‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 34 sur 70 · ANDRIEUX · texte numérisé non relu

ANDRIEUX

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Du reste, ici comme ailleurs, ce n’est pas seu- :

sus... … RE PR NI AUDE LS 8

Tantla chose en preuves abonde. AIR 7 ; lu faut, autant axon peut, obliger tout le monde ; 3 LS

On 2 souvent besoin d’un plus petit que soi.

| Springs. Les Révérends MM. Hétu, a ; tier, Kirnan, Bruchési et Donuely vicaires, Li

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tère. La Providence lui met entre les mains ce qui lui convient à tous égards, une chaire d'Apologétique chrétienne, à l'Université Laval de Montréal. |

Monsieur Bruchési est avant tout conférencier. Il manie cependant tout aussi bien la plume que la parole. La langue française possède en Jui au Canada l’un de ses meilleurs interprètes.

Le Rév. M. Charpentier est poète à ses heures. es poésies sont fugitives ! sans doute, pour le grand nombre, car il n’est guère facile de mettre la main sur ces enfants de Thalie et de Calliope ( 1 )

(1) Muses qui présidaient à la poésie.

Ile Dupas, jeudi, 30 juin 1887

Chez le Rév. P. Sylvestre. — Mademoiselle devenue Madame. — Perdre

gon nom ! — Harmonies providentielles. — Mlle Amélia Sylves- . tre. — Les enfants sans CŒUT. — Enée. — Bijoux de la ménagère.

— Tour d’écolier.

Les professeurs du Collège Joliette et plusieurs prêtres anciens élèves de cette maison sont ici. Nous sommes les hôtes du Rév. M.

Pierre Sylvestre, Pire, sous-directeur du Collège : Joliette. Avantle dîner, nous lui présentons son portrait au crayon, avec riche encadrement ( 1 ), témoignage d'estime. C’est l’objet de la 4

réunion.

Monsieur et Madame Sylvestre font les choses avec simplicité et cordialité, comme on les fai- ne sait généralement dans le bon vieux temps. 4

ANS Re …. Dans cette ile, du reste, c’est la couleur patrlar-

cale qui domine encore.

Depuis mon dernier voyage à l'Ile Dupas, |

(1) Œuvre de M. Ruelland KT

te ] De ae est den Mme Ger-. 1.

vais (1)et Mlle Anna Sylvestre a laissé ce ‘ . nom pour celui de Mme F.-X. Plante. Perdre son nom est pour l’homme de cœur et d'honneur un immense sacrifice ; c’est pour la femme, au | contraire, une gloire ! La fille d'Eve fait ce sa- |

crifice tout aussi facilement qu’elle à fait, plus « jeune, le sacrifice de ses dentelles et de ses bouts de ruban pour donner bel air et bien-être à sa 1 chère poupée ! - 4 La raison de toutes ces harmonies. mystérieu-

ses est dans la sagesse du grand Dieu qui, faisant toutes choses avec nombre, poids et mesure, ordonne toujours les moyens à la fin. L'étude . des choses qui s’appellent et se répondent dans ; l’ordre moral conduit à l'existence de Dieu tout “ comme le spectacle des choses physiques.

‘“ Interrogez toute chose et voyez si chacune ne porte en elle, d’une manière ou d’une autre, le cachet divin. ”

SAINT AUGUSITIN.

(4 ) Elle a laissé depuis la terre pour un monde meilleur.

Mademoiselle Amélia Sylvestre, la plus jeune et le Benjamin, figure riante et posée comme celles de ses aînées, aura sans doute son tour.

En attendant, elle va droit son chemin et donne à sa mère dans les soins de la maison, toute la force de son bras.

Dire qu’il se trouve des enfants sans cœur qui font de leurs parents. leurs serviteurs ! Les païens eux-mêmes leur font ici la lecon. N’estce pas Enée, qui, après la prise de Troie, laissant là tous ses biens, dit à son père Anchise, infirme :

Eh bien ! mon père, au nom de mon amour pour vous, Laissez-moi vous porter, ce poids me sera doux ; Venez, qu’un même sort tous les deux nous rassemble ;

Venez, nous périrons ensemble, ou nous vivrons ensemble. (1)

Ce que l’on demande aux enfants, c’est de partager au moins dans une mesure et suivant leurs forces les travaux de la maison. Les jeunes filles en vacances doivent être plus scrupuleuses encore que les autres sur ce point, vu que durant . l’année scolaire les parents sont privés de leurs services.

(1) Virgile, traduction de Delille.

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4 Mademoiselle Amélia ne se fait pas non plus “prier lorsqu'on l'invite à jouer un morceau de piano, c’est encore une bonne note en sa faveur. » Je constate de plus et avec plaisir que les dou- 4 ceurs de la musique ne la rendent pas insensible aux harmonies du poêlon et de la marmite. Ne | me parlez jamais d’une fille qui ne voit qu'avec horreur ces deux bijoux ! de la vraie femme de 1 ménage. ’

+ M. Louis Sylvestre, député à la Chambre de à Québec, prend part à la réunion. Homme sans

- prétentions et fort aimable en conversation.

- Le Révd P. Beaudry, supérieur du Collège 4 Joliette ; le Révd M. Plinguet, curé de l’Ile Du- … pas, et le Rév. O. Guimond, son vicaire ; le ) Rév. L. Casaubon, professeur au Collège de » L'Assomption ; le Rév. KR. Bonin, curé de - St-Côme et le Rév. EF. Marsolais, C. S. V., di- » recteur de l’Académie de Berthier, sont aussi de » cette petite fête de famille.

