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mais l’époque de son arrivée dans la Nouvelle-France ne fut que peu d’années après la fondation de Québec, puisqu'il mourait dans la ville de Champlain le 3 décembre 1665. De son vivant, il était habitant de Beauport. Il n’est pas fait mention, non plus, de l’époque de son mariage avec Denise Gauthier. Celle-ci se remaria, quatorze mois après être devenue veuve (le 7 février 1667), à Robert Lefebvre, à Québec.
Les enfants de Léonard Pilote furent : PIERRE, né le 11 mars 1663, marié le 11 janvier 1694, à l’âge de 31 ans, à Jeanne Brassard, et mort à 72 ans, le 12 octobre 1735; MARGUERITE, née en 1653, mariée, le 20 janvier 1671, à Jean Drouart, et inhumée le 23 novembre 1745 ; JEAN, marié le 27 juin 1678, à Marie-Françoise Gaudry, et mort le 16 mai 1738. En tout : trois enfants, dont les actes de naïssance, de mariage et de sépulture furent enregistrés à Québec.
M. François Pilote, le sujet de cette étude biographique, appartient à la 6me génération de Léonard Pilote, habitant de Beauport vers 1650 au moins, puisque sa fille Marguerite naissait en 1653.
Le père de M. Pilote, 5me de la génération, était né aux Eboulements (comté de Charlevoix), à un endroit de cette paroisse appelé Cap-aux-Oies : il se nommait Ambroise. Son bisaïeul ou trisaïeul devait être descendu de Beauport aux Eboulements, car l'ancêtre au pays, d'après M. l’abbé Tanguay, résidait à Beauport. Ce déménagement eut lieu, très probablement, vers 1732, époque où les Eboulements furent érigés en paroisse.
Quoi qu'il en soit de l'époque de cette migration, il est certain que M. Ambroise Pilote quittait sa paroisse natale en 1798, étant encore jeune, et en qualité de domestique de M. Piquet, qui, au cours de cette même année, devenait.
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curé de Saint-Antoine de Tilly, une de nos anciennes paroisses, dont la date de fondation remonte à 1702. M. Päquet avait été curé aux Kboulements avant d’être transféré: à Saint-Antoine.
Après quelque temps passé au service de M. Pâquet, M. Ambroise Pilote abandonna cette position pour apprendre le métier de forgeron; puis, en 1810, le 26 de novembre, il se mariait à Marguerite Coulombe, dont l’ancêtre venait au pays à peu près dans le même temps que l'ancêtre de M. Pilote.
De cette uuion sont issus cinq enfants : François, le sujet cette notice biographique, et quatre filles, dont une seule survit: Mlle Cécile. Depuis trois ans, cette sœur affectionnée: deméure avec son frère, à Saint-Augustin. Moins âgée, elle. peut, placée ainsi auprès de lui, donner à son aîné les soins. qu'exige sa santé délabrée. Bernardin de Saint-Pierre a dit : ‘# L'amour fraternel dépend beaucoup de l'amour filial, qui lui-même n’est produit que par l'amour paternel. ? S'il en est ainsi, le père de ces deux rejetons d’une famille destinée: à s’éteindre à la sixième génération, a dû avoir un véritable amour pour ses enfants, puisqu'il a produit l'amour touchant qui existe entre le frère et la sœur, et qui fait l’admiration de ceux qui en sont témoins.
Le père de M. Pilote mourait à Saint-Antoine de Tilly en 1861, et sa compagne allait le rejoindre dans la tombe en 1867. Ils dorment côte à côte, ces deux époux chrétiens, dans l’église de Saint-Antoine, unis dans la mort comme ils l'ont été dans la vie, et attendant en paix le dernier et: grand jour où leurs corps auront à recevoir la ed D : due à leurs vertus.
