait de Notre * Seigneur et de ses œuvres d’une manière qui ravissait et gagnait les cœurs. Voici ce qu’il écrivait de Lyon en 1828; « Lorsque Notre Seigneur voit à “ qu'une âme le cherche avec un saint empressement, il ge présente à k ‘ elle, et, en échange de tout ce à quoi elle a renoncé Pour son amour, il se. t ‘ donne lui-même à elle, et l’établit si parfaitement dans son amour que: ‘ rien n’est plus capable de l’en séparer. C'est là ce qu’il faut recher- * “© cher par dessus toute chose. Ne le cherchons pas au dehors de nous,

‘€ puisqu'il est avec nous-mêmes, surtout après la sainte communion. Ne “Je laissons pas seul dans le temple de notre cœur, qu’il a bien voulu ge.

netteté ananas

332 Révérend Messire Faillon.

“ choisir ; parlons-lui de temps en temps, écoutons ce qu’il nous dit: sa ‘ conversation n’a rien de pénible. Heureux celui qui sait se passer des “ consolations de la terre, pour n’en chercher plus d’autres qu'auprès de ‘ cet unique consolateur et parfait bonheur de nos âmes ! ”?

On a vu avec quelle sérénité il traversa les années 1830 et 1848. Quoique placé au foyer des révointions, il n’en fut aucunement troublé. ‘ Il faut adorer, disait-il, la conduite de la divine Providence dans tous les événements si tristes dont nous sommes les témoins, et tâcher de nous acquitter saintement des petites fonctions que nous avons à remplir, chacun dans notre sphère. Notre Seigneur nous montre que la terre n’est qu’un lieu de passage, de pénitence, d’épreuve, et s’il se plaît à répandre de l’absinthe autour de nous, c’est pour que notre cœur ne s'attache à rien qu’à Dieu seul. S'il est vrai, comme Notre Seigneur nous l’assure dans l'Evangile, qu’un cheveu ne tombe pas de notre tête sans la volonté de notre Père céleste, quoique la perte d’un cheveu ne nous cause aucune douleur et arrive même souvent à notre insu, combien plus sa divine Providence dirige-t-elle les événements de la vie qui par leur nature doivent affecter notre cœur, tels que ceux dont je parle ! ”

Ces grandes pensées revenaient encore sous sa plume la dernière année de sa vie, à l’occasion des calamités de la guerre. ‘ Dans les maux “ extrêmes, écrivait-il à une mère dont les fils couraient le danger d’être prochainement conduits au feu, il faut des remèdes violents, si l’on veut ‘ guérir le malade. Dieu veut assurément notre guérison, puisque, por ‘ remède, 1l nous envoie le fléau général dont nous gémissons. Tout ce ‘“ que Dieu permet ou ordonne est pour le bien de nos âmes, notre seul ‘“ solide et véritable bien. Puisque dans les épreuves que Dieu nous ‘“ envoie il n’a en vue que notre salut, priez-le que celle-ci serve à vos ‘ enfants, et qu'après leur retour auprès de vous, ils vivent en vrais et ‘ parfaits chrétiens.”

Un élève du séminaire de Paris a raconté le fait suivant qui se rapporte bien à cet esprit de foi.

mot fais il a ‘pare auc:

“bien rien ‘8acr avec nous pens sans l’abo “Cond:

N 8 ra] tions éditic ainsi ment au La Ceux 0 consid portra la réce mettre avant

Conclusion. 333

és | Il avait reçu la nouvelle d’un désastre qui le privait d’une partie es notable de sa fortune, et il en avait dit un mot dans la conversation en de faisant la réflexion que, s’il n’avait pas été obligé de résider au séminaire, il aurait pu prévenir cet événement. M. Faillon, ayant entendu ces 8, Paroles, y répondit avec un ton de douce charité: qu'il ne fallait faire é. aucun cas des avantages de ce monde : que l’on avait à trouver en Dieu us ‘bien plus que ce que l'on abandonnait ; que ces biens passagers n'étaient de rien ; que tous les vrais serviteurs de Dieu avaient fait bien d’autres ir, sacrifices ; que Dieu saurait tout récompenser. Il prononça ces paroles te avec une telle force et une telle conviction, que celui à qui il s’adressait à nous dit que, dès ce moment, il rentra dans la tranquillité, et qu'il ne ne pensait plus à ce qui était arrivé qu'avec la plus profonde indifférence, be sans pouvoir s’empêcher de sourire en ge souvenant de la vivacité et de te l'abondance d'expressions que M. Faillon avait su si bien trouver pour he ‘condamner ce funeste et vain attachement aux avantages temporels. in Nous terminons ces témoignages en citant encore quelques traits qui at 8 rapportent à cet esprit de foi qui animait toutes ses actions.

