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et leur ouvraient toutes les portes.
Chacun de s’armer d’une branche de sapin, et de frapper impitoyablement les agresseurs.
Force me fut de monter immédiatement mes jambes de bas par-dessus mes pantalons, afin de mettre mes genoux à l'abri.
I n’y avait pas à lambiner, il fallait au plus tôt chasser ces suceurs de sang.
— Allons, les amis, des fagots.
Chacun apporte le sien.
La lumière se fait avec accompagnement de fumée.
Pendant quelques instants, nos ennemis nous donnent un peu de repos— la fumée sans doute leur donnait des nausées. Il nous fut donc possible de nous installer et de causer un peu. Nous avions à notre disposition des planches, des couvertes et des oreillers. Chacun de se faire un petit lit près du feu et de prendre une beurrée
avec un verre de bière.
Il est dix heures.
Halte-là ! semblent alors nous crier nos suceurs de sang. Les 6 millions 250 mille maringouins que nous avions rencontrés plus haut étaient-ils venus au secours de leurs frères de l’île, je l1gnore, n'ayant pas eu le loisir d'étudier la question ! toujours est-il qu’en dépit de tous les fagots nous fûmes de nouveau envahis.
Nous avions à travailler sans cesse pour ne
point être piqués ; les piqûres cependant se multipliaient ! Tout ce que nous avions de linge fut mis à contribution pour nous envelopper. Vaines précautions, nos petits buveurs de sang nous retrouvalent toujours le nez, les yeux, les oreilles, les mains.
I n’y avait pas à redescendre le fleuve, on tombait en plein lac Saint-Pierre. Le respect humain d'autre part nous empêchait de retourner sur nos pas. Partir pour camper et ne fai-
re que décamper !