MAURICE, CECILE
MAURICE, lisant.
ce Une affaire imprévue m'oblige, mon ch'^r Maurice, a, de faire promptement uh voyage à Paris ; je me détourne » pour m'arrêter qu Iqiies jours chez vous, régler nos 31 comptes , et toucher l'argent que vous aurez pu tirer de j> mes fermiers : tenez-moi prêt le pavillon dans lequel ») j'ai coutume de loger : j'arriverai presqu'aussitôt que ma »> lettre. Je vous salue. »
Quant au pavillon , pour celte lois, il faudra bien qu'il s'en pas^e.
( ^9 ) MAURICE, sans avoir entendu Cécile.
Ordinairement , il me prévient quelques jours d'avance; Qu' l tmbarras.
CEC I LE.
Pourquoi , mon père?
MAURICE
M. Guillaume va peut-être se formaliser.
CECILE
De quoi?
M A u R r CE. Je me vois forcé de le déloger.
CECILE
Comment! vous le délogeriez? ce bravehomme , pour qui vous avez tant d'estime , et qui a tant d'amitié pour vous !
MAURICE
Que veux-tn que )e fasse ?
CECILE
Loger ailleurs M. de Fierviile.
MAURICE.'
M. de Fierviile ! lui dont je fais les affaires , lui qui est conseilKr au parlement de notre province ! Ces gens-là peuvent beaucoup , et celui-ci qui est si fier , qui a toujours habité ce pavillon . quand il est venu chez nous*...^ Jamais , il ne me pardonnerait de l'avoir donné à un autre.
CE C ILE
Ah ! mon père ! déplacer ce bon M. Guillaume.
MAURIC E.
Air : Jetez les yeux sur cette lettre. Comme toi, cela me chagrine.
Mais , ne pouvant faire autrement , A ce brave homme je destine Moitié de mon appartement,
Je vais ordonner qu'on l'apprête; "^ '
Car, dans un cas embarrassant.
Il faut obliger l'homme honnête, Et ménager l'homme puissant.
CECILE
Même air.
Vous savez re qu'il faut qu-'on fasâa , Et vous agissez prudemment;
Ma's si j'éta'* à votre place , Moi . j'agîrais (îiff':Temmenf, Sans que lu ciaiiite nous arrête , 11 seia't mieux, mon cœur le sent, De tout faire poir l'iinrame honnête, SanssoMgerà l'iiomme niiisiiant.
MAURICE
Mon rnfant , )<- le saii gré «Je penser ainsi ; maisTexpéri' m; l'an; r. ndra (jne dans le monde ou ne peut pas toiifot;r- con-niter sou cœur.
CECILE
T..1U pis.
E oire , Cécile.
INion j'ère?
CECILE
Tu vas alL-r trouver M Gtiil! lumé.
CECILE
Moi y mon y.ht^ ? *
, ; MAURICE
Oui , ma fille... Tu lui diras... Tu lui diras d'abord..; Que vu la circonstance.. La nécessié... Enlin, tu est £;entille , toi , tu lui tournera- cela bien joiiiueat.
Non , mon père, non, en vérité. Je n'aurai jamais le courage de lui faire ce compliment-là.
MAURICE
Et pourquoi donc ?
CECILE
Mais , mon père , il est bien phisnaturel que ce soit vou* qui lui en p;irliczj vous êtes le maître de la maison.
MAURICE
C'est qu'une jeune fille a tOiijoiirft ufie certaine grâce... une cei t.iine uumière d'arranger les clioie». Le voici. .. reste avi c moi , ma liiie.
SCKAE XI 11.
Les MÊMES, M. GUILL \UME.
M. GUILLAUME, cn i'//fl\i/U.
Air : Les.'eine/U qiwnd on est jeune.
Votre pavillon m'enchante, Ces: un séjour plein d'attrait j
Votre rerrasse est ( harmaate, Sans cesse j'y resterais.
L'air est si doux, si irais, La vue en est ti riante.;,.
Aussi , moi , je m'y filais Miei;x ((ue dans tous leurs palais.
CECILE
Voilh mon père un peu embarrassé... ( Elle s'en va. )
S C È i\ E XIV.