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I] n’est cependant pas à propos pour le fidèle de s’engager dans d’interminables discussions avec nos frères séparés. Beaucoup de catholiques, je crois, ont ainsi perdu la foi. Il est aisé de faire une objection, 1l n’est pas toujours faci-
le de la résoudre. Pour répondre à une objection tirée de l’Ecriture Sainte, il faut distinguer tout ce qu'il y a dans le texte objecté, affirmer sous tel point de vue, nier sous tel autre point de vue. La connaissance des textes qui suivent et qui précèdent le texte dont on fait con est également nécessaire dans une foule de cas.
Le premier venu ne doit donc pas se hasarder,
d'autant plus qu’on ne peut reprocher au simple
fidèle l’incapacité dans laquelle il se trouve de » ne pouvoir réfuter directement toute objection. |
De fait le catholicisme procède par voie d'au-
4 torité, tandis que le protestantisme procède par 0e - voie de libre examen. |
… Ainsi, “ le catholique, comme nous le disait si * bien le R. M. Brugère (1) tire sa doctrine de l'Eglise ; le protestant, au contraire, tire son église de la doctrine ” ; c’est ce qui fait sans doute
4 qu’il y a chez ces derniers tant d’églises !
Le catholique peu instruit n’a qu’une chose à
4 répondre : Je crois ceci, je crois cela, parce que l'Eglise catholique, qui est infaillible, me dit n qu'il en est ainsi. |
… Si quelqu'un s’objecte à cette infaillibité de … l'Eglise, le fidèle pourra répondre : | —. Jésus-Christ a promis l’infaillibité à l'Eglise
lorsqu'il a dit aux dépositaires de l’autorité :
(1) Le Révd Louis Frédéric Brugère, professeur de théologie au sé-
… minaire Saint-Sulpice de Paris, est décédé le 11 avril 1888 Le Révd — M. Brugère est l’un des hommes remarquables de notre siècle. Ce — n’est pas l’affection de l'élève pour son professeur qui me fait ainsi “parler. Les principaux ouvrages de M. Brugère sont : Traité de la “vraie religion (en latin) ; Traité de l'Eglise ( en latin); Histoire del’Eglise (en français). Ces ouvrages font preuve d’un jugement … sûr, d’une méthode admirable et d’une vaste érudition. Voir l’article …— L' Abbé Brugère daus l'Etudiant d'avril, 1889. " À 11
ie POINT (DC Lac XXIT, 31, 32 . “e
Aux apôtres ensuite :
Ù fernales ) NE PRÉVAUDRAIENT JAMAIS CONTRE ELLE. ‘ Math, XVI, 18 se
ne © Ce qui à manqué à Pierre, ce n’est pas la foi, mais se courage dE confesser la foi. K
Le. (S. … Fa 0
Mais me voilà loin, bien loin äe mon premier. sujet : la présence réelle.
4 Certains ministres s’étonnent lorsque nous de 3 sons que le Christ qui est dans l’hostie est celui Du a été crucifié par les Juifs. po …. — Mais le Christ crucifié, s'écrient-ils, avait . 4 au moins 6 pieds de hauteur et votre hostie
n’a que quelques pouces de diamètre !
— Tout doux, fils du libre examen, Are J'ai six pieds de hauteur; mon Âme est dans out mon corps et dans toutes les parties de mon rps ; cette âme diffère-t-elle de l’âme que j'avais y a 33 ans alors que mon corps ne mesurait
que 18 pouces ? Mon âme d'aujourd'hui était
… gourd’hui ? AUS Le MONS 1
Le Chat à qui i est us lhostiete c'est 1) Christ avec son corps glorifié, corps qui put sortir du tombeau sans que la pierre en fût levée, corp qui put s’introduire, portes closes, dans le cénacle. 0
Les corps olorifiés ont une manière d'exister. ; qui n’est plus celle des corps passibles. Le COps | du Christ par conséquent, dans son état glorifié 4
est autant lui-même dans la petite hostie, que
mon âme était elle-même dans mon petit Corps
d'autrefois.
Attendons encore un peu la pleine lumière
des cieux; elle nous fera voir bien plus claire
ment et sans raisonnement.
. Mettez ensemble trois femmes qui se connais ” sent un peu, elles parleront trois heures duran 4 sans dérougir. C’est ce que j'ai constaté aujourd’hui pour la xième fois. Il ny a point de
Une térion ar se présente à mon On parle aujourd’hui d'introduire les emmes dans la vie publique en leur donnant le
droit de vote aux élections municipales, etc. Si.
a vie intime leur donne tant de matière à con-.
versation, que serait-ce donc de la vie du dehors? y songe-t-on ? Veut-on à tout prix que le ména-
» ge ne se fasse plus et que les enfants ne soient plus élevés, et que le diable soit dans la boutique - du matin au soir ?
| … Je crois avec Madame d’Epinay que
__ Le nombre des femmes courageuses est aussi grand
QE
que le nombre des hommes poltrons.
Mais je crois aussi avec Camille Doucet que
Pour améliorer la condition des femmes, il ne faut as commencer par en faire des hommes.
“Les Cèdres, Inndi 11 juillet 1887
Comme quoi l’homme ne doit jamais ètre fier. — André Theuriet. Que l’on est souvent injuste à l’égard de ses amis. — Un mot a sujet d’un ex-professeur de sciences au petit séminaire de Ste Thérèse. — Mon premier coup de fusil. — Un livre édifiant.
qu'avec beaucoup de choses. Il a donc bis tort de se flatter et de se glorifier de ses œu-
vres |!
