Egalité dans les suites et les conséquences
Io. Ecaziré pans LA PERSONNE.
C’est un homme qui s’est laissé vaincre, il faut que ce soit un homme qui répare cette défaite, afin qu'il soit dit que l’homme a vaincu son vainqueur et que Satar, d’abord vainqueur et maître de l'homme, devienne justement son esclave. C'est ce que nous dit “ Sk,. Trénée,”’ la réparation est donc aussi parfaite et aussi juste que possible,
Enfin Dieu ne devait pas se présenter comme Dieu contre Satan, autrement on aurait pu dire que Satan était égal à Dieu, c’est la remarque de “ St. Augustin.”
Et dès lors Dieu vient sous la forme de l’homme et n’en prend pas seu- ‘lement l'apparence, mais aussi les infirmités, les faiblesses, enfin toutes les misères de l'humanité excepté le péché. 11 est vraiment homme comme nous, et cela est officiellement proclamé, il est inscrit aux régistres del'Empire; et s’il est sans péché, c’est un trait de plus, de ressemblance avec le premier Adam, créé dans la sainteté et l’innocence.
Ilo. Égazrré pans LES CONDITIONS DE LA VICTOIRE.
Satan avait vaincu en portant l’homme à transgresser la loi de Dieu et à toucher au fruit que Dieu avait excepté ; un délit semblable devait.
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Son séjour au Grand Séminaire de Lyon. 51
être la cause de la délivrance et voici le “ Dessein de Dieu *” :—Par sa victoire, Satan a droit sur tous les coupables, et comme exécuteur de la ‘ Justice”? de Dieu, il peut infiger la peine portée contre le péché, “ la Mort.” Mais il “ n’a pas droit” sur “ l'innocent,” la loi de Dieu ne soumettant à la mort que les seuls coupables. Il £tait donc arrêté que s'il infligeait ce châtiment à un homme qui serait au moins aussi innocent que le premier Adam, il perdrait son droit, c’est à un ‘ Fruit défendu ,”” auquel il ne peut toucher.
IITo. EGALITÉ DANS LES MOYENS DE LA VICTOIRE.
Le tentateur, pour vaincre notre premier père, avait employé la ruse, l’artifice et le mensonge ; il s'était caché sous une forme étrangère, il s'était donné comme plus puissant, plus éclairé que Dieu, il avait :afin aitiré la femme par l’appât de la divinité,
:N.S. pour vaincre le démon, retourne contre lui son propre piége, il se cache sous les voiles de l'humanité et il l’attire ainsi par l’appât de J’humanité. Car jamais le Démon n’eut poussé les Juifs à immoler le Sauveur, s’il avait reconnu en lui la divinité.
N. S. entre dans le monde dans un tel mélange d’infirmités et de grandeurs, que le Démon ne sait que penser ; il nait dans une étable, mais les Pasteurs et les mages viennent l'adorer ; il va recevoir le baptême comme pécheur, mais il est dit : “ Celui-ci est mon fils bien-aimé.” Il va au déserb et subit un jeûne de quarante jours, mais il a faim ; ilest tenté sans succès, mais à cette parole : “ Vous n'adorerez que Dieu, ” le Démon est encore trompé et cependant. cette parole n'était pas trompeuse, car J. C. en tant qu'homme doit tout honneur à son père.
Alors, il se retire ; mais Jésus, répandant partout la sainte parole, annonçant le royaume de Dieu, délivrant les possédés, détruisant l’empire des . ténèbres, le Démon est irrité, il craint que ce juste ne ruine sa domination sur la terre et de même quil avait causé la mort de tant de Prophètes, il
excite tout le peuple contre lui pour détruire ce juste qu’il reconnaît comme son ennemi, #
52 Révérerd Messire Fuillon.
Mais c’est cette entreprise qui précisément va ruiner son empire :: c’est ce qu’annonce J.C.: # Voici le temps où le Roi du monde va être chassé de son Royaume, ets’il me met à mort, moi je lui ravirai ses dépouilles.?’
