‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 15 sur 70 · LETTRE LÈRE · texte numérisé non relu

LETTRE LÈRE

Collége de Ste-Anne, 5 janvier 1844.

Mon cher Monsieur,

La dernière malle m’a apporté votre circulaire du 18 décembre dernier. Déjà, depuis plusieurs semaines, une copie de votre Rapport sur l'Education et celle d’un autre document, coté No. 3, C., que vous aviez eu l’obligeance de m'envoyer, étaient parvenues à leur adresse. Malheureusement, . j'étais absent du collége. La maladie, ou plutôt un état d’épuisement et de faiblesse générale, m'a forcé de m'éloigner quelque temps des affaires pour reprendre un peu de forces. Aujourd'hui de retour, quoique bien faible encore, :j éprouve un grand plaisir à vous écrire pour vous remercier de votre attention, qui me fournit en même temps l’occasion de vous faire part, si vous l’agréez encore, de quelques réflexions sur le sujet important qui fait l’objet de vos louables travaux. Ce n’est pas que j'attache un grand prix à mes propres idées, qui du reste s'accordent assez avec les vôtres, mais c’est plutôt pour obéir au désir que vous m'avez déjà plusieurs fois manifesté, Je le ferai avec d'autant plus de confiance, et avec d'autant moins d’apprêt, que cette correspondance toute amicale n'aura aucun caractère officiel, soit du département que je dirige, soit du corps auquel j'ai l'honneur d’appartenir, et que, d’ailleurs, elle ne verra probablement jamais le grand jour.

-Aüjourd’hui, je n’ai ni le temps ni les forces de répondre votre désir comme au mien. :Je me contenterai.sculement de vous dire, sans flatterie aucune, que je concours pleinement aux louanges que les Mélanges. Religieux ont données

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à votre Rapport en le publiant par parties. Je n’ai encore eu que le temps de lire ces extraits; mais cette lecture me suffit pour me convaincre que la charge importante de Surintendant de l'Education ne pouvait tomber en de meilleures mains que les vôtres. Je m'en réjouis bien sincère. ment, dans l'intérêt de l'Education à laquelle d’autres liens m'attachent aussi moi-même.

Collége de $Ste-Anne, 5 avril 1844.

Mon cher Monsieur,

Depuis longtemps je veux répondre à votre bonne lettre du 2 mars. Votre correspondance m’honore trop pour que je la néglige. Mais l’état d’épuisement où je suis tombé tout à coup, l'automne dernier, m'interdit encore toute occupation sérieuse et suivie. Je vais toutefois tâcher de remplir, aujourd'hui, ce que je regarde, avec raison, comme un devoir, tout en me procurant à moi-même une douce satisfaction.

Les réflexions que je vous ai promises sur l’éducation ne S'arrêtaient pas au mécanisme à l’aide duquel on cherche, avec un zèle si louable, à en répandre les bienfaits parmi toutes les classes de la société. Je voulais reprendre les choses de plus loin. La lecture de plusieurs écrivains célèbres tels que De Bonald, Laurentie, Lamennais, De Maistre, D'Exauvillez et autres qui, sur l’éducation comme sur bien d’autres sujets, ont écrit des pages immortelles, cette lecture, dis-je, avait fait sur moi une impression profonde que je voulais soumettre à votre méditation. Mais je n’en ai pas la force. Je’ me permettrai seulement quelques réflexions sur le nouveau projet de loi proposé dans la dernière session. Je regrette beaucoup de n’en avoir lu qu’une: assez courte analyse dans les gazettes de l'automne dernier,

n'ayant pas eu l'avantage, comme d’autres, d’en recevoir une copie de la part du représentant de notre comté. C’est pourquoi, s’il y a dans mes paroles quelque chose d’irrégulier, vous voudrez bien vous ressouvenir que je parle de mémoire, D'abord la taxe. Comme vous, je la crois indispensable, sans toutefois me dissimuler ses nombreux inconvénients, Toute la difficulté est de trouver le meilleur principe d’après lequel on puisse la prélever. Ce principe ou cette base de la taxe doit être non-seulement juste en théorie, mais encore efficace en pratique. De tous les moyens indiqués daré votre Rapport, page 19, celui de taxer les enfants de 5 ans à 14 me parait préférable, parce qu'ils sont l’objet immédiat de la taxe. La somme de 30 sous par chaque enfant, quoique bien modique sans doute, est peutêtre encore un peu forte, D’après votre calcul, basé sur la population de 1831, le montant de cette taxe, supposée de 30 sous par tête, produirait plus de £69,000. Aujourd’hui, cette même taxe s’élèverait, je pense, à £80,000 au moins, vu l’auomentation considérable de la population. Je ne parle point de la déduction à faire à cause des enfants pauvres, cet inconvénient est commun à presque tous les systèmes de taxation. J’avouerai sans peine que la taxe des revenus nets à laquelle vous donnez la préférence est en réalité la plus équitable en spéculation, parce que celui qui possède davantage doit payer davantage pour l'éducation dont il a plus de besoin à cause de ses biens. Mais, dans la pratique, c’est autre chose. Le riche consentira-t-il à payer pour l'instruction du pauvre? Cette taxe n’excitera-t-elle pas un mécontentement général, une opposition d'autant plus forte qu’elle sera plus soutenue ? Ne trouvez-vous pas les plus graves inconvénients à forcer ainsi chaque propriétaire à soumettre à un agent de taxe souvent envieux où mal disposé, un état circonstancié de ses revenus et de ses

