‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 20 sur 70 · BE, DE · texte numérisé non relu

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d'agriculture dans chaque comté. L'un et l'autre sagement employés opèreront, sans aucun doute, dans l'agricul: ture, une heureuse révolution, tout à l'avantage du cultivateur comme du commerçant et de l'industriel. On commencera d’abord par préparer la jeunesse. Car si la génération naissante n’est pas généralement initiée de bonne heure à l'étude de l’agriculture, en vain cherchera-t on plus tard à attirer son attention sur cet important objet. La routine, soutenue des préjugés inhérents à l'ignorance, prévaudra toujours. Uu coup d’œil sur le passé suffit pour démontrer cette vérité,

Donnons à notre jeunesse le genre d'éducation qui lui est le plus nécessaire. Notre peuple essentiellement cultivateur et marchand a besoin de s’instruire dans l’agriculture et le commerce, | |

Tant que le sol fertile des bords du St-Laurent a rendu sans effort au laboureur le centuple de son travail, il était inutile de demander à la science les secrets d’une production plus abondante. Mais maintenant que les vieilles routines sont impuissantes contre l’action d’une triple calamité : un insecte mystérieux, un certain dérangement des saisons et l’épuisement du sol, à qui l’on demande sans cesse, sans Jamais rien lui rendre, il est de la plus urgente nécessité, sous peine d’une ruine complète de l’agriculture comme du commerce, et de tous les genres d'industrie qui s’alimentent:. de l’un et de l’autre, d'étudier l'expérience des vieux pays, et d'étendre partout la connaissance du meilleur mode de culture. Les sociétés d'agriculture, dans chaque comté; faciliteront merveilleusement l'exécution de cette tâche difficile. Ces sociétés, mises en rapport avec la grande «ociété ou société générale pour tout le Bas-Canada, forme-: ront un trésor commun des connaissances et de l’expérience: des membres qui en feront partie; elles seront un puissant:

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moyen de propager le goût et l'estime du premier des arts utiles, d’exciter une louable émulation parmi les cultivateurs, sans laquelle tout essai d'amélioration et de progrès devient inutile.

Les hautes professions sont amplement pourvues d'aspirants, trop même, pourrait-on dire, vu l’état actuel de notre société ; l'éducation dite mercantile ou de commerce à pris depuis quelques années un développement qui donne de flatteuses espérances. Mais qu’a-t on fait pour l’agriculture ? Nous touchons au moment où chacune de nos grandes institutions collégiales, dans les campagnes, devrait avoir sa ferme-medèle, comme sa bibliothèque et son musée.

La corporation du collége de Ste-Anne, pour sa part, convaincue depuis longtemps de ce que je viens de dire, n’hésiterait nullement à mettre sur pied une ferme modèle avec une école spéciale pour l’agriculture, si elle rencontrait un encouragement suffisant, soit de la législature, soit de tout autre corps en état de le fournir. Cette ferme-modèle, à peu de distance du collége, serait sous sa surveillance immédiate. Je dis qu’il faudrait un encouragement suffisant ; car la corporation est déjà chargée de deux pensionnats nombreux (183 élèves), dont l’un pour les hautes études, ou études classiques proprement dites, et l’autre pour un cours plus approprié au commerce et aux arts mécaniques, ayant chacun leur marche séparée, quoique réunis dans le même établissement. Il lui serait par conséquent impossible par ses seules ressources, d’ailleurs très-limitées, de pourvoir à la fondation d’un établissement de ce genre. Tout ce qu’elle peut faire, dans cette circonstance, est d'offrir son humble mais consciencieuse coopération.

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