‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 1 sur 70 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

Des nombreuses qualités de M. François Pilote, il en est deux surtout fort remarquables et qui feront vivre longtemps son nom dans la mémoire de ses contemporains ; puis, lorsque ceux-ci auront disparu pour faire place à une nouvelle génération, celle-ci trouvera le nom de M. Pilote inscrit dans l’histoire, d’une manière durable. L'histoire impartiale dira alors que ce prêtre, si humble avec ses grandes connaissances, fut l’ami dévoué, constant, de la haute éducation et de l’agriculture dans notre pays. Et ce qui rendra son souvenir plus cher encore, c’est qu’il a été persécuté pour son dévouement sans borne à la jeunesse canadienne; c’est-à-dire que ses contemporains ont payé ses travaux avec la monnaie de l’ingratitude.

Ainsi, la physionomie de M. Pilote peut à bon droit être considérée comme une des plus attachantes de notre époque, assez féconde, cependant, en caractères éminents.

On peut donc dire de ce prêtre, que Dieu avait créé pour lui deux fonctions spéciales dans l’apostolat. Dans l’ordre matériel, on voit les princes de la terre se choisir ‘des hommes d'élite pour remplir certaines missions délicates, La divine Providence, elle aussi, se choisit des hommes privilégiés auxquels elle impose une tâche spéciale ; et la tâche qu’elle avait imposée à M. Pilote était celle

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de faire prospérer le collége de Sainte-Anne de la Pocatière et de promouvoir l’agriculture, cette source la plus pure, la plus noble et la seule capable d’assurer fermement notre prospérité nationale. Afin qu’il pût remplir efficacement cette double mission, cette même Providence lui donnait de grandes connaissances spéciales, et elle lui mettait au cœur un grand amour de la jeunesse,

C'est donc plus particulièrement comme bienfaiteur de la jeunesse et de l’agriculture que je présente la physionomie de ce prêtre canadien, qui a aimé son pays d’un amour pur et dévoué et qui l’a servi avec:tous les talents que Dieu lui a donnés.

Avant que la tombe ne se ferme sur cette belle figure ecclésiastique, il est bon aussi de faire voir dans leur vrai jour certains faits mal représentés et qui ont valu à M. Pilote la gloire d’être persécuté, calomnié même, pour le bien qu'il avait fait aux enfants de deux générations. Cette: partie de la biographie, je la ferai avec toute la délicatesse possible, sans passion, maïs avec la plus stricte impartialité.

Enfant moi-même de Sainte-Anne, de cette belle institution de M. Painchaud, j'ai appris là, et comme tant d’autres, à aimer M. Pilote parce qu'il nous aimait, et, comme tant d’autres camarades de ces années de bonheur, j'ai ressenti au cœur une immense douleur en voyant les contrariétés auxquelles il a été exposé et les difiicultés sans nombre qu’il a eu à surmonter.

M. Pilote est né à Saint-Antoine de Tilly (comté de Lotbinière), le 4 octobre 1811; de sorte qu'il a atteint ses 73 ans le 4 d'octobre de cette année (1884).

Son ancêtre, Léonard Pilote, venait de St-Nicolas, évêché de La Rochelle (France). Le Dictionnaire généalogique de M. Tanguay ne dit pas en quelle année il arrivait au pays;

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