‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 27 sur 70 · DELILLE · texte numérisé non relu

DELILLE

À quelque distance des Cèdres, mais plus près de St-Timothée, le St-Laurent, fait à quelques centaines de pieds de l’île aux bouleaux, une chute splendide. Les eaux tombent dans un gouffre large et profond. Au bruit de ces eaux on se rappelle les paroles de saint Jean dans Apocalypse : J’entendis comme la voix d'une

(1) Dieux titulaires de la navigation.

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grande multitude, comme la voix de grandes eaux, et comme de grands coups de tonnerre.

Le bruit des eaux de la chute aux bouleaux(1) comme celui des eaux de l’Apocalypse dit bien haut: Alleluia; Il règne le Seigneur, notre Dieu, le Tout-Puissant.

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Le village des Cèdres est fort ancien.

Il tire son nom de deux cèdres sous lesquels se donnaient rendez-vous les bateliers qui voyageaient entre Montréal et Kingston.

Avant le canal de Beauharnoïs, sur la rive sud, ce village était très considérable, le trafic se faisant de son côté.

Son nom canonique est St-Joseph.,

M. Johnny Waters, ancien hôtelier de la place, possède un manuscrit de son père dans lequel celui-ci a relaté ce qui s’est passé aux Cèdres pendant un grand nombre d'années. Il me faudra mettre un jour la maiïn sur ce trésor.

(1) Les bateaux à vapeur, en route pour Montréal, passent près de l’île aux bouleaux et de la chute aux bouleaux. Le vaisseau en cet endroit monte et descend comme sur les hautes vagues de la mer.

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Un bateau à vapeur qui va jusqu'à Montréal touche les Cèdres deux fois par semaine. La station des chars est À près de deux lieues, dans là Concession de St-Dominique.

La population du village est de 210 personnes, celle de là paroisse de 1300 personnes, ce qui donne à peu près 1000 communiants.

Les habitants des Cèdres sans être des dévots de Ler ordre ont cependant le véritable esprit chrétien.

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Le Rév: J. Plessis-Bélair a succédé aü Révd M. Roux comme curé de la paroisse. Il eut une année comme vicaire le Révd M. Beauchemin, ce qui faisait dire : que les habitants des Cèdres avaient alors tout à la fois beau chemin et bel Girl (1)

Le Rév. J. Plessis-Bélair a déjà fourni une longue carrière. 1 fut successivement curé à St-Jeah dé Matha et à St-Gabriel de Brandon.

(1) Voilà ce qui s’appelle jouer aux homonymes. Les amateurs trouveront à ce point de vue une mine d’or dans un Dictionnaire des Homonymes qui vient de paraître, œuvre de M. Charles Baïllairgé, de Québec. Ce volume est:en vente au bureau de l'Etudiant et du Couvent, Collège Joliette, Joliette, P. Q.

Le curé des Cèdres est un type de bonté et de générosité : c’est un peu ce qui fait qu'il n’est guère riche aujourd’hui, après plus de 30 ans de ministère curial. L'important est de thésauriser au ciel ! M. Bélair a présidé à la construction de la nouvelle église et à fait bâtir un joli couvent. Espérons qu’un presbytère un peu plus en rapport avec les progrès du siècle ne se fera pas trop longtemps attendre.

M. Dufour, vicaire, ne fait que d’entrer dans la vie sacerdotale : verte jeunesse, pleine de sève et d'activité M. Dufour aime l’aviron et le coup de fusil.

J'aime aussi l’aviron :

Trente légers vaisseaux D'un tranchant aviron coupent déjà les eaux.

( BoILEAU. )

Quant au fusil, jen suis peu, les diplomates

en font de nos jours un si mauvais jeu.

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