‹ M. Guillaume, ou, Le voyageur inconnuChapitre 16 sur 35 · MAURICE, CECILE · texte numérisé non relu

MAURICE, CECILE

MAURICE, lisant.

ce Une affaire imprévue m'oblige, mon ch'^r Maurice, a, de faire promptement uh voyage à Paris ; je me détourne » pour m'arrêter qu Iqiies jours chez vous, régler nos 31 comptes , et toucher l'argent que vous aurez pu tirer de j> mes fermiers : tenez-moi prêt le pavillon dans lequel ») j'ai coutume de loger : j'arriverai presqu'aussitôt que ma »> lettre. Je vous salue. »

Quant au pavillon , pour celte lois, il faudra bien qu'il s'en pas^e.

( ^9 ) MAURICE, sans avoir entendu Cécile.

Ordinairement , il me prévient quelques jours d'avance; Qu' l tmbarras.

CEC I LE.

Pourquoi , mon père?

MAURICE

M. Guillaume va peut-être se formaliser.

CECILE

De quoi?

M A u R r CE. Je me vois forcé de le déloger.

CECILE

Comment! vous le délogeriez? ce bravehomme , pour qui vous avez tant d'estime , et qui a tant d'amitié pour vous !

MAURICE

Que veux-tn que )e fasse ?

CECILE

Loger ailleurs M. de Fierviile.

MAURICE.'

M. de Fierviile ! lui dont je fais les affaires , lui qui est conseilKr au parlement de notre province ! Ces gens-là peuvent beaucoup , et celui-ci qui est si fier , qui a toujours habité ce pavillon . quand il est venu chez nous*...^ Jamais , il ne me pardonnerait de l'avoir donné à un autre.

CE C ILE

Ah ! mon père ! déplacer ce bon M. Guillaume.

MAURIC E.

Air : Jetez les yeux sur cette lettre. Comme toi, cela me chagrine.

Mais , ne pouvant faire autrement , A ce brave homme je destine Moitié de mon appartement,

Je vais ordonner qu'on l'apprête; "^ '

Car, dans un cas embarrassant.

Il faut obliger l'homme honnête, Et ménager l'homme puissant.

CECILE

Même air.

Vous savez re qu'il faut qu-'on fasâa , Et vous agissez prudemment;

Ma's si j'éta'* à votre place , Moi . j'agîrais (îiff':Temmenf, Sans que lu ciaiiite nous arrête , 11 seia't mieux, mon cœur le sent, De tout faire poir l'iinrame honnête, SanssoMgerà l'iiomme niiisiiant.

MAURICE

Mon rnfant , )<- le saii gré «Je penser ainsi ; maisTexpéri' m; l'an; r. ndra (jne dans le monde ou ne peut pas toiifot;r- con-niter sou cœur.

CECILE

T..1U pis.

E oire , Cécile.

INion j'ère?

CECILE

Tu vas alL-r trouver M Gtiil! lumé.

CECILE

Moi y mon y.ht^ ? *

, ; MAURICE

Oui , ma fille... Tu lui diras... Tu lui diras d'abord..; Que vu la circonstance.. La nécessié... Enlin, tu est £;entille , toi , tu lui tournera- cela bien joiiiueat.

Non , mon père, non, en vérité. Je n'aurai jamais le courage de lui faire ce compliment-là.

MAURICE

Et pourquoi donc ?

CECILE

Mais , mon père , il est bien phisnaturel que ce soit vou* qui lui en p;irliczj vous êtes le maître de la maison.

MAURICE

C'est qu'une jeune fille a tOiijoiirft ufie certaine grâce... une cei t.iine uumière d'arranger les clioie». Le voici. .. reste avi c moi , ma liiie.

SCKAE XI 11.

Les MÊMES, M. GUILL \UME.

M. GUILLAUME, cn i'//fl\i/U.

Air : Les.'eine/U qiwnd on est jeune.

Votre pavillon m'enchante, Ces: un séjour plein d'attrait j

Votre rerrasse est ( harmaate, Sans cesse j'y resterais.

L'air est si doux, si irais, La vue en est ti riante.;,.

Aussi , moi , je m'y filais Miei;x ((ue dans tous leurs palais.

CECILE

Voilh mon père un peu embarrassé... ( Elle s'en va. )

S C È i\ E XIV.

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