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Donner aux élèves les éléments des sciences

20. Développer leurs facultés, afin‘qu’au sortir des écoles ils soient en état de s’avancer, en proportion

APE RES a

sie.” (page 184). . à QUES BALMES.

Le célèbre auteur de la Législation primitive

n’a pas une doctrine différente :

& Que saura donc le jeune homme en sortant du collège ? Rien, pas même ce qu'il aura étudié ; car que peut-on savoir à dix-huit ans ? Mais si la nature a secondé l'éducation et l’éducation la nature, il aura l'esprit ouvert ; il aura la connaissance d’un ordre, des sentiments d'affection envers ses semblables ; il aura l'habitude de l’obéissance, de l’obéissance surtout. car c’est ici un avantage auquel nul autre ne

peut être comparé. 7 DE BoxaLp.

Ce grand penseur ajoute un peu plus loin :

“ L'éducation d’un jeune homme 2 réussi, si elle lui a donné les dispositions nécessaires à acquérir les con- . naissances de son état, et surtout à en pratiquer les

vertus. ” Le baron de Gerlache, publiciste belge distin-

gué, écrit de nos jours :

“ Le but de l’enseignement est de donner aux jeunes gens la clef des sciences et surtout de leur former -

l'esprit et le jugement. ?

L’écolier donc qui a fait un cours d’études, suivant les saines traditions, n’est ni un savant ni un homme, mais il a tout ce qu’il faut pour faire l’un et l’autre.

‘ Si les Jésuites tiennent aux anciennes méthodes, écrit l’annotateur des Pensées de De Maistre, c’est qu’ils tiennent à faire des hommes. ”

C’est cela. Faisons comme eux et laissons

dire.

“ Nous accusera-t-on, s’écrie Dom Benoît, d’être les ennemis des sciences. humaines ? Maïs on pourrait avec autant de raison accuser un musicien où un peintre de mépriser l’escrime ou la gymnastique, parce qu’il ne consacre pas la moitié de son temps à ces exercices. C’est un vieux proverbe : in omnibus respi. ce finem : en tout il faut savoir se borner, pour ne pas négliger le principal au profit de l’accessoire. Un prêtre ( par exemple ) doit exceller dans la connaissance de l’Ecriture Sainte et des Pères, dans la théologie, le droit canon et l’histoire ecclésiastique ; pour les sciences humaines, il lui suffit de connaître ce que doivent savoir des esprits cultivés, c’est-à-dire d’avoir des notions générales. ( I )

(1) Les Erreursmodernes. IT 416.

Ce qui doit attirer attention au Canada, c’est le choix des professeurs. Il ne suffit pas d’avoir un peu de bonne volonté pour Ôtre capable de façonner un enfant à l’image de l’homme parfait. (1) | |

(1) Pour donner les éléments des sciences, dit Balmès, il suffit d’un maître médiocrement

instruit.

Quant au développement des facultés du jeune homme,le philosophe espagnol exige des hommes d’un mérite véritable,vu les difficultés de l’entreprise :

‘ Celui qui regarde les jeunes intelligences confiées à ses soins, non comme des toiles neuves sur lesquelles on esquisse quelques traits plus ou moins marqués, mais comme un terrain qu’il peut et doit rendre fer-

tile, à celui-là incombe une œuvre plus élevée, un plus difficile labeur. Etre à la fois clair et profond,

intéresser et instruire, unir les combinaisons à la sim-,

plicité, conduire les intelligences par des chemins) faciles, et leur enseigner en même temps à vaincre les

difficultés dout la route des sciences est toujours hé-

rissée, signaler les défilés par lesquels ont passé les inventeurs, les obstacles qu’ils ont franchis ; inspirer le goût, l'enthousiasme du beau, qui est la splendeur du vrai : donner au talent la conscience de ses forces sans surexciter l’orgueil ; soutenir les faibles et dé-