RTE dettes ? Que d’infidélités à craindre dans de tels exposés ? Que de précautions à prendre pour les prévenir ? etc.; etc.

Le système de la capitation par chaque enfant est bien plus simple. L’étendue d’une lettre ne me permet pas d'en dire plus sur ce sujet.

Le second point sur lequel je prendrai la liberté de vous dire quelque chose, est cette sorte de fusion de diverses croyances que l’on tâche d'effectuer dans les mêmes écoles. T1 faut convenir que tous ces ménagements, ces concessions forcées, ces pis aller auxquels on est forcé d’avojr recours dans ce système, n’ont pas peu contribué à paralyser le bon effet attendu du dernier acte d'éducation, comme de ses devanciers. J’avouerai qu'il y a là un pas glissant, une question très délicate, puisqu'il s'agit de ménager des intérêts opposés, incompatibles: intérêts de conscience auxquels la loi ne peut porter atteinte. Mais, direz vous, que faire dans un pays mixte ? Le voici : Dans un pays comme le nôtre, où la loi est en général si favorable à l'esprit d’association, pourquoi, quand il s'agit d'éducation, ne pourrait-on pas attendre de sa part cette protection qu'elle accorde si libéralement et sous toutes les fortes au commerce, à l'agriculture et aux arts en général. Le législateur avec toutes ces combinaisons forcées, cette complication de rouages sans proportion naturelle les uns avec les autres, W’obtiendra jamais l’heureux résultat qu'il attend. Il pourra bien créer un système matériellement uniforme, mais qui ne donnera jamais au peuple l'éducation qui lui convient le. mieux, celle dont il a le plus de besoin. Il y aura toujours quelque part excès ou défaut, surabondance ou disette.

Le nouveau projet de loi paraît mettre l'éducation dans chaque comté sous lé contrôle trop immédiat de la municipalité, malgré vos suggestions réitérées. Veut-on diriger

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l'éducation à peu près comme on règle les travaux publics, ou bien encore l’administrer, comme on administre les;affaires municipales? Ce n’est pas que je prétende isoler les, écoles, ou.les rendre indépendantes de tout contrôle raisonnable. À Dieu ne plaise ! Le gouvernement qui fournit une partie de l'argent, a bien le droit de prendre connaissance de la manière dont il est employé. La municipalité de chaque comté peut aussi raisonnablement réclamer une petite part dans l'établissement des écoles, non pour les entraver, mais seulement pour rendre le prélèvement de la taxe plus efficace et plus prompt, avec le droit de prendre. une connaissauce générale de l’état des écoles de sa juridiction, en ajoutant, si vous voulez, le pouvoir de juger les petites affaires de ménage, en cas d'appel. Mais liberté entière pour tout le reste aux syndics, ou commissaires des écoles de chaque localité. Protection égale de la loi en faveur de toute secte religieuse qui voudra avoir une école à part, suivant ses principes, pourvu qu'elle soit en nombre suffisant, ce qui serait facile à déterminer. Cette sage et libérale disposition dans une loi, la rendrait agréable à tous les: partis qui y trouveraient une protection assurée. Une telle loi cesserait d’être suspecte. On n’entendrait plus crier à l'intolérance. Le parti, dont un journal anglais de Montréal s'était fait l'organe, l’automne dernier, ne jetterait plus de cris d’alarmes disant que le bill de M. M... livre le parti anglais ou protestant à la discrétion des catholiques romains. C'était pourtant le dernier reproche à faire à l'œuvre, de M. M.....….., car il était difficile de concilier avec plus de désintéressement, de ménager avec plus de talent des intérêts. si, opposés. Mais la théorie doit céder le pas.à l’expérience, Il faut prendre notre état, de société pour ce qu'il, est; Ce.qu'on aura forcément concédé. à un parti. le. sera toujours aux dépens de l’autre. Ainsi il, y: aura toujours

