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ces deux ouvrages canadiens devraient trouver leur place dans nos écoles modèles.
Notre famille collégiale se compose cette année de 87 pensionnaires, de 37 externes et de 10 professeurs. Notre cours anglais va bien. Il nous faudrait pourtant encore un bon professeur parlant cette langue.
Collége de Ste-Anne, 18 février 1845.
Mon cher Monsieur,
La dernière malle m'a apporté le projet du bill d’éducation, ayant à la marge quelques mots bienveillants écrits de votre main. Je vous en remercie. Je n’ai pas encore eu le temps d'en parcourir tous les détails, vu qu'il est très long et compliqué; mais, d’après ce que j'en entends dire, il est fort à craindre qu’il ne remplisse le but pour lequel il à été proposé. On aurait dû, ce semble, s’en tenir au mode de taxation recommandé dans votre rapport de l’année dernière, celui de faire payer seulement les enfants de 5 à 16 ans. Je crois vous en avoir donné des raisons suffisantes dans ma lettre du 5 avril dernier. Mais à quoi bon discuter, aujourd’hui que ce projet est peut-être devenu loi. Laissons-le faire son chemin. Peut-être que de nouveaux tâtonnements inspireront mieux nos législateurs que toutes les observations écrites de leurs amis. Une chose cependant est bien claire au milieu de ce conflit d'opinions opposées, c’est le zèle et l'amour de tous pour l'avancement de l'éducation.
- D’après votre circulaire du 16 décembre dernier, la paroisse de Ste-Anhe et............ ont droit à une somme de £1974s. 2d. pour aider à la construction de maisons d'école.
Or il paraît que MM. nos commissaires n’entendent nullement profiter de cet avantage. Cette somme sera donc perdue pour l’objet pour lequel la législature l’a affectée. Voilà le fait. R Maintenant, je prendrai la respectueuse liberté de vous communiquer ce qui suit, toujours dans l’intérêt de la même cause, l'éducation de notre intéressante jeunesse. Notre corporation a acheté, l’année dernière, un emplacement à la porte du collége pour y construire une maïson d’école, destinée à recevoir plus tard des Frères des Ecoles Chrétiennes. Elle a fait préparer et transporter sur la place et à ses frais tous les matériaux nécessaires, comptant, pour la main-d'œuvre, sur l’aide seule de la Divine Providence.
D'après cet exposé, s’il n’y:a pas indiscrétion de ma part, je me permettrai de vous faire les questions suivantes :
10. Y a-t il quelque moyen de faire parvenir cette somme de £197 4s 2d. ou partie d’icelle, malgré le refus de MM. les commissaires, à la destination que la législature a eue en vue ?
20. Bi cela peut se faire ; à quelles conditions ? Le refus de MM. les commissaires ne paraît tenir à rien.
30. L'assurance que nous pourrions donner que cette maison nouvelle serait exclusivement employée à loger un ou plusieurs maîtres, pour une ou plusieurs écoles, seraitelle une garantie suffisante de l'emploi de deniers employés à la construire ?
40.: Cette maison devrait-elle, de rigueur, tomber sous le contrôle absolu de MM. les commissaires présents et futurs ?
Bo. Notre corporation devrait-elle abandonner le fonds ?
Si la réponse à ces deux dernières questions est afhrmative, l'affaire sera de suite terminée; nous n’en :parlerobs
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plus, : ‘pour dés raisons que vous supposez sans peine. “Nous en serons quittes pour chacun une léttre, et moi en particulier pour le plaisir de vous répéter de nouveau combien j'attache de’ prix à vos services dans le poste éminent que vous occupez.
Vous ne pourrez peut-être pas me donner une réponse officielle, Je ne prétends gêner en rien votre liberté. Veuillez seulement m'indiquer par quel moyen légal nous pourrions atteindre le but indiqué dans la présente...
DME LETTRE AU DR MFILLEUR.
Collége de Ste-Anne, 27 mars 1845.
Mon cher Monsieur,
Je vous remercie de votre bonne lettre du 20 courant, ainsi que des documents parlementaires qui l’accompagnent.
Je ne puis résister au désir de vous faire part, quoiqu’à regret et comme en tremblant, de ma façon de penser sur le projet, même amendé du nouveau bill d'éducation, qui sans doute, à cette heure, est devenu loi. Tout en convenant que les amendements ont une haute importance, surtout en ce qui a rapport à la cotisation volontaire, ceperdant je ne puis me défendre d’un sentiment pénible en considérant le mode adopté pour la taxation. Je m’exprimerais avec plus de réserve, si moi ou les miens avions quelque chose à payer pour les écoles. L'avocat intéressé a toujours contre lui une présomption défavorable. Mais il n’en est pas ainsi. Puisque . les taxes étaient jugées nécessaires, il fallait au moins ménager la susceptibilité du ‘peuple qui n’en a jamais payé. Aller de prime äbord demander à nos pauvres cultivateurs, qui regardent déjà eommeune charge pesante de payer leur dîme et leurs rentes, de donner tant pour ‘une cheminée, tant pour un cheval, tant pour un'chien, tant pour un co- &hon, ’ete., : voilà de‘quoi faire jeter les hauts cris, même
PÉBAENS
aux moins prévenus contre les taxes. Il était pourtant si facile de parvenir au même but, celui de forcer les gens à s’'instruire, par des moyens plus doux, et pourtant non moins efficaces. J'entrerais volontiers dans le détail de ces moyens ; mais nos législateurs se passeront bien de mes avis. D'ailleurs la chose étant jugée, ce serait de la moutarde après dîner. Maintenant il nous faut recevoir la loi, telle qu’on nous l’a faite, avec la meilleure volonté du monde. Or voici ce qui arrivera. Partout les commissaires vont être élus à la condition expresse qu’ils ne taxeront pas. Que faire alors dans ce cas où les personnes chargées de mettre la loi à exécution, seront les premières à l’entraver ? Que feront les pauvres curés dans une telle extrémité ? Ils devront donner leur démission, pour s’éviter le reproche de vouloir taxer les paroissiens. Dans un tel état de choses, il n’y aura que les gens de bonne volonté qui, voulant bien se cotiser volontairement, profiteront des libéralités de la législature. Aïnsi la nouvelle loi, élaborée depuis si longtemps et avec tant de soins, nous aura ramené précisément au point où nous avons été depuis 1841, sous l’ancienne loi, sans compter le mécontentement universel qu'elle aura cau-
sé partout pour en venir à ce résultat.
Depuis que j'ai lu dans les Mélanges les rapports statistiques sur l'éducation dans presque tous les Etats de l'Europe, et en même temps la comparaison qui en à été faite avec le rapport intéressant que vous avez récemment publié sur l'éducation en Uanada, je me demande tous les jours s’il est juste de nous reprocher notre ignorance, notre apathie pour l'éducation ? Quoi! le Canada possède déjà, eu égard à sa population, un plus grand nombre d’écoles que les vieux pays d'Europe! En Canada, la proportion de ceux qui fréquentent les écoles est de 1 sur 10, tandis qu’en Ecosse, en France et en Autriche, cette proportion