‹ M. Guillaume, ou, Le voyageur inconnuChapitre 17 sur 35 · MAURICE, M. GUILLAUME · texte numérisé non relu

MAURICE, M. GUILLAUME

MAURICE

Oui, je c onviens que cette vue-là... Au premier monienr.... Mais, à la longue, c'est bien monotone : toujours la mt'me chose.... des prés , des bois , une rivière... On voit de ça partout.

Ah ! que dites-vous ?

Même air que le prcccdent.

J'aime ( etie eau cjui serpente; En fécondant vos guérets.

Et cette masse imjiosante De vol antiques Forêts.

La nature , à grands trafts , S'y montre riche et puissante ; Aussi , là je me piais Wieux que dans tous leurs pa!ais.

MAURICE, bas en se retournant.

Dis donc , ma fiile... Ah I Mon dieu ! elh» est partie!. .7 ( Haut. ) Oiii , i'ei!te/idsbi''n... Mais au rez-de-chaussée.... Les brouillard... Li prairie... Ne trouvez-vous pas que c'est bien hiini.de ?

Non... je ne m'en suis pas ;iperçu.

MAURICE, à part.

■'i. Diable! {Haut.) Et puis, c'est bien isolé, sur-tout pour vous qui ê^es toujours seul ; vous devez vous en-: nuyer.

Air du Vaiide^'ille du Printemps- Vous (tiignezque je ne m'ennuie; Soyez tranquille sur ce point :

Dam ma solitude chérie

Deux amis ne me quittent point.

Cette société choisie

M'offre un charme toujours nouveau.

On est en bonne compagnie

Avec Montaigne, avec Kousseao.

MAURic E, à part.

Je ne parviendrai pas à l'en (îégoiiter , et cependant , I( temps me presse : monsieur de Fierville peut arriver d'ur moment à Tautre.

Mais ,qu'avez-vous donc , mon cher hôte ? Je vous trouve nn air inquiet , enibarrassé.

M A U RICE

Je le suis en effet , et beaucoup.

M. GUILLAUMK.

Pourquoi donc ?

MAURICE

Tenez.... Vous êtes un brave homme , on peut vous parler.

Que vous est-il arrivé ?

MAURICE

Lisez. ( Il lui donne la lettre. )

M. GUILLAUME, regardant la Signature.

Un conseiller au parlement de Toulouse.

Ah ! ( Il Ut la lettre. )

MAURICE

Un homme à qui j'ai des obligations , qui est puissant j ces gens-là ne badinent pas ; ils ont de la morgue.

Je )e sais.

MAURICE

Celui-là sur-tout , il en a.... comme un Chancelier.

La comparaison est flatteuse pour le Chancelier;

MAURICE

Je ne pouvais pas prévoir... Vous ne deviez rester qus quinze jours , je ne l'attendais que dans un mois...

C'eRt donc là ceerand suiet d'inqiiiéiude?

MAURICE

C'est qu'il m'en coûtait pour vous déplacer^;.. Et pourtant....

Et pourtant, il faut que je déloge , n'est-ce pas?

MAURICE

C'est qu'on ne peut rien refuser à ces gens-là.

Sans doute ,et M. Guillaume doit céder la place à monsieur le Conseiller au parlement de Toulouse... Ah ! je conçois à présent les brouillards, la rivière, l'humidité , la vue monotone. ..

MAURICE

Q'^e voulez- vous ? on est bien en peine, parce que le» égards, la politesse...

Air du ballet des Pierrots.

Quelles craintes étaient les vôtres?

Vous vous tourmentiez , et pourquoi?

Soyez poli pour tous les autres , Je le veux bien -, mais avec moi, Aucun détour n'est légitime ; Je blâme tout déguisement , Et c'est prouver cjue l'on m'estime Que de me parler francbement.

MAURICE

Aussi , je vous dis ce qui m'arri ve , et vous entendez raison.

Voilà pourquoi M. de Fierville aura la préférence.

MAURIC E.

Oh ! vous serez bien où je vous mettrai.

OÙ vous voudrez, mon cher Maurice.

Mais avant tout , il faut que je prépare le logement. .r

Mi GUILLAUME.

De M. le conseiller ? C'est juste. Que je suis fâché que mon domestique soit sorti! Il vous aiderait... Mais je puis vous aider moi-même.

MA URI CE

Non, non. Ma fille et moi, nous aurons bientôt arrangé tout cela. Nous allons passer par la petite cour... Es-tu là , ma fille ?

CECILE, du pai>ilIon.

Oui , mon père.

MAURICE, à M Guillaume.

Je suis à vous , clans l'instant. ( // entre dans le pavillon. )

M. GUILLAUME, suivant Maurice Mais , si vous vouliez... Cela s^^rait plutôt fait.

MAURICE

Restez , vous dis-je. ( Hipolitc arrive à Cinstant où M. Guidauine entre dans le pavillon et l'arrête par son habit. )

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