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des mécontents. Et sur ce chapitre, les hommes sont trop chatouilleux pour les froisser sans danger. Je sais que le dernier bill reconnaît des écoles de minorité; mais cette concession faite ad duritiem cordis n’est pas assez étendue. La loi des écoles devrait même être basée sur un principe qui reconnaîtrait les écoles de chaque religion, en les sou. mettant à des règles à peu près uniformes, quant à la manière de rendre compte de l'argent, ete., etc. Nos lois antérieures se sont trop étudiées à exclure des écoles le caractère religieux que porte nécessairement avec soi l'éducation. Je sais que la pratique contraire a aussi ses inconvénients. Mais il n’y a rien de parfait dans ce bas monde. Tous les systèmes ont leurs inconvénients. Le meilleur est celui qui en a le moins. Je n’ai pas besoin de dire que, par école de minorité, je n’entends nullement les subdivisions d'écoles parmi les hommes de même croyance, mais seulement quand il s’agit de sectes différentes. Ainsi donc, je ne demande autre chose que liberté et protection égales pour les écoles: de toute secte qui voudra instruire ses enfants suivant ses. principes. Ce n’est pas que je veuille faire de chaque école une assemblée purement religieuse; ce serait un très grand mal qu’il faudrait prévenir. Mais je trouve injuste et intolérant de forcer des pères de famille à envoyer leurs enfants s’instruire dans des écoles dirigées par des maîtres d’une croyance différente. Il est dangereux de froisser ce droit du père. Vous me direz que l’on prévient cet inconvénient en empêchant l’enseignement du dogme, etc. ; mais on aura beau faire et beau dire, le mal subsistera toujours, tant le caractère religieux est inséparable de l’éducation.

J'ai dit qu'il fallait laisser aux syndics ou commissaires une grande liberté dans la régie des écoles; qu'il fallait les: mettre le moins possible en contact avec la municipalité, Afin que leur action fût plus prompte, ete. J'ajoute mainte-

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nant qu'il ne faut pas les mettre en trop grand nombre. Cinq commissaires ou sept feront moins d'ouvrage que trois. L'expérience le prouve assez. On devrait s’en tenir 14. Sur un si grand nombre, il y à toujours des hommes ignorants, indifférents ou mal disposés. Le reste entravé ou gêné, se dégoûte et se contente de gémir sans rien faire, ou ne fait que le quod justum, comptant pour le surplus sur son voisin, qui lui-même se repose sur un troisième, celui-ci sur un quatrième, etc. Il est à regretter que ces hommes de cabinet, si habiles aïlleurs et si dévoués, n'aient pas à mettre euxmêmes à exécution des lois trop sages en théorie. Ils comprendraient sans peine qu'une loi doit être faite pour le peuple, mais qu’on ne fait pas le peuple pour la loi. Pour en revenir aux commissaires d'école, je pense donc que trois pour chaque paroisse sufhraient; deux étant élus chaque année et le troisième étant de droit le curé ou ministre du culte. L'élection du curé est sujette aux plus graves inconvénients. Humiliation pour lui de se voir ballotté dans une assemblée publique avec un protestant qui aura le dessus, comme à la Pointe-Lévis, ou avec un intrigant qui criera à tue-tête que M. le Curé est trop vieux ou qu'il ne fait pas grand” chose pour l'éducation, pendant qu'il soutient et encourage presque seul plusieurs écoles, comme à St-Jean; ou bien on le mettra sur les rangs avec son Servant de messe, comme à l’Islet. Quoi ! dans un pays (je parle du Bas-Canada seulement pour lequel le dernier projet a été rédigé) où les trois quarts sont catholiques, où tous les sacrifices imaginables en faveur de l'éducation ont été faits par le clergé, où tant d'établissements ont été fondés et même dotés par lui, où à l’heure qu'il est, le peu d'écoles que nous trouvons dans les campagnes, ont été établies et sont journellement encouragées par les curés, malgré l’apathie très prononcée et trop souvent l'opposition

de cette traînée de commissaires que la loi leur a associés; dans un pays, disje, comme le Bas Canada où l’on trouve tous ces faits et bien d’autres, s'agit-il d'une loi pour l'éducation, il n’est pas plus question du clergé que s’il n'avait. jamais rien fait ou s'il ne pouvait rien faire! On lui laisse “courir sa chance d'élection tout comme le premier venu, ou bien, si l’on daigne faire mention de lui, c'est. seulement pour lui donner, en commun avec un juge à paix ou un colonel de milice qui peut-être refuseront d'envoyer leurs enfants à l’école, un droit de surveillance générale, y compris le droit de faire rapport au Surintendant chaque année ! Comme si le Prêtre n'avait pas déjà ce droit en sa qualité de curé! Remarquez le principe d’où je suis parti; je ne voudrais pas forcer la minorité d’une population, supposé qu'elle différât de croyance, à fréquenter les écoles de la majorité. Non.

