PAS
Permettez moi, monsieur, de ne pas laisser échapper la présente occasion de féliciter la société d'agriculture du Bas-Canada, de vous avoir choisi pour secrétaire. Vos longs et utiles travaux, votre zèle à promouvoir l’objet qu'elle a en vue, sont un présage heureux du succès que je lui souhaite de tout mon cœur.
Veuillez m'inscrire au nombre des membres de la susdite société, ainsi que quelques amis dont je vous envoie la liste, avec la modique contribution exigée par les règles.
J’ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très-humble et obéissant serviteur, F. PILoTE, Ptre., Procureur du Collége Ste-Anne.
W. Evans, écr.
Secrétaire de la Société d'agriculture du Bas-Canada.
Nous n'avons pas voulu faire précéder ces reproductions d'aucune remarque, afin de ne pas préjuger l’opinion que le lecteur impartial a dû se former en parcourant ces lettres remarquables et par la forme et par le fond. Par la lecture attentive des écrits adressés à M. Meilleur et qui n'étaient point destinés à la publicité, on se convainc facilement de : ce qui suit :
Que M. Pilote a deviné, en 1844 (alors que nos lois d'éducation n'étaient qu’à l’état d'enfance), le résultat que ces lois auraient auprès de la classe agricole de notre pays, fortement préjugée, à cette épopue, contre toute taxe, scolaire, municipale, etc.
Il n’y a pas de doute que M, Meilleur a profité, plus tard, des aperçus que lui fournissait, à titre d’ami de l’éducation, l’humble prêtre du collége de Sainte-Anne, lorsqu'il s’est agi de faire amender nos lois scolaires. L'esprit d’observation de ce prêtre distingué, ses connaissances du peuple de nos campagnes, de ses travers et de ses qualités, avaient fait de l’auteur de ces lettres de 1844 et 1845 un homme précieux qui en savait plus long, au sujet de l’enseignement primaire, que la plupart des législateurs de cette époque reculée. Les amendements nombreux faits, plus tard, à ces premiers ballons d'essai, en matière d'éducation, prouvent surabondamment notre assertion.
Quant à sa lettre au sujet de l’agriculture, elle confirme le titre qu’il a reçu et qu’il mérite à tous égards: “ Ami simeère et constamment dévoué de la classe agricole, ” EMPARONS-NOUS DU SOL ! fut la devise constante de ce. grand patriote. Il ajoutait à cette devise cette autre aussi
MA
belle, aussi vraie que la première : ‘ Instruisons nous, ouvrons partout des écoles, si nous voulons conserver l’héritage que nous ont légué nos Pères au prix de tant de sacrifices et de luttes de tous genres ! ?
Ces deux titres sont plus que suffisants pour que la mémoire de Messire FRANÇOIS PILOTE soit vénéré par les générations qui nous suivront.