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Le nom de M. Guimond, ancien confrère de classe au collège de Montréal, me rappelle un fait.

J'étais alors en première année de philosophie. Je recois un jour un demi-minot de pommes, je les place dans un sac sous mon lit, pour la durée de la nuit, résolu de les envaliser au matin. J'avais compté sans les revenants.

= Le lendemain matin, de pommes, point !

Nous descendons du dortoir pour nous rendre à la prière, puis à l'étude. J’ouvre mon pupitre et j'y trouve... une pomme ! Elle sortait bien du sac.

La même histoire se répéta 15 jours durant.

Parfois, les jours de congé sans doute, je trouvais deux pommes au lieu d’une,

Les auteurs de cette petite comédie restèrent inconnus jusqu’à ce jour.

Dans une de ses visites au Collège Joliette, M. Guimond fit, un jour, une confession générale : il était bel et bien avec un autre l’auteur du larcin. Les rieurs furent de son cô-

té et ils n’eurent pas tout à fait tort.

Ile Dupas, vendredi midi, ler juillet 1887

Ouf ! — L'île aux Ours. — Mes compagnons d’infortune. — Combat

acharné entre 7 hommes et 10 millions de maringouins. — Péripéties. — Détails émouvants. — Quelle façon nous avions. -— Victoire définitive des maringouins. — L'ile du Campement-décampé. — Repos mérité. -—- M. Lavigne obligé de marcher sur une clôture. —— L’île Dupas autrefois. — Histoire de revenants. —— Le Rév. Messire Plinguet.

Ouf ! ouf!! ouf!!! je suis brisé de la tête aux pieds. Nous avons fait hier une excursion

à l’île aux Ours (1) et nous avons passé la nuit

.dans cette île, à la belle étoile.

Je n’ai jamais vu nuit pareille. J'ai mainte-

nant quelque idée de ce que peut être le purga-

toire.

Plusieurs d’entre nous voulaient aller camper.

“Les anciens nous disaient : ‘“ (;ardez-vous en.

C’est la saison des maringouins. ” Nous nous

sommes obstinés, nous sommes partis quand

“même. Nous méritions d’être châtiéstet nous

l'avons été.

On se console un peu à l’idée que plusieurs

sont à la même peine. Que dis-je, après coup

(1) Cette île est à la tête du lac St-Pierre.

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on n’en rit que davantage. Quoiqu'il en soit, voici tout d’abord la liste de mes compagnons

d’infortune :

Rév. P. Sylvestre, Ptre, assistant-directeur au.

Collège Joliette ;

R. P. Boucher, C. $S. V., professeur de morale

au Collège Joliette ;

Rév. F.-X. Lavallée, Ptre, professeur de mé-

thode au Collège Joliette ; Rév. L.-A. Lavigne, Ptre, professeur de musi-

que au Collège Joliette ;

Rév. J. Laporte, Ptre, vicaire au côteau du

Hat; Rév. L. Vigneault, vicaire à St-Timothée. (1)

Nous nous partageâmes, 3 dans une chaloupe,

et 4 dans une autre. Ces chaloupes, un peu des

la famille des bateaux, avançaient en se faisant.

prier ; les rames du reste n’avaient pas toute la

longueur réglementaire.

Eu avant donc sur le St-Laurent.

1 pouvait être 6 heures de l’après-midi.

(1) Les Révds Ch. Dugas, vicaire à Ste-Elisabeth, et A. Desrochers, ] maître de discipline à Joliette, hommes de bons services qui devaient

aller aux 40 heures d’une paroisse voisine, ne purent, heureusement, prendre part à l’excursion.

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Nous avions fait deux milles de course, lorsque l'ennemi que nous avaient annoncé les anciens fit son apparition.

1, 2, 10, 20, 30 maringouins même, c’est peu de chose après tout. Nous nous enveloppons la tête dans de larges mouchoirs et... vogue mon bateau.

Après avoir fait 3 milles (4 kilomètres) nous passons entre 2 ou 3 îles fortement boisées. A cet instant, un bruit formidable se fait subitement entendre ; on aurait dit de nombreux tuyaux d'orgue de la basse, soufflant ensemble. Les maringouins, maîtres de ces lieux, étaient les auteurs de cette musique. Il y avait là, disons 50,000 pieds cubes de maringouins, ce qui à 125 maringouins par pied donnait un total de 6 millions 250 mille maringouins ! Après quelques exclamations, il y eut un moment de silence causé par la stupeur, puis. de vigoureux coups de rames. Il fallait à tout prix sortir de ce guépier. Nous en étions assez loin et toujours cependant nous entendions le bruit d'ailes de l’im-

mense volier.

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En moins de 20 minutes de course, nous fûmes au terme de notre voyage, mais nos misères

ne faisaient que commencer.

Il était près de neuf heures. Les étoiles se faisaient rares au ciel Nous mettons le pied sur l’île aux Ours. De hautes herbes nous barrent le chemin. Nous avancons à tâtons. Nous savons qu’il y a tout près une grange en ruine ; la voilà, nous y déposons nos paniers. Nous mavons pas à craindre les ours qui ont déserté

cette île depuis longtemps, chassés sans doute

par la férocité des indigènes. Du reste, deux ou

trois ours, sur les bras, nous auraient donné moins d’embarras que ce qui nous attendait.

S'il est une terre pour chaque famille d’insectes, j'ose dire que l’île aux Ours est la terre des maringouins, tant ils y sont nombreux et despotes. À peine avons-nous déposé nos paniers que ces gracieux animalcules s’abattent légion sur nous. C’était le commencement de la ré-

ception. Les ténèbres du reste les favorisaient “

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