M. Pilote a fait ses études au séminaire de Québec, cette pépinière féconde d'hommes distingués dans la hiérarchie ecclésiastique et civile. Il fut fait prêtre le 9 du mois:
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d'août de l’année 1835. Le 9 d'août de cette année (1885). ce prêtre, que a si bien servi son Dieu et son pays, pourra: célébrer ses noces d’or. Tous ceux qui l'ont connu voudront se réjouir avec lui en ce jour, un des plus beaux dans la vie du prêtre selon le cœur de Dieu. Cinquante ans passés dans la prière et la crainte du Seigneur ; cinquante ans employés à consoler ceux qui pleurent, à alléger la souffrance et à conduire la jeunesse dans le sentier de la vertu et de la science ; un demi-siècle de la vie du prêtre où l’âme s’est mêlée, identifiée, fondue pour ainsi dire dans toutes les émotions de ceux qu’il a appelés ses enfants et ses frères ; un demi-siècle durant lequel pas une tache n’est venue souiller le caractère sacré, quel magnifique écrin ! et comme il doit réjouir l’âme de celui qui a reçu un titre éternel : tu es sacerdos in œternum ! I] me semble que cet arrêt, que ce repos au bout d’une aussi longue carrière et en face d’une moisson aussi abondante, doit réjouir vivement l’âme du prêtre cinquantenaire. Il me semble que le roi qui rentre dans son palais après plusieurs années d’exil, la reine qui retrouve sa couronne, l'enfant qui retrouve sa mère, le général qui remporte une grande victoire, doivent avoir moins de joie dans le cœur que le prêtre béni qui célèbre ses noces d’or. Prions pour que nous puissions voir un aussi beau jour, nous surtout, ses enfants bien-aimés de Sainte Arne !
Le 3 novembre 1834, M. Pilote fut choisi pour aller au collège de Montréal faire la versification. Il. en revint au mois de juillet suivant. Il a souvent dit que cette année fut pour lui un temps de consolations.
L'année où M. Pilote fut ordonné prêtre, 1l fut envoyé à Nicolet comme professeur de théologie, et assistant directeur à la place du vénérable M. Leprohon dont la santé affaiblie nc pouvait plus supporter les fatigues de sa charge,
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où il demeura en cette qualité jusqu’à la fin de septembre de l’année suivante : 1836.
Vers la fin de cette année, M. Pilote devint le vicaire du Grand Vicaire Cadieux, alors curé de la Rivière-Ouelle, paroisse voisine de Sainte-Anne de la Pocatière.
À cette époque, le collége de Sainte-Anne, cette œuvre d'amour d’un prêtre distingué, M. Painchaud, n’avait encore que neuf années d'existence. Cet homme si justement regretté était alors le supérieur de cette belle institution appelée à produire tant de bien et d’où sont sortis une foule d'hommes distingués dans tous les genres. M. Alexis
Mailloux en était le directeur.
En 1836 donc, M. Painchaud demanda à Mgr Signay,
alors évêque, la permission d’agréger à sa maison naissante le jeune vicaire de la Rivière-Ouelle, qui n'avait alors que 25 ans. Cette permission lui fut accordée, et le 27 de décembre de cette année (1836), M. François Pilote devenait directeur adjoint et le professeur de théologie dogmatique du collége de Sainte-Anne. Il devait y passer trente-quatre ans de sa vie, et il y serait mort, sans les regrettables difficultés soulevées en 1870 et sur lesquelles il n’est pas encore temps de porter jugement.
Le fondateur, M. Painchaud, mourait 14 mois seulement après l'arrivée de M. Pilote au collége, de sorte que l’on peut considérer véritablement celui-ci comme le fondateur adjoint de cette maison d'éducation. Dire tout ce qu'il a fait pour cette institution me mènerait trop loin : j'en rap. porterai seulement les principaux traits.
Trois jours après la mort de M. Painchaud, arrivée le 9 février de 1838, M. Pilote devint le directeur du collége, après avoir été assistant-directeur du 27 décembre 1836 jusqu’à cette date, de 1838, étant aussi professeur de théologie dogmatique, comme nous l’avons déjà dit.