* pe :
J'ai commencé, pour information, la lecture du Mariage de Gérard par André Theuriet, C’est | bien ie au auteur cependant n’a pas sufh- |
tiq ues, 1 ee qu'il met en scène tntoie 4
’ façon Mademoiselle,
blanches. Pure imagination sans doute que | oi cela. Il n’en reste re moins dans Yep
l'égard de ses amis
… On est souvent injuste à
Je vais, je suppose, dans telle paroisse, voir
EL ami X. Je m'attends à recevoir une invitation à diner ou à souper, Rien! Aï-je droit
| | de m'en froisser ? Non. X brûlait peut-être du
à | désir de m'inviter. Il ne la point fait. Pour | quoi ? Parce qu’il n’est pas le maître; parce que,
È en cherchant à me faire plaisir, il s'expose à fai-
ie
- re déplaisir à plusieurs autres avec lesquels il
doit compter.
Dans les familles, en effet, les gens de la maison ne sont pas toujours disposés à recevoir ; il
y a des heures où ils ont horreur du poêle et de Ja cuisine. Du reste, dans certaines circonstances, ; humeur fait défaut chez celui-ci ou celui-là, 4 hez celle-ci ou celle-là ! .
- Les provisions peuvent aussi faire défaut. On
imagine si souvent, à tort, qu'il faut un bœuf, eux moutons, trois dindes et quinze poulets
pour recevoir un homme.
En semblable oceurrence, ti facile pour X ; d'inviter un ami ? Ton 'est donc pas coupable ;
d'indélicatesse, il ne fait que se rendre à la né-. cessité. |
Je rencontre ce soir, au presbytère, M. Ge vais, ecclésiastique. Il parle de M. de Repenti- À gny,curé d'Hinchinbrooke, ex-professeur de scien-
ces au petit séminaire de Ste-Thérèse. M. de. “ Repentigny a composé d'excellents traités sur la.
physique, l’agriculture, ete. Pourquoi ces tra
tés ne sont-ils encore que manuscrits ?
M. Gervais me fait l'effet d’un jeune homme sérieux et studieux. | 0 e
à de Pole Paf.…….… Tout est resté intact è
Décidément, je ne suis pas né soldat.
. ie de ie sage ciel vertueuse Bartholommé e
Les Odres ra 12 juillet 1887.
Mer J: -S. dun __ Les mauvais feuilletons. — Mgr Ray OA ce tie romans, en 1874.— La lecture des romans depuis 187. — Respo nsabilité. — Ce que c’est qu’un bon livre d'après La Bruyère. — A Conseil. —Interprétation charitable à Pégard de nos journalistes: ï nl qui et poNFanoi les deux publications 1’ Etudiant et le Co ven
qui fut à la fois : patriote, instituteur, littéra- | teur et PS ne Mgr J.-$. sn «ré
ù du nos journaux.
Mar Raymond écrivait en 1874
| “I] en ju Le si ta reli gion ne ibn pas | au 1 Secours ou. de la littérature, celle-ci va bientôt mettre la société dans un état intellectuel et moral qui lui prépare et des ignominies et des désastres. M. de Bonald a dit ‘une parole fameuse : la littérature est l'expression de … la société : ainsi quel indice de dégradation chez un peuple, qu’an goût littéraire auquel on n'’effrirait que des romans, des drames, du caractère que j'ai signalé (l re | Et ne peut-on pas dire aussi que la société est la réa- : lisation de la littérature ? ses mœurs deviennent cel- … les dont elle trouve l’expression dans les livres, objet … on de ses lectures. NO Où en serait dans un prochain avenir notre propre pays, si ces œuvres au fond immoral et à la forme affranchie de toute règle,dont se compose en grande partie la littérature française contemporaine, venaient à … l’envahir? On les retrouve en plus ou moins grand nom … bre dans certaines salles de lecture ; on les a vues s’étaler * sur des tablettes de libraires: malheur à la jeunesse qui va pervertir là sou esprit et son cœur. Je dois le … dire : l’opinion publique de notre patrie, si honnête encore, parcequ’elle est si religieuse, anathématiserait des productions licencieuses. Mais on voit s’introduire de plus en plus un goût pour le roman, qui d’abord dénote un certain affaiblissement des forces intellec- tuelles et morales, et qui, devenant une passion, se- … rait en proie à une soif d'émotions, que l’on cherche- " rait bientôt à désaltérer à des sources impures, auxquelles peu à peu on ne ferait plus scrupule de sabreuver ( 1 ). ?
(1) Nécessité de la religion dans l'éducation, page 30.
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Ce que Mgr Raymond craignait nous menace de plus en plus. |
Depuis 1874, en effet le roman a fait énormément de chemin chez nous. On le trouve bien souvent dans les mains du jeune homme, et non moins souvent dans les mains de la jeune fille.
Les publications à feuilletons se multiplient sans mesure. C’est un malheur. (Ces feuilletons, bien souvent, ne sont ni choisis, ni épurés. C’est un malheur plus grand encore.
Les rédacteurs de ces publications songent-ils au mal qu’ils font aux âmes et à la patrie ? Songent-ils au compte effroyable qu'ils auront à rendre à Dieu ?
On veut être agréable au lecteur, c’est bien, « mais n'oublions pas que l’agréable, n’étant qu’une forme du beau, doit être comme lui {a splendeur du vrai et du bien.
‘ Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l’ouvrage,
il est bon, et fait de mains d’ouvrier. ” LA BRUYÈRE.