Il réunissait avec soin tout ce qu’il pouvait trouver des anciennes édire tions des Pères de l’Eglise, ensuite tout ce qu'il rencontrait de belles dx éditions des vies des saints ; il en avait découvert un très-grand nombre, né ainsi que des relations sur les personnages remarquables par leur attachehat ment à la foi, principalement au moment du renouvellement de la religion de au XVe siècle.

ce La même inclination l'avait aussi porté à recucillir les portraits de tous al ceux qui s'étaient fait remarquer par leur piété, et il en a réuni un nombre us considérable, surtout pour ‘époque de M. Olier. Il pensait que tous ces 08 portraits pouvaient être utiles, et il espérait lui-même en tirer parti pour

w la récente édition de la vie de M. Olier, mais la mort l'a empêché de

mettre ce projet à exécution. ÿÿ, Comme beaucoup d'années s’écouleront to avant que l’on commence une nouvelle édition, nous pensons qu'il serait

très-intéressant de réunir ces portraits et d'en faire un ouvrage à part avec quelques notices abrégées. Cet ouvrage serait de la plus grande utilité pour ceux qui liront non-seulement la vie de M. Olier, mais encore tous les ouvrages concernant les événements religieux du XVII® siècle.

On voit aussi dans la vie de M. Olier, que! soin M, Faillon a pris de réunir tout ce qui se rapportait à ses écrits, et bien des saintes reliques, comme les ornements d'église et différents autres objets ayant appartenu à ce grand serviteur de Dieu.

Nous considèrerons encore en M. Faillon l’amour de l'étude. Cette disposition, qui l’a caractérisé, était élevée à la dignité de vertu ; car elle était purement inspirée par le zèle de la gloire de Dieu, et strictement réglée par l’observation de la discipline.

Aussi nous avons à faire remarquer que son goût pour la science ne l’empêcha jamais de se soumettre à l’observation de la règle. Il ne diminuait rien des exercices multitipliés d’une vie de communauté. Au signal de la cloche, il quittait tout, et il se rendait avec hâte au lieu de la réunion, quelque besoin qu’il eût de son temps pour terminer, au jour fixé, ce qu'il avait commencé.

Au Séminaire de Paris, c’est seulement après avoir donné le temps nécessaire à la préparation de sa classe, qu’il entreprenait ü:8 recherches pour mettre les élèves au courant des questions intéressantes qui se rapportaient au sujet de leurs études.

Ses écrits sur MM. de Lantages, Olier, Emery, avaient pour objet les intérêts les plus précieux de la Compagnie. Il voulait faire ressortir l'esprit qui animait le pieux Fondateur de Saint Sulpice, espnit qui s’est manifesté si excellemment dans des circonstances diverses, en M. de Lantages et en M. Emery. Les ouvrages qui concernent l’éducation religieuse se rapportent à ses obligations de directeur des catéchismes. Enfin nous croyons avoir assez montré quelle influence peuvent avoir sur la connaissance de l’histoire de l Eglise ses travaux sur l’apostolat des dis-

geme toujot

les m trois 1 extra:

U il rev ayant être a

je suis

nde core cle.

s de ues, enu

ette elle dent

ne imiznal ion, qu'il

Dps hes ge

les rtir qui , de relinfin la dis-

Conclusion. 335

ciples du Sauveur dans les Gaules, et aussi ses recherches sur les œuvres des disciples de M. Olier dans les missions de l'Amérique du Nord, où ils ont contribué à fonder une chrétienté nouvelle.

Aussi ces occupations, loin de diminuer sa fidélité, effet de l’animer et de redoubler sa ferveur.

Mais une fois qu’il se trouvait dans les voies de l'obéissance, il ge sacrifiait entièrement à son œuvre ; il ne perdait pas une minute ; dès qu’il était libre, il se rendait aussitôt à sa chambre ; il ne ge laissait arrêter par rien; il ne voyait que l'étude qui l’appelait, et aucun intérêt au monde ne pouvait le distraire. S'il en était ainsi au commencement de ses

œuvres, il redoublait encore d'application à mesure qu’il voyait arriver le terme assigné à son travail.

eurent toujours pour

Il était de la famille de ces grands travailleurs comme le XVII: siècle nous en à montrés, et en si grand nombre.

