‹ M. Guillaume, ou, Le voyageur inconnuChapitre 27 sur 35 · M. G UI LL A U ME · texte numérisé non relu

M. G UI LL A U ME

Couvrez-vous donc.

Croyez que si j'avais su.... si j'avais pu prévoir.... Du moins , ce n'est pas moi que vous devez accuser.

J-" n'accuse personne , et d'ailleurs , c'est une chose si simple !

Air : Vous devinez bien le reste.

Déloger quelqu'un est un droit Qu'ici bas, l'un l'autre, on s'arroge; On est actif, on est adroit, Et , tour à tour, on se déloge.

L'égoïsme, ce grand ressort, Donne à tous la ruse ou l'audace ; On intrigue, on s'agite fort; Mais, après maint, et maint effort, Chacun se retrouve à sa place.

M DEFIERVILLE.

Ah ! monsieur! je vous le répète.... jetais loin de soupçonner.... je vais vous faire rendre votre logement, vous verrez...

J'ai vu que vous étiez un peu redouté dans cette maiion, et c'est un malheur dont je vous plains.

M. DE FIERVILLE

Croyez du moins

Laissons-cela : parlons de l'affaire qui vous appelle à Paris, et pour laquelle vous avez besoin du garde des sceaux.

Eh! quoi! monsieur, vous auriez la bonté!....

r«T. GUILLAUME.

Si votre demande est juste , vous pouvez compter sur moi.

M. DE FIERVILLE

C'est une affaire malheureuse : mon beau frère est au service; il a été forcé de se battre, et.,., je vais solliciter sa grâce.

J'aimerais mieux vous être utile dans une affaire moins fâcheuse.

M. DE FIERVILLE

/ Vous connaissez les lois de l'honneur,

Air : O ma tendre Musette.

Préjugé déplorable , Qui fait qu'en un instant, Le même liomme est coupable , Et pourtant innocent !

11 faut bien qu'on pardonne , Dans ce cas affligeant , Puisque l'honneur ordonne Ce que la loi défend.

M. DE FIERVILLE

N'est-il pas vrai?.... voiià bien le langage de la philosophie , de la raison , de l'humanité {^A part.) Parbleu ! j'ai fait une heureuse rencontre... M>»n aflaire est sûre. M. GUILLAUME, à part.

Mais, ce conseiller de Toidouse doit connaître le père de mon jeune homme! Il me vient une idée.. {Haut.) Monsieur, vous aussi, vous ponrritz m'étre uiile.

M. DE FIERVILLE, aVtC cliaLllI'.

Moi, monsieur!.... Parlez, demuidez, ordonnez.

L'affaire est importante, et délicate.

M. DE FIERVILLE

Comptez sur ma di-créion , et l^ur mon zèle.

En deux mo's voici le fait : le liU d'un de vos confrère^... un jeune étourdi a séduit et secrèteuic-nt épousé...

M. DE FIE nVI L L E.

Ah ! mon ditu !....

La fille d'un homme estimable.... d'un homme honnête... de Maurici^ , enfin.

M. DE FIERVILLE

De Maurice !

Oui.

M. DE FIERVILLE

Pauvre Miurice! lui qui loui à Thenre me parlait de la maiitr à uu hoimue qu'il attend dans huit jours.

Quel chagrin , quand il >auia ! ...

Et quel dc-agiément pour le père du jeune homme ! Aussi, aujourd'hui on é ève si mal Je- ejl.ms! J'.ii un fiis , mais il n'«uiait jamais tiit une pareide équipée... Le mariage est nul. .. oep' ndan; , il f ui une réparation, et nous ferons obttnir des dédommagemeus considérables à la fille.

En pareil cas , moasieur , je ne connais qu'une seule espèce de réparation.

Air : D'une abeiUe toujours chérie.

Quand, par son ardeur iiidisciète , Un amant se laisse égarer , La faute (|ue l'amour à taite , L'iiyriien seul peut la réparer.

Dissoudie comme illégitime, Ce lieu formé par le cœur , Ce te. ait |)uiiir la victime Du crime de son séducteur.

M DEFIERVILLE.

Vous avez raison, oui vois avez raison, le séducteur CNt seul coupable... (^/;ar^.) Il faut dire comme lui , j'en ai besoin.

Le jenne homme , d'ailleurs , ne souffrira famais qu'on lui enlève sa lemme , et ]>- ne puis qie l'appio ver: j'ai lort à cœur que ce mariage soit confirmé, tant par l'amitié que je porte à Mauiice et à ^a fille, que |.ar respf^ct pour les mœurs et la prohiié , trop souvent sacrifiés aux préjugés et à l'intérêt.

M. DE F I ER V I LLE

Je suis bien de votre avis. Les moeurs , les préjuges ... et puis, si Maurice n'est pas gentilhomme; la moitié de nos const'illers ne le sont pas plus qu^- 1 li. G'e«,t ua homme qui tient à une fdmille hontjéte ; il est beaufrère de notre subdélégué, et cousin grrmain de norre séiiéchal , il n'est pas riche , mais si le père du jeune homrne....

Le père du jeune homme jouit d'une grande fortune.

M. DE F I E R VI LL E

Eh! bien, alors, son fils prut se passer d'on^ femme riche, et, pour peu que ie père soit raisonnable....

Le sera t-il ?

Voulez vous que je lui écrive ?

Vous !

M DE FIER VILLE

Sans doite : il aimera peut-être mieux apprendre tout ceci par un de ses conirère. , et puis, je lui par eiai... En re nous, vous entendez bien que nous ne nous menons pas. ^

J'aime assez votre idée.

M. DE FIER VILLE

Après cela, vou, p^irairez, et vou, sentez qu'aljrs,...7

Otii, Je serai b'en aise que vous me pré.iariez les voies .. Il n'y a qu'une petite difficulté , c'est qu - je ne sais pas le nom du conseiller au.juel il faut écrire.

M. DE F / r; R V 1 L L E.

Qu'importe le nom ! je les connais ton^. {A part.) Je me doute, a peu piès.. {Haut.) Au surplus , j ai ,picl-

que crédit dans ma compagnie, et je me flatte que fe n'écrirai pas en vain. Je vais toujours vous faire un petit projet d>- u^ttre . et , si vous en êtes content, il n'y aura plus que l'adresse à y mettre.

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