Le professeur digne de ce nom doit joindre à

couvrir jusque dans les défauts les germes du bien, telle est la tâche de celui qui regarde l’enseignement, non comme une moisson qu’il doit récelter lui-même, mais comme une semence d’avenir ; tâche sublime, mais souvent ingrate, et qu’il faut remplir sous l’œil dé Dieu. ”

Et plus loin :

# L'homme est un microcosme. Ses facultés sont nombreuses et diverses et il a besoin d’harmonie : or, point d'harmonie sans une juste combinaison de toutes choses ; point de juste combinaison à moins que chaque chose ne soit à sa place et n’entre en mouvement ou ne s'arrête à propos. On a comparé l’pomme à une harpe ; let facultés de son âme sont comme des cordes harmonieuses. L'homme laisse-t-il inactives quelques-unes de ces facultés, l'instrument est incomplet ; ille met en désaccord s’il les tend outre mesure ou s’il les touche d’une maïn inhabile. La raison est froide, maïs clairvoyante : échauffez-la sans l’obseurcir. Les passions sont aveugles, mais pleine d'énergie ; dirigez-les, mettez leur énergie à profit. L’entendement assujetti à la volonté, la volonté assujettie à la morale, les passions soumises à l’entendement et à la volonté, toutes les facultés éclairées, dirigées par la religion, voilà l’homme complet, l’homme par excellence ! En cet homme la raison dirige ; elle éclaire de son flambeau les réalités de la vie: l’imagination tient le pinceau et fournit

les couleurs, le sentiment vivifie, la religion divinise. 21 :

AO

l’âge , la science, la méthode, la patience, la dou-

ceur et l'esprit d’observation.

On ne paye jamais trop cher un bon profes-

Seur.

Avec les salaires minuscules que l’on donne,

au Canada, il est difficile de s'attacher pour

longtemps à un établissement ; on aime à avoir plus de cinq centins devant soi, en cas de ma-

ladie, ou de nécessité des proches.

Dans les conditions actuelles, $100.00 par an, je doublerais le salaire après 5 ans de professorat ; je le triplerais après 10 ans. La proportion serait donc : $100.00, $200.00, $300.00.

Soit dit sans reproches, car nos maisons d’éducation, en général, sont pauvres.

Heureusement pour notre pays que l'esprit de sacrifice a pu suppléer jusqu’à ce jour au défaut de capitaux.

M Nico

Si je meurs riche—il y à plus d’une prophétie

à l’encontre— je veux mettre en banque un ca-

pital dont l'intérêt sera pour les professeurs de de

collèges !

Je puis parler de la question des salaires avec d'autant plus de liberté que les circonstances me forceront bientôt à laisser l’enseignement.

Un autre point qui mérite aussi l'attention, c’est l'argumentation philosophique. Rien n’est plus propre à délier l’esprit, à le fortifier et à le faire pénétrer dans les coins et recoins de la philosophie. :

L'étude de la philosophie a fait chez nous

d'immenses progrès depuis 10 ans ; l’argumen-

tation philosophique a fait aussi du chemin, es

pérons qu’elle en fera de plus en plus.

Les Cèdres, samedi, 6 août 1887

Ils .ne s’en aperçoivent plus. — De la dentelle pour avoir. — Grave ! — Trois dictionnaires. — Une jolie église.

Il y a des gens qui ont tellement l’habitude de mal parler du prochain qu'ils le font, dans certains cas, sans même y penser.

Demandons-nous donc chaque soir : “ Ai-je parlé mal du prochain, aujourd’hui ” ?

Les journalistes comme les autres, feront bien de se poser aussi cette question.

On me disait aujourd’hui de Madame X :‘“ Que son mari vienne à mourir, elle n'aura pour tout avoir que des robes, des dentelles, des chapeaux et des plumes !”

Ne peut-on pas dire la même chose de plu-

sieurs autres femmes 2?

Une dame étrangère parlant d’une ville du

Canada disait aujourd’hui devant moi: “ Les jeunes femmes y sont moins sérieuses que les

jeunes filles i”” Cela m'a fort surpris. Les jeunes femmes ne doivent-elles pas être les premiè-

res à donner l'exemple aux jeunes filles ?

