‹ M. Henri Bourassa au service de l'Allemagne. --Chapitre 8 sur 40 · LA PROPAGANDE ALLEMANDE DANS LES PAYS NEUTRES · texte numérisé non relu

LA PROPAGANDE ALLEMANDE DANS LES PAYS NEUTRES

Quand l’Allemagne, il y a de cela nombre d’années déjà, eût décidé de déchaîner sur le monde la plus affreuse des guerres elle ne se contenta pas de mobiliser ses forces militaires et industrielles ; elle appela aussi bien sous les drapeaux les hommes de plume que les hommes d’épée.

Comme le disait un jour Mgr Baudriîlart, “de puissantes organisations de presse et de publicité portant partout le mot d’ordre de l’état-major et du gouvernement allemands, avaient couvert de leur réseau aux mailles serrées — et dorées — l’Italie, l’Espagne, les Etats balkaniques, les Etats Scandinaves, la Hollande, la Suisse et les deux Amériques.”

Qui ne se rappelle l’entrée dans le conflit des fameux 93 intellectuels, allemands ? Qui n’a entendu parler de l’agence Wolff ? Qui n’a pas lu les dépêches tendancieuses de l’agence de nouvelles d’Outre-mer ? Ce ne sont là que quelques-unes des organisations allemandes.

Les Boches ont poursuivi de par le monde la guerre intellectuelle avec autant d’acharnement que la conquête territoriale. Leurs attaques ont été aussi brusquées, aussi habilement conduites et c’est au point, qu’en certains pays, on a vu l’Allemagne recueillir des sympathies. Quel mal n’a pas fait à la France, à l’Angleterre, à la Russie la propagande allemande en Espagne,

en Hollande, en Suisse, en Scandinavie, en Amérique du Sud ? Il serait trop long de le démontrer.

Les nations de l’Entente avaient malheureusement été trop confiantes dans leur bon droit et quel fut leur étonnement quand leurs hommes d’Etat aussi bien que leurs hommes d'Eglise s’aperçurent du peu de sympathie dont elles étaient l’objet et même de la méfiance qu’on avait pour elles.

Cela tenait surtout à la campagne de presse de la Germanie.

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