On avait raison, lors de la passation du bill actuel en 1841, de dire qu’une loi générale pour les deux provinces ne devait pas favoriser exclusivement la majorité d'aucune religion, parce qu’une telle loi, injuste en elle-même, serait; contre les catholiques dans les localités où ils seraient en minorité. On avait raison alors, parce qu'il n’était point question des écoles de minorité, auxquelles on n’eut recours. que vers la fin de la discussion du projet devenu loi depuis. Je m'en rappelle fort bien, étant sur les lieux mêmes, à. Kingston. Aujourd’hui, cette raison n’a plus de valeur; et, dans mon hypothèse, chaque religion ayant droit d’avoir son école, et pouvant compter sur une protection égale, il n’y a plus de difficultés.

Pardonnez-moi toutes ces réflexions confiées à votre amitié seule. Jetées. à: la hâte sur le papier, elles: pourraient. vous paraître exagérées, incohérentes ou portant. à, faux. Mais de grâce laissez la forme, pour bien saisir le fond:

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Une conviction intime, fruit de longues méditations jointes à-un peu d'expérience, m'a fait un devoir de vous communiquer toute ma pensée. Si j'ai été un peu loin, c’est pour avoir trop compté sur votre indulgence. Vos services passés et.votre dévouement à toute épreuve me donnaient une sorte . de droit de vous parler franchement. Au reste, comme je tiens beaucoup à n'occasionner aucune méprise, aucun malentendu, je donnerais volontiers des explications. Mais on se. passera bien de mes avis ; aussi je n’ai pas la prétention d'en donner.

Je vous remercie de deux documents que vous m'avez adressés, ainsi que deux Minerve reçues ultérieurement, contenant le rapport malheureux des notables de St-Hyacinthe. Je vous aurai beaucoup d'obligation chaque fois que vous aurez la complaisance de me communiquer des papiers qui peuvent intéresser l'éducation. Je ne reçois ni Minerve, ni Aurore, ni aucun papier du Haut Canada.

MM. les Grands Vicaires Mailloux et Gauvreau vous saluent très affectueusement.

Nous sommes sur le point de commencer une maison. pour avoir des Frères à Ste-Anne, non seulement pour une école de paroisse, maïs encore pour l’enseignement de notre cours secondaire anglais. Ce sera l’objet d’une autre lettre.

Agréez, mon cher Monsieur, l'assurance de mon sincère dévouement et croyez-moi votre très humble serviteur, F. PILOTE.

Collége de Ste Anne, 30 octobre 1844.

Mon cher Monsieur,

Les occupations trop multipliées des commencements: d’une année scolaire m'ont privé jusqu'ici du plaisir de: répondre à votre bonne:lettre du 16 septembre dernier.

Autant et plus que vous je regrette que la maladie vous ait empêché, cette année, de visiter notre beau quartier. Votre présence et vos paroles eussent, en bien des paroisses, donné une nouvelle vigueur aux écoles élémentaires. Vous auriez vu avec plaisir que, dans plusieurs localités, on avait parfaitement saisi votre plan, celui d’avoir une bonne école modèle. Déjà plusieurs de ces écoles prospèrent et promettent beaucoup pour l'avenir. Il est beaucoup à désirer que le nouveau bill d'éducation les favorise d’une manière toute spéciale. C’est le meilleur plan, du moins pour l’état actuel de notre société.

Je ne suis pas en état de juger ex cathedrà la nouvelle grammaire anglaise (en français), ni le traité anglais de la prononciation française, n’ayant pas encore eu assez de temps pour les étudier à loisir. Mais je puis vous dire pour le moment que je ne connais pas de meilleur moyen d'initier nos petits campagnards aux premières notions de la grammaire anglaise, que de leur enseigner celle que vous avez composée; pourvu toutefois que le maître soit lui-même bien préparé, qu'il possède seulement des notions communes de grammaire anglaise, mais qu’il ait des connaissances approfondies sur la grammaire en général, Car les définitions savantes, quoique très correctes de la vôtre, exigent des explications étendues, qu’un maître seul très versé dans cette science pourra donner. Dans cette partie de l’enseignement, comme dans tous les autres, il faut plus attendre du maître que du livre qu’il enseigne. Un professeur habile tire toujours bon parti d’un livre dont les principes sont sûrs, quelles que soient d’ailleurs ses autres imperfections. Le petit traité de prononciation, quoiqrie composé pour des anglais, offre le double avantage de servir d’exercice anglais et de leçon de prononciation française. Je pense donc que

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