‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 40 sur 42 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Maintenant, avant de nous séparer de ce digne et saint serviteur de Dieu, nous voudrions résumer nos impressions en quelques traits principaux, en parlant de son esprit de piété et de son amour de l'étude.

Quoique nous ayons un portrait de M. Faillon, nous aimerions à réunir ici quelques tratis que nous croyons fidèles.

M. Füaillon avait en toute sa personne un mélange admirable de noblesse et de modestie ecclésiastique, de grandeur et de délicatesse. Il était d'une taille au-dessus de l'ordinaire, avec une apparence remarquable de force et de santé, Sa tête était puissante, ses traits grands et réguliers, d’une pureté et d’une délicatesse remarquables. Son visage empreint de finesse et de douceur frappait par une complexion claire et transparente accompagnée d’une chevelure blonde et abondante qui environnait son visage comme d’une auréole lumineuse. Quand on le voyait la première fois, on était frappé de son air de distinction, et quand il apparaissait dans une assemblée, il était aussitôt remarqué entre tous.

Il avait l'air noble, doux et calme, et une modestie aisée et sans contrante ; ses yeux étaient souvent baissés par l’étude, quand il les relevait, 1ls paraissaient d’unelimpidité extraordinaire et d’une pénétration frappante.

Sa piété était basée sur une foi profonde, son amour de l'étude sur un désir ardent de glorifier Dieu. Ces deux dispositions se fortifiaient sans cesse, s’accroissaient mutuellement. L'étude nourissait sa piété, et sa piété le soutenait dans tous ses travaux.

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C’est ce qui se faisait remarquer en toute sa personne, dans son attitude, Gans ses paroles, dans ses œuvres. Il semblait toujours rempli de l'esprit de religion, et l’on voyait les signes d’une vie intérieure, à laquelle il rattachait tout le reste. Chaque jour, de longues oraisons alimentaient cette vie de l’âme, et les saints mystères accomplis avec religion parfaite l’accroissaient, tandis que son attention continuelle à une vision surnaturelle, le faisait avancer de degrés en degrés dans ces voies supérieures. Ses études, qui n’avaient que les merveilles célestes pour objet, et où il poursuivait sans cesse les traces de la vie divine dans le monde, avaient autant d'effet que la prière. Il voyait Dieu en toutes choses, il considérait sans eesse son action persistante dans les événements, et les moyens qu'il prend pour les diriger à son gré. Il admirait Dieu, dans l'établissement de son Eglise, dans les instruments de sa volonié ; et ces considérations le remplissaient d’un sentiment de tendre affection que riea ne pouvait altérer et qui influait sur ses entretiens et sur ses relations avec tout le monde.

Une circonstance particulière, témoigne de l'attention continueile qu’il avait à la Bonté souveraine. Il ne perdait pas le souvenir des grâces qu'il avait reçues, et pour le conserver, il s’était composé avec le plus grand soin, un calendrier spirituel où il avait marqué les principaux anniversaires pour y penser dans ses prières. La date de son baptême, de sa première communion, de son entrée au Séminaire, celles de ses Ordinations, etc. y étaient marquées. Or, à la date du 21 Novembre 1817, nous voyons ces paroles : reconnaissance éternelle, qui indiquent un fait qui n’a été mis au jour qu’après sa mori, et que nous ne Connaissions pas lorsque nous avons donné le récit de ses premières années ; nous en parlerons ici parce: c1il donne une explication précieuse de bien des faits.

M. Faillon après ses premières études, résidait dans sa famille : il ayait environ dix-sept ans, et il était habile en plusieurs choses ; le Préfet du