Et il dit encore : |
“ Voici le prince du:monde qui vient à moi pour me donnerla. mort, quoiqu’il ne trouve en moi rien qui lui appartienne.??
Enfin, pendant la Passion, le Démon est encore plein de doute sur la qualité de Jésus ; il le voit comme pendant toute sa vie, plein de puissance et plein d’infirmité.
Tout abattu au Jardin des Oliviers, puis rempli de résolution, renvergant les soldats d’un mot, puis se livrant à eux.
Dominant ses juges par.une patience et une sagesse surhumaines, puis acceptant de tels outrages et de telles humiliations qui dépassent l’idée que le Démon se fait de la majesté divine.
Le Démon hésite, balance, il cherche d’abord à effrayer la femme de Pilate, puis voyant Jésus sans’ défense dans l’abîme de l'objection et de l'abandon, désormais il ne voit plus qu’un homme en lui, un homme qu'il abhorre pour sa sainteté et dont il ne craint rien, vû sa faiblesse.
Et alors dans sa rage il con: mme son détestable dessein, il excite la fareur des Juifs, il. leur fait exiger la condamnation du juste, et par leurs mains, il le cloue sur le bois, où la victime doit consommer son sacrifice.
Alors l’homme Dieu, élevé entre le ciel et la terre, entonne le psaume prophétique de ses souffrances, mais aussi de son triomphe, et après avoir rappelé à son père pourquoi il l’a livré à Satan : Mon Dieu, mon Dieu À Pourquoi m’avez-vous délaissé ? (*) il réunit ses forces, et par un prodige inouï ilexpire en poussant un grand cri.
À ce moment tout change de face.
Satan qui se croit assuré de son triomphe, veut se saisir de l'âme du
(*) Deus, Deus meus, quare me dereliquisti ? PgaLm xxr.
pire : c’est
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Rédempteur, pour la conduire .ux limbes, et soudain il reconnaît 8:n erreur eb son crime, il est rempli de déception et de fureur, il voit qu’il à mis; un juste à mortet que, en prenant cet innocent, il est forcé de rendre tous les coupables.
Peut-on concevoir tonte sa. colère et son désespoir ? Quels doivent. être ses transports, et ses déchirements ; nous pouvons à peine en mesurer l’amertume.
Mais à qui comparerons-nous le divin Rédempteur du monde ?
“C’est un Samson qui, pour aller célébrer ses noces, met en pièces le Lion qui l’arrête sur son passage”? (St. Augustin.)
“ C’est un: autre David qui s’avance contre le formidable Goliath lequel depuis 4000 ans provoquait audaciensement .les hommes, il va sur lui, il l’abat et.il le tue avec sa propre épée c’est-à-dire avec l'arbre de la perdition devenu l'arbre de la Croix.” (St. Augustin, sermon 197 de tempore).
‘ C’est un Athlète, dit St. Jean Chrysostôme, qui au moment où il semblait avoir succombé, se relève soudain, renverse son adversaire, et dans un dernier effort lui arrache la vie.” 4 Ou plutôt, dit St. Isidore de Péluse, c’est un Roi dévoué au salut de ses peuples qui prend secrètement, “ un habit de simple soldat ” et qui déguisé de la sorte, se môle parmi les combattants, se fait jour dans la mêlée, va droit au chef ennemi et en le tuant, décide du sort de la guerre.”
“ C'est un Pasteur dévoué à ses brebis, nous dit St. Joan Damascène, qui pour en venir aux mains avec, le loup, se revet d’une peau de brebis, s’avance sur l'ennemi, le provoque et en venant aux prises l’enlève, le serre et l’étrangle ; et pour tout dire en un mot comme St. Paul ” c'est un autre serpent figuré dans le désert par le serpent d’airain qui est opposé au serpent du Paradis, l'instrument de nutre perte.
Et ainsi que de points de ressemblance et de contrastes entre la chute et la rédemption.