‹ M. Jean le SueurChapitre 9 sur 17 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

« Dès le printemps de la même année, dit M. Ferland, il se mit en route avec sa famille et ceux d’entre ses censitaires qui se trouvèrent prêts à entreprendre le voyage, les autres devant le rejoindre les années suivantes. Arrivés à Québec au mois de juin, ses colons se mirent vigoureusement à l’œuvre; ils construisirent un manoir pour le seigneur, quelques modestes maisons pour les censitaires, et défrichèrent la terre pour y jeter les premières semences. Sous l’habile direction du chef, le petit établissement de Beauport s’assit bientôt sur un terrain arraché à la forêt, et, dès l’automne suivant, le village naissant se dressait gaiement en face de Québec, au-dessus de la magnifique nappe d’eau qui forme la rade (4). »

C'est dans ce village naissant de Beauport, c’est dans ce manoir bâti par les censitaires de Robert Giffard, et transformé en chapelle

« Le roi, voulant continuer de peupler ce pays, a envoyé cette année trois cents hommes tous défrayés pour le passage, à condition qu'ils serviront les habitants qui leur paieront leurs gages, et après trois ans de service, ils seront en droit de se faire habitants. On nous dit que Sa Majesté continuera à faire de même l’année prochaine et les suivantes. (Lettre historique 68e, 18 août 1664.)

« Il est arrivé deux cents hommes de travail, » (Lettre historique 70e, 28 juillet 1665.)

« Les cent filles que le roi a envoyées cette année, ne font que d’arriver, et les voilà déjà quasi toutes pourvues. Il en enverra encore deux cents l’année prochaine, et encore d’autres à proportion les années suivantes. Il envoie aussi des hommes pour fournir aux mariages, et cette année il en est bien venu cinq cents, sans parler de ceux qui composent l’armée. De la sorte c’est une chose étonnante de voir comme le pays se peuple et multiplie. Aussi, dit-on que Sa Majesté n’y veut rien épargner... » (Lettre historique 72e, 29 octobre 1665.)

« Il est venu cette année quatre-vingt-douze filles de France, qui sont déjà mariées pour la plupart à des soldats, et à des gens de travail, à qui lon donne une habitation et des vivres pour huit mois, afin qu'ils puissent défricher des terres pour s’entretenir. Il est aussi venu un grand nombre d'hommes au dépens du roi, qui veut que ce pays se peuple. Sa Majesté a encore envoyé des chevaux, quevales, chèvres, moutons, afin de pourvoir le pays de troupeaux et d'animaux domestiques. On dit que les troupes s’en retourneront l’an prochain, mais il y a apparence que la plus grande partie restera ici, comme habitants, y trouvant des terres qu'ils n'auraient peut-être pas dans leur pays. » (Lettre historique 76°, 18 octobre 1667.)

« Le roi fait ici de grandes dépenses. 11 a envoyé cette année cent cinquante filles, et un grand nombre de soldats et officiers, avec des chevaux, des moutons et des chèvres pour peupler. » (Lettre historique 84°, 27 août 1670.)

(1) Histoire du Canada, t. 1, p. 267.

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