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faut pas trop l’y soustraire. (Ces avantages cependant sont moindres à la ville qu’à la campagne. Les occasions sont plus nombreuses dans la cité et les parents malheureusement, ne surveillent pas toujours assez. Mais quoi? Ce
sont là des idées qui se rapprochent trop du col-
lège, et je suis en vacances !
J'aime le village des Cèdres parce qu'il me rappelle bien des souvenirs d’enfance ; les premières années d'école, la première communion, les jours du repos de la vie du collège.
Je revois encore les bois et les îles tant de fois parcourus ; j'entends encore la voix de Napoléon (1), la voix d'Emile (2) et de tant d’autres qui désertaient la ville ou la campagne pour jouir aux Cèdres de la fraîcheur et de la vue des Rapides.
(1) Napoléon Bruchési, Ptre, professeur à l’Université Laval de Montréal.
(2) Emile Piché, Ptre, Supérieur du Patronage de Saint Vincent de Paul à Lurgan, Irlande.
PO ETS
Ce village, du reste, est sans contredit l’un des plus beaux du Canada. Il fait partie du comté de Soulanges ( 1}. Il est situé sur la rive nord du St-Laurent. 7 rectangles parfaits le constituent. Son église toute neuve et de bel extérieur s'élève hardiment à quelques pas du fleuve.
En face du village, et assise au milieu du St- Laurent, se trouve l’île aux Vaches, qui, couronnée de hautes futaies, semble défier en beauté l’île aux Ours, l’île aux Cochons, voire même la Grande-Ile. Au-dessus de ces émeraudes du fleuve-roi plane la croix du clocher de Ste-Cécile
de Valleyfield.
Plus bas, à gauche, sur la rive sud, St-Timothée montre son église et son gentil couvent.
Vive le joli carillon de St-Timothée.
Revenons sur notre rive. A droite en remontant : Coteau du Lac, Coteau-Landing, St-Zoti-
que. À gauche, La Pointe des Cascades, Vau-
(1) La Seigneurie de Soulanges et celle de Vaudreuil occupent la langue de terre formée par le confluent de l’Ottawa et du St-Laurent,
La Seigneurie de Soulanges a été cédée le 12 octobre 1702, au chevalier de Soulanges. Elle appartient aujourd’hui à la famille de Beaujeu.
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dreuil. Derrière, les concessions (1) de St-Grégoire, de St-Feréol, de St-Dominique et la pa-
roisse de St-Lazare.
Qui ne connaît les Rapides des Cèdres ? (2)
C’est le nom du St-Laurent, devant notre gracieux village. Les Cascades font suite.
Du village des Cèdres à l'extrémité des Cascades, cinq milles, le spectacle est véritablement grandiose. Les eaux, tout d’abord assez calmes, se précipitent de plus en plus; abondantes et rapides comme la flèche, elles font effort pour arracher à la terre les pierres et les rochers qui font obstacle: vaines tentatives, peines inutiles, elles se brisent, se couvrent de neige, et poursuivent leur course, pour se briser et pour écumer encore. Je plains les Naïades des Cascades!
Quelle vie, quelle agitation, quelle course effrénée, du matin au soir, depuis des siècles. Castor
(1) Dans le principe les Seigneurs concédaient pour une rente modique des lots de terrain de 2 à 3 arpents de front sur 20 à 40 arpents de profondeur.
(2) Les Rapides des Cèdres se poursuivent depuis la Pointe à Biron jusqu’à la Pointe à Coulonges.
et Pollux (1) détournent les navigateurs, de ces eaux dangereuses. Le génie de l’homme, cependant, sait là comme ailleurs braver la colère des eaux et dompter la fureur des flots.
Pourtant, il faut parfois répéter cc que Delille traduisant l’Enéide, dit du vaisseau d’Oronte :
Oronte sur le sien, tel qu’un mont escarpé,
Voit fondre un large flot; par sa chute frappé, Le pilote tremblant et la tête baissée,
Suit le flot qui retombe ; et l’onde courroucée Trois fois sur le vaisseau s’élance à gros bouillons, L’enveloppe trois fois de ses noirs tourbillons ; Et, cédant tout à coup à la vague qui gronde, La nef tourne, s’abîme, et disparaît sous l’onde.