Le manuscrit du Dictionnaire des verbes vrréguliers n'avance que peu.

Trois dictionnaires sont aujourd’hui sur le métier, et, chose assez curieuse, ce sont trois Baillairgé qui s’en occupent !

Mon père travaille à un Dictionnaire technologique ; Ch. Baillairgé, son frère, termine son Dictionnaire des homonymes,et moï,je m'amuse aux verbes irréguliers ! |

+ + # L'église des Cèdres me frappe toujours par son bel extérieur. À l’intérieur, la voûte est aussi fort gracieuse. Quant à la décoration du chœur, elle me va peu.les statues pour le grand nombre sont loin d’être, à ce qu’il me semble,artistement

encapuchonnées,

Les Cèdres, dimanche, 7 août 1887

Savoir se taire.— Pierre Cholet. — A l’occasion de quelques visites.— Ce jeune ivrogne peut-il courtiser votre fille ?

Si vous êtes jeune et si vos œuvres ne sont qu'ordinaires en fait de littérature, gardez-vous, devant confrères, de critiquer plus vieux et mieux posé que vous, car, une fois absent, vous vous ferez déchirer à belle dent et non sans raison. La jeunesse du reste, règle générale, doit être lente à se prononcer. L’appétit vient en mangeant dit l’adage, la sagesse, elle, vient en ne mangeant pas ou mieux, elle vient en attendant. |

Pierre Cholet où l'enfant perdu et retrouvé, œuvre du Révd M. Proulx, se vend beaucoup et se lit avec grand intérêt. Bon ouvrage à mettre dans une bibliothèque paroissiale et dans une bibliothèque de famille. — Le héros de l’histoire. est d’une paroisse voisine, St-Polycarpe.

ere

J'ai fait aujourd’hui plusieurs visites. Les Ca- nadiens observent bien le repos du dimanche, On trouve partout : paix, toilette ct gaieté. Les anciens disparaissent peu à peu. Les figures nouvelles se multiplient.

Au milieu de ce renouvellement incessant de l'humanité, on sent une marche forcée de l’homme vers l'éternité et l’on comprend que la seule chose importante et stable, pour le moment, c’est le salut.

Qui a bu boira Jeune homme, ne buvez point et vous ne boirez jamais. C’est presque une vérité de M. fe la Palisse.

Madame, puisque ce jeune homme boit, fermez-lui votre porte, c’est le seul moyen de le corriger ou de vous en débarrasser.

Le recevoir, c’est travailler au malheur de votre fille ou lui faire perdre un meilleur parti.

Si toutes les bonnes familles s’entendaient

Les Cèdres, lundi, 8 août 1887

- Les mites du monde moral, comment on les chasse.

Les prêtres du diocèse sont en retraite au Grand Séminaire de Montréal.

Il faut,chaque année,se tourner à l'envers afin de constater si les mites ne se sont point mises’ dans les plis et replis de la conscience.

Dans les temps ordinaires de la vie on se voit ; dans le temps de la retraite on se regarde, ce qui est mieux.

S1 l’homme fait parfois des sottises, c’est parce qu’il sort trop de lui-même ; la retraite en nous poussant au fond de notre être prépare un juste milieu qui rétablit l'équilibre.

Faisons donc en petit, ici, ce qu'ils font en \ grand, là-bas.

Les Cèdres, samedi, 13 août 1887

Point d’étiquette. — Avant de donner. — Son rêve! — Gros nez. — Elles ne s’en doutaient pas. — Caledonia Springs.

Plusieurs ont le talent de ne point répondre aux lettres qui leur sont adressées. C’est un manque d'éducation.

x *% Avant de faire des cadeaux consultez donc ce que vous devez, puis ce que vous pouvez.

* * * “ Mon rêve,disait naïvement mademoiselle C., à mes sœurs, c'est de me décolleter.” Heureusement qu’elle a une maman qui ne la laissera pas rêver !

À quinze ans cet enfant aura le nez gros comme un œuf. Pourquoi ? Parce que sa chère ma-

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