Il travaillait sans hâte, sans précipitation, mais toujours sans découragement ; il disait : “ I] faut travailler comme gi nous étions éternels, faisant toujours le mieux possible, sans nous préoccuper si nous pourrons achever.

Il accumulait les recherches quand il traitait un sujet, et presait tous les moyens d’en profiter. Nous avons rappelé déjà ceite parole : « Voilà trois mois que j’ai commencé à parcourir ces documents, j’ai déjà fait 4000 extraits.”

Un matin il part pour Versailles, il passe la journée à la bibliothèque, il revient à six heures du soir n'ayant pas diné, n’ayant rien trouvé, mais ayant pu reconnaître qu’il n’y avait rien à trouver, et très-content de s’en être assuré.

Dans une autre circonstance, il écrit : Pour ce qui est de mon travail, je suis en train; je compte faire six feuilles d'impression par semaine, ou au moins cinq ; je vis comme un hermite.”?

Il ne s’inquiétait de sa santé que dans l'intérêt de ses occupations ; il écrivait : Quant à la bonne santé que, d'après vous, je devrais obtenir

336 Révérend Messire Fuillon.

“ par sainte Madeleine, je n’ose y songer ; mais pourvu qu’elle m’obtienne ‘ de pouvoir travailler, quoique toujours sujet à mes misères, vous serez, je “ pense, content. Je crois que sainte Madeleine prendra ce moyen terme, ‘ qui conciliera tout.”?

Quand il se sentait fatigué, il recourait à sa bien. née Souveraine ; ik disait : ‘Je suis plus incapable qu’en commençar. aais c’est le cas de dire à Marie: Tempus faciendi, Domina, tes, :: faciendi. Sine ipsa, factum est nihil quod factum est.

Il avait une énergie surnaturelle pour s’affermir contre les difficultés ; il n’écoutait rien des inclinations de la nature ; il ne se laissait pas guider par ce goût qui ne résiste pas longtemps dans les œuvres entreprises; mais aussi, il ne se lassait pas de la continuité de ses efforts. Il entreprenait avec courage ; il continuait avec un pur esprit de détachement, dans la fatigue, dans l’ennui ; mais, dans cette cohstance, il trouvait une douceur et une consolation telles qu'aucun plaisir du monde ne peut en donner d’égales.

On peut se rendre compte de son dévouement à l’étude, en voyant le temps qu’il a mis à chacun de ses ouvrages, au milieu de ses occupations. ordinaires et de ses devoirs d’état.

Depuis le commencement de son professorat, en 1827 jusqu’en 1835, où il commença ses premiers travaux sur M. Olier, ce qui fait huit années environ, il a écrit sept volumes : la vie de M. de Lantages et celle de M. Demia ; trois ouvrages sur les Cathéchismes, etc., et deux grands

volumes in-4° sur les Pères, etc. . À En 1835, il commençait ses travaux sur M. Olier. Il éditait plusieurs

de ses opuscules ; il faisait paraître la grande vie en 1841. Dans les six années suivantes, il préparait les documents sur M. Emery, et il éditait les deux gros volumes sur les monuments de sainte Marie Madeleine.

A partir de ce moment, c’est-à-dire en 1848, il s’occupa de l’histoire du Canada et il fit paraître, dans les six années suivantes, six volumes in-8° de biographies sur quatre personnages principaux. Mais, ces

trav:

et d fourr qui :

Rom les é la n

1] qu’ur Faille sent, aux à

fondé résolu se de pratiq milieu cette :

enlève sont o faut b un gra naître, nant, 0 la pein

Conclusion. 337

travaux n'étaient que le prélude de la grande histoire qu’il préparait et dont tous les documents, en 1865, étaient mis en ordre, pouvant fournir dix volumes in-4° dont trois ont paru. Dans les quatre années qui vont de 1866 à 1870, au milieu de sos occupations de la Procure À Rome, il composa ses ouvrages sur la sainte Vierge et saint J oseph, d’après les écrits de M. Olier, son histoire des premiers Apôtres de la Gaule et la nouvelle édition de la vie de M, Olier.

Nous n’en dirons pas plus sur ce sujet, puisque cet ouvrage n’est qu’une suite de témoignages de l'amour du travail qui distinguait M. Faillon. 11 nous reste à en faire l’application aux exigences du temps présent, nous voudrions surtout montrer l'utilité de ces exemples par rapport aux intérêts de la jeunesse.

