ENTENDONS-NOUS
Amis lecteurs, laissez-moi vous présenter quelques notes, ou mieux quelques réflexions sur les hommes et sur les choses. Je n’ai point à vous parler des hommes et des choses de l’an mil/?il s’agit purement et simplement d’une légère esquisse de ce que la vie réelle, prise sur le vif, a jeté sur ma route durant les vacances de 1887. |
Ce sujet, tout disparate qu’il soit, n’en est pas moins d’un intérêt général, puisque tout homme doit vivre de la vie réelle et qu’il en vit d'autant plus qu’il la connaît mieux ou qu’il la prévoit davantage.
Certains récits paraîtront trop jeunes, certaines expressions trop familières, certains compliments quelque peu exagérés : Dieu me garde d’y contredire.
Je ne me fais aucune illusion sur la valeur littéraire de ces quelques pages.
Lorsque l’on veut servir son pays, ses frères, par la plume, par l'idée, il faut suivre à tout risque le conseil que donne dans ses Sources le Père Gratry ( 1 ).
«a Commencez par écrire et produire, dussiez-vous sacrifier ensuite les premiers-nés. Maïs, en tout cas, les premiers fruits vivants de votre esprit l’animeront.
Savez-vous pourquoi des esprits, d’ailleurs très préparés, restent souvent improductifs et n’écrivent pas ? c’est qu’ils ne commencent jamais.
Et ils ne prennent jamais la plume, parce que je ne sais quelle circonspection les arrête ; ils pensent au lecteur,
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du UE
ils tremblent devant toute cette foule de critiques qu’ils imaginent et devant leurs milles prétentions. »
Les intentions donc sont bonnes, pour insuffisantes quelles soient dans bien des cas.
Joliette, mai 1889.
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HNPEAUSE