‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 58 sur 70 · A es - Yi AE · texte numérisé non relu

A es - Yi AE

man n’a pas assez d’antorité pour l'empêcher de s’y mettre à chaque instant les doigts.

J'ai remarqué deux jeunes filles dont l’une s’est passé les mains sur la figure ou dans les cheveux 13 fois en deux minutes, et l’autre 72 fois en © d’heure. C’est du ridicule à la 7ième puissance. Ces deux demoiselles ne savaient pas qu’elles avaient cette vilaine habitude. Elles le savent maintenant ! Entre petits parents, 1l est bien permis de se donner conseil ( 1 ).

On me conseille les eaux sulfureuses de Calédonia Springs, Je laisserai donc encore une fois :

la maman, Blanche, Frédérica, les Rapides, etc.

(1) L’habitude de se passer les mains dans la figure est nuisible à la peau et la cause de plusieurs maladies.

La Prairie, dimanche, 14 août 1887

Le Rév. F. Bourgeault. — Rév. A. Lacasse. — Mile Barbe. — Félanise. CNT Joseph. — Le chien. — Les chats. — Visites — Ilest bien permis d’allonger un peu son chemin, pour voir de bonnes anciennes connaissances !

J’aime à revoir ce village où se sont écoulées les trois premières années de mon ministère.

Le Rév. M. Bourgeault, curé de La Prairie vieillit peu. C’est le cas de dire : “ le travail ne tue point ”.

La Prairie compte 2000 communions, ce qui suppose une population de 3000 âmes. Le village seul renferme 1400 âmes.

Le Rév. M. Lacasse, vicaire,conserve,en dépit d’une froideur apparente, les bonnes manières qui sont le fruit de la bonne éducation. Il n’est à La Prairie que depuis trois mois.

Mlle Bourgeault, sœur de M. le Curé, porte allègrement ses cinquante et quelques années. |

Félanise Masson, satisfaite de ses longs états M

de service, a laissé la poêle pour la berceuse ! elle se contente de manger tranquillement le contenu de la marmite, tout en donnant de loin en loin un petit coup de main.

Marie Beauvais est le bras droit de la maitresse. Elle accomplit l’œuvre de Marthe avec un soin scrupuleux et religieux.

Joseph Masson veille à l'écurie ; il a bon œil et bon bras. Respectueux pour les cheveux oTisonnants de Félanise, il ne la dispute plus comme autrefois. Il est toujours passionné pour la lecture des journaux : heureusement qu’il entremêle quelques lectures plus sérieuses, car il n’en saurait guère plus aujourd’hui qu’il y a dix ans.

Pompée, gros chien noir frisé, accomplit encore son devoir, Ce serait le plus heureux chien de la terre, si les puces ne faisaient gîte sur sa peau. Voyez comme il se frôle près de vous et comme il arrondit le dos. Il veut être délivré d’une vieille puce qui le pique un peu plus fort que les autres.

Mine ! Mine ! ! Mine!!! trois chats jauneblanc répondent à mon appel. Cette belle race :

pu pol ju

chats d’Espagne, -se conserve bien au presbytère

de La Prairie.

Je fais visite à plusieurs citoyens de la place.

Le temps fait trace sur bien des figures. Ce spectacle rend pensif ; c’est la vie qui cède sen-

siblement sous nos pas.

Le Dr Brisson, maire de La Prairie, montre

un esprit pratique et d'entreprise assez peu com-

mun.

La chaussée dont on entoure actuellement la partie basse du village est un travail considérable. Cette chaussée, ainsi que les deux briseglace qui la flanquent, serviront à protéger la place contre les inondations du printemps. |

ER PR nn a er | 2e

Caledonia Springs, mercredi, 17 août 1887

Comment on se rend à Caledonia. — The Caledonia Springs Sanita rian.— Ce que l’on paye.

Je suis ici depuis mardi, Le temps passe plus vite qu'à St-Léon, j’entends pour moi, les goûts n’étant pas les mêmes.

Il faut tant se défier des jugements trop absolus.

Le plus simple, lorsque l’on veut des renseignements sur Caledonia Springs est de demander au propriétaire du Grand Hôtel, un numéro

de son journal : The Caledonia Springs Sanitarian.

J’ai pris le train du Pacifique, (station Dalhousie) à 9 h. a.m.; on peut partir aussi à 6.10 p.m. La distance à parcourir est de 59 milles, On laïsse le train à Calumet. Une petite voie ferrée nous conduit à un petit bateau à vapeur. On traverse l’Ottàwa ; on aborde à L’Orignal. Des voitures nous attendent et nous transportent à

Caledonia Springs qui se trouve à plusieurs milles dans les terres. Le prix du passage est de $4.00,

aller et retour, y compris la voiture.

Caledonia Springs est dans le comté de Prescott et dans la province d’Ontario. La popula-

tion est peu nombreuse.

Bien qu’il ÿ ait plusieurs hôtels, les voyageurs en général se retirent au Grand Hôtel, c’est celui

qui est en possession des Sources.

La pension est de $2.50 par jour, 1er étage ; 82.00, au 2ème étage ; 81.50 au 3ème étage.

A la semaine il y a quelque réduction.

/ Le prix de chaque bain est de 50 centins.

Il y a généralement un médecin dans la mai-

Page 1