La société est remplie de jeunes gens appartenant à des familles profondément religieuses, ayant reçu une éducation pieuse, qui sont résolus de conserver leurs convictions dans les professions auxquelles ils se destinent: or, il est incontestable qu'avec la fidélité aux saintes pratiques qui leur ont été enseignées, il n’est pas, pour les soutenir au milieu du monde, de moyen plus sûr que l'application au travail, C’est cette application qui les mettra à l'abri des plus grands dangers, qui les prémunira contre les piéges de l’oisiveté, et leur fera atteindre le but auquel il peuvent prétendre.

Et il est d’autant plus nécessaire de rappeler ces vérités, que, dans le monde, il y a des préventions redoutables contre les études sérieuses. Bien des familles n'aiment pas ces prolongations d’occupations qui enlèvent les jeunes gens aux relations de la société. Les désœuvrés sont opposés instinctivement à toute manifestation Studieuse : enfin, il faut bien le dire, les jeunes gens trouvent encore dans leur orgueil un grand obstacle, et des plus dangereux, lorsqu'ils ne savent pas le reconnaître. Il y a un sentiment en eux, sentiment très-fort et très-entraf nant, qui les porte à prétendre à tout, à ambitionner tout sans se donner la peine de s’appliquer à rien,

338 Révérend Messire Faillon.

Cependant considérons en quelles circonstances nous sommes, comme

catholiques, et comme citoyens d’un pays dont les destinées ont à s’accomplir au milieu de tant de concurrences. Sans l’amour de l'étude, pourra t-on résister aux passions, même les plus vulgaires ? Et si l’on résiste à ces entraînements, et qu’on s’en tienne aux illusions et aux rêves de l'oisiveté, quel vide dans les âmes ! quel affaiblissement dans les cœurs ! Ces dispositions ne sont-elles pas funestes parmi les menées et les violences de l'erreur ? Jusqu'à présent l'éducation catholique n’a pas eu à subir cette disgrâce, de faire des hommes moins sérieux, moins réfléchis, moins profonds, que ses adversaires. Parmi nous les hommes de profession qui se sont distingués dans leur carrière n’ont jamais regardé l'occupation comme un supplice, l’étude un ennui, et une vie recueillie, appliquée, séparée du monde, comme une accablante servitude.

Mais quelle calamité si l’on rejette l'instruction, car il s’agit actuellement, dans la société, de savoir si l’on veut être ou ne pas être, si l’on veut tout perdre, tout abandonner.

Tandis que si l’on veut profiter des chances ouvertes, on verra qu’il n'y a plus d’acception de personnes, plus de préventions de races contre ceux qui seront vraiment des hommes capables. Mais cela ne s’acquiert point eans peine et sans être vivement disputé.

At quand il serait vrai que la société n’a pas à donner des positions officielles à tous ceux qni se mettent en état de les mériter, est-ce qu’il ne reste pas bien des routes à ouvrir à côté de celles qui sont suivies ? Est-ce que, dans ce pays, on a accompli tous les travaux les plus utiles à son avenir ? A-t-on assez exploré le sol pour révéler toutes les richesses qu’il renferme ? A-t-on donné les lumières nécessaires pour la meilleure application de l’agriculture et pour le bon emploi des forêts ?

Et, dans l’ordre moral, il y a à rendre accessibles à la majorité les leçons de l’histoire nationale : il faut «aettre en lumière les faits qui lient les jours de l’origine aux temps actuels. De plus, il faut chercher à répandre les notions du droit et de l’éconsmie politique qui se rapportent aux intérêts

du pa d’entr merce expliq épidér dre pa

d’autr trerait par lo du mal point si Un

bon en un don importa ce sont à lui sot que Ja D'abord ne faut | qui les prévenu non pas avec ur lités vrai le succès

pays ?

Ainsi tation et

Conclusion. 339

du pays? Il se produit des crises redoutables qui effrayent l'esprit d'entreprise, paralysent les capitaux, anéantissent les ressources du commerce et de l’industrie, et l’on ne voit personne entrer en lice pour nous expliquer ces crises, indiquer leurs causes, signaler leurs remèdes. Des épidémies fondent sur le Pays, quels travaux ont été produits pour répandre parmi les masses, les notions les plus élémentaires de l'hygiène ?

Il reste donc encore bien des œuvres à accomplir, il en est bien d’autres que celles qui sont déjà commencées ; même, quand on n’y rencontrerait pas le succès attaché à certaines professions privilégiées et appuyées par l'opinion publique, on y trouverait la fuite de l’oisiveté, l'éloignement du mal, le développement de ses facultés, Ceci en particulier est un point si capital qu’à lui seul il mérite toute notre attention.

