MAURICE, M. GUILLAUME
MAURICE
Oui, je c onviens que cette vue-là... Au premier monienr.... Mais, à la longue, c'est bien monotone : toujours la mt'me chose.... des prés , des bois , une rivière... On voit de ça partout.
Ah ! que dites-vous ?
Même air que le prcccdent.
J'aime ( etie eau cjui serpente; En fécondant vos guérets.
Et cette masse imjiosante De vol antiques Forêts.
La nature , à grands trafts , S'y montre riche et puissante ; Aussi , là je me piais Wieux que dans tous leurs pa!ais.
MAURICE, bas en se retournant.
Dis donc , ma fiile... Ah I Mon dieu ! elh» est partie!. .7 ( Haut. ) Oiii , i'ei!te/idsbi''n... Mais au rez-de-chaussée.... Les brouillard... Li prairie... Ne trouvez-vous pas que c'est bien hiini.de ?
Non... je ne m'en suis pas ;iperçu.
MAURICE, à part.
■'i. Diable! {Haut.) Et puis, c'est bien isolé, sur-tout pour vous qui ê^es toujours seul ; vous devez vous en-: nuyer.
Air du Vaiide^'ille du Printemps- Vous (tiignezque je ne m'ennuie; Soyez tranquille sur ce point :
Dam ma solitude chérie
Deux amis ne me quittent point.
Cette société choisie
M'offre un charme toujours nouveau.
On est en bonne compagnie
Avec Montaigne, avec Kousseao.
MAURic E, à part.
Je ne parviendrai pas à l'en (îégoiiter , et cependant , I( temps me presse : monsieur de Fierville peut arriver d'ur moment à Tautre.
Mais ,qu'avez-vous donc , mon cher hôte ? Je vous trouve nn air inquiet , enibarrassé.
M A U RICE
Je le suis en effet , et beaucoup.
M. GUILLAUMK.
Pourquoi donc ?
MAURICE
Tenez.... Vous êtes un brave homme , on peut vous parler.
Que vous est-il arrivé ?
MAURICE
Lisez. ( Il lui donne la lettre. )
M. GUILLAUME, regardant la Signature.
Un conseiller au parlement de Toulouse.
Ah ! ( Il Ut la lettre. )
MAURICE
Un homme à qui j'ai des obligations , qui est puissant j ces gens-là ne badinent pas ; ils ont de la morgue.
Je )e sais.
MAURICE
Celui-là sur-tout , il en a.... comme un Chancelier.
La comparaison est flatteuse pour le Chancelier;
MAURICE
Je ne pouvais pas prévoir... Vous ne deviez rester qus quinze jours , je ne l'attendais que dans un mois...
C'eRt donc là ceerand suiet d'inqiiiéiude?
MAURICE
C'est qu'il m'en coûtait pour vous déplacer^;.. Et pourtant....
Et pourtant, il faut que je déloge , n'est-ce pas?
MAURICE
C'est qu'on ne peut rien refuser à ces gens-là.
Sans doute ,et M. Guillaume doit céder la place à monsieur le Conseiller au parlement de Toulouse... Ah ! je conçois à présent les brouillards, la rivière, l'humidité , la vue monotone. ..
MAURICE
Q'^e voulez- vous ? on est bien en peine, parce que le» égards, la politesse...
Air du ballet des Pierrots.
Quelles craintes étaient les vôtres?
Vous vous tourmentiez , et pourquoi?
Soyez poli pour tous les autres , Je le veux bien -, mais avec moi, Aucun détour n'est légitime ; Je blâme tout déguisement , Et c'est prouver cjue l'on m'estime Que de me parler francbement.
MAURICE
Aussi , je vous dis ce qui m'arri ve , et vous entendez raison.
Voilà pourquoi M. de Fierville aura la préférence.
MAURIC E.
Oh ! vous serez bien où je vous mettrai.
OÙ vous voudrez, mon cher Maurice.
Mais avant tout , il faut que je prépare le logement. .r
Mi GUILLAUME.
De M. le conseiller ? C'est juste. Que je suis fâché que mon domestique soit sorti! Il vous aiderait... Mais je puis vous aider moi-même.
MA URI CE
Non, non. Ma fille et moi, nous aurons bientôt arrangé tout cela. Nous allons passer par la petite cour... Es-tu là , ma fille ?
CECILE, du pai>ilIon.
Oui , mon père.
MAURICE, à M Guillaume.
Je suis à vous , clans l'instant. ( // entre dans le pavillon. )
M. GUILLAUME, suivant Maurice Mais , si vous vouliez... Cela s^^rait plutôt fait.
MAURICE
Restez , vous dis-je. ( Hipolitc arrive à Cinstant où M. Guidauine entre dans le pavillon et l'arrête par son habit. )