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Conclusion. 827

Département, M. le Comte de Villeneuve, ayant été informé de sa capacité, si jeune qu’il fût encore, le chargea de copier le plan du Département. En

conséquence, M. Faïllon se rendit à Arles, et il se mit au traÿail dans les ,

Bureaux de la Sous-Préfecture. Dans les derniers mois de 1817, les missionnaires de France vinrent à Arles, pour donner une mission, et la commencèrent dans l'Eglise de St. Trophime, vers le quinze novembre. M. Faillon y venait autant que possible tous les soirs, il pensait alors à se donner à Dieu, et demandait avec ardeur ses lumières et son secours. Un soir il se rendit pour l’exercice, c’était le 21 novembre, jour de [la Présentation de la Ste. Vierge. Tous les assistants à la retraite avaient été avertis les jours précédents, que ce soir aurait lieu la Consécration à la Ste. Vierge qu'ils devaient tous apporter des cierges; mais M. Faillon ignorait cette recommandation. Il fut très-surpris lorsque le moment de la consécration fut arrivé et qu’il vit tous les fidèles avec des cierges allumés. Un peu confus de n’en pas avoir, il se retira derrière un pilier, se mit en prières et suivit de là la cérémonie. Or, c’est en ce moment qu'il fut favorisé d’une grande faveur du ciel, ainsi qu’il y a fait allusion plusieurs fois et qu’il l’a mentionné dans la vie de Mademoiselle Monper. Pendant qu’il priait avec ferveur, il se passa quelque chose d’extraordinaire dans son âme. Illui sembla que la Reine du Ciel était près de lui comme dans une lumière éclatante, et il crut entendre intérieurement sa voix qui l’invitait à se donner tout entièr à elle ; elle lui parlait et l’assurait que désormais elle serait tout pour lui, qu’elle le ‘ conduirait où il devait aller, l’aiderait et l'assisterait même dans les plus petites occasions, qu’il n'avait plus à s'inquiéter de rien, qu’elle serait sa mère et pourvoirait à tout, pourvu qu'il fût fidèle à l’honorer et à se confier à elle.”

La suite fit comprendre à M. Faillon que cette apparition n’était pas un effet de l'imagination ; St. Trophime est resté chér au cœur de M. Faillon et le 21 novembre qui fut marqué dans son calendrier spirituepar ces deux mots, reconnaissance éternelle, a été pour lui jusqu’à la fin

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de sa vie, un jour béni entre tous les jours. Enfin, il nous faut ajouter que presque tous les ouvrages qu’il a composés, ont été dédiés à la Présentation de la Ste. Vierge et publiés le 21 novembre.

Voici quelle est la dédicace de la première édition de la vie de M. Olier, que l’on retrouve à peu près dans les mêmes termes dans les autres ouvrages : “ Virgini Deum parituræ a teneris in templo se voventi, cleri præsidio, exemplari reginæque hanc votivam Olerii vitam, Cliens patronæ, servus Dominæ, matri filius dicat, etc., etc., Die XI Kalendas Decembris, etc., etc.”

Ainsi M. Faillon rapportait ses souvenirs aux grâces qu'il avait reçues dans ce jour privilégié. Comme il savait conserver une reconnaissance inaltérable pour cette circonstance si précieuse, par là on peut juger ce qu’il en a été pour lui de toutes les faveurs qu’il a reçues. C’est ce qui nous montre quel était le mobile de ses actions: une tendre reconnaissance, un dévouement généreux, une mémoire ineffaçable de tout ce qu’il devait à Dieu; voilà ce que nous pourrions lire à chacune des indications de son calendrier spirituel, si nous connaissions les circonstances que son union à Dieu, et son éloignement de toute notoriété lui ont fait passer sous silence.

Du reste, dès ce jour, ses œuvres répondirent aux sentiments de son cœur. Il devint un tout autre homme pour la piété. De retour dans sa famille, quelques semaines après, sa régularité et sa piété frappèrent tout le monde, mais plus particulièrement sa bonne mère qui disait: Oh! mon Dieu, comme Michel est devenu dévot ! depuis son voyage à Arles, il n’est plus reconnaissable, bientôt la journée ne lui

Sufira plus pour ses prières.” Ce fut à la suite de cette faveur que M. Faillon reçut d’un missionnaire à qui il s’était adressé le premier dimanche de décembre, la déclaration qu’il était appelé à l’état ecclésiastique. Enfin il semblerait, d’après des déclarations très. expresses, que ce fait de l'apparition de la Ste. Vierge fut encore renouvelé deux autres fois dans

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