Un homme intelligent et bien né ne peut désirer rien au-dessus du bon emploi et du développement de ses facultés. I ne peut se faire un don plus grand à lui-même, et il ne peut rien conférer de plus important à la société tout entière. Ce qui manque davantage à un pays, ce sont les hommes de valeur et d’instruction. Voilà ce qu’il y a de mieux à lui souhaiter, c’est là ce qui élève son niveau, qui assure son avenir, mieux que Ja conquête de nouvelles provinces et tous les progrès matériels.

D'abord, il faut des chefs, des guides à ce peuple qui grandit si vite ; mais il ne faut pas seulement des chefs, i! faut que ceux-ci rencontrent dans ceux qui les entourent un contrôle puissant et salutaire, et non pas aveugle et prévenu ; et quelle vigilance doivent-ils pratiquer, lorsqu'ils ont à compter, non pas avec une opposition vulgaire, plus ambitieuse que qualifiée, mais avec ure opinion publique, forte, éclairée, où abondent des individualités vraiment puissantes. Ce sont là des éléments dirigeants, qui assurent le succès, et quelle influence n'ont-ils pas sur la valeur et l'avenir d’un pays ?

Ainsi, jeunes gens, à qui ce livre est adressé comme un objet de méditation et de réflexion, on peut vous dire dans j’ordre moral ce que l’on peut

340 Révérend Messire Fuillon.

dire à l'intrépide pionnier qui se trouve en face de terres inoccupées, vastes comme l’Europe, on peut vous dire: Répondez à vos destinées, et

Travaillez, prenez de la peine, C'est le fonds qui manque le moins!

Nous voici arri-é au terme de cette étude. Nous avons appelé l'attention sur l’homme pieux et dévoué qui a donné de si saints exemples ; nous avons voulu faire connaître à un plus grand nombr: celui dont les vertus et les mérites avaient été renfermés dans l'intérieur d’un séminaire.

De plus, nous avons voulu exposer l'œuvre de M. Faillon, car nous pensons qu’elle pourrait faire le pius grand bien, si elle était révélée au public.

On se plaint avec raison de l’envahisse-aent des mauvais livres, dans un temps où l'on est avide de lecture.

L’une des causes principales du mal vient du défaut de publicité auquel

sont voués tant de bons livres dignes de l’attention des lecteurs. Il en est ainsi de la plupart des ouvrnges de M. Faillon, qui ne sont pas

assez connus, même du monde religieux. Et cependant que leur manquetil pour rendre service à la cause du bien? Ils viennent d’une plume éminente ; ils sont faits avec un soin que l’on trouve rarement dans les ouvrages du jour; ils sont écrits sur des sujets intéressants ; enfin l’on peut dire que, sur les principes de la spiritualité et sur l’histoire religieuse, ils donnent des renseignements que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Mais ils n’ont pas eu à leur service tous les moyens de publicité qui sont prodigués à une quantité d'ouvrages inutiles, vides, faits à la hâte, ou même funesies et dangereux, qui sont loués, prônés, et recommandés par tous les moyens.

Et apres cela il ne faut pas s’étonner de voir tant de gens bien inten-

braire, Cette.

qualité naire.

comme dition ]

ot

Conclusion. 341

tionnés se plaindre de la rareté des bons livres, de la multiplication des mauvais, et des funestes effets de l’avidité de lecture qui caractérise notre époque.

Nous avons voulu attirer l'attention sur ces admirables travaux, et nous serions amplement dédommagé de tout le soin donné à cet essai, si nous avions pu contribuer à montrer au monde des lecteurs les trésors de Connaissances qui étaient destinées, dans la pensée de leur auteur, à pro- Curer la gloire de Dieu et le bien des âmes.

Enfin, pour ceux qui voudraient entrer dans une connaissance plus intime de sa vie, nous rappelons que nous avons déjà attiré l’attention, en commençant, sur lexceilente biographie publiée à Paris en 1875, intitulée : Vie de 1. Fuillon, Prétre de Saint-Sulpice, éditée chez Vic, libraire, rue Cassette. Les journaux religieux en ont fait le plus grand éloge. Cette œuvre fait connaître de la manière la plus parfaite les vertus et les qualités de M. Faillon comme prêtre édifiant, directeur éminent du Séminaire. Nous serions heureux d’avoir aussi bien réussi en le présentant

comme écrivain religieux, et historien consommé dans la critique et l'érudition la plus profonde,

Page 1