‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 7 sur 70 · ROBE · texte numérisé non relu

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On pourra se faire une idée des travaux de M. Pilote et de son assistant, M. Blanchet, en lisant la correspondance que nous écrivions, sur Le Courrier du Canada, le 23 et le 25 de juillet de l’année dernière (1884).

M. le Rédacteur,

Je viens d’avoir l'avantage de passer deux jours dans la ‘ paroisse de Saint-Augustin, comté de Portneuf. J'y ai vu et admiré de belles choses; j’y ai réchauffé des souvenirs du cœur, et, sous le toit hospitalier du saint vieillard qui a charge des âmes de cette paroisse, M. Pilote, nous avons longuement causé du temps où il était le directeur bienaimé du collége de Sainte-Anne de la Pocatière époque où il me donnait le doux nom de ‘‘ son cher écolier. ”

Saint-Augustin est une paroisse presque aussi vieille que la ville de Champlain, dont elle n’est éloignée que de cinq lieues, en amont du fleuve, du côté du nord. Les registres remontent jusqu’à près de deux siècles : en 1691; mais on sait qu'il y avait, à Saint-Augustin et peu de temps après la foudation de Québec, quelques habitants desservis par des missionnaires allant de Québec dans ‘les hauts. ” Ces serviteurs du bon Dieu déposaient les rapports de leurs missions, avec actes de baptême, mariage et sépulture, soit à Québec, soit à Trois-Rivières, ou ailleurs.

L'église actuelle fut bâtie en 1809, comme l'indique le millésime gravé en chiffres romains au portail de l'édifice. À cette époque, c’est M. Lefrançois qui était curé de la paroisse. Cette maison de la prière a conservé, malgré ses 75 ans, un air de jeunesse et de propreté qui réjouit l'œil. L'intérieur est à l’avenant, les améliorations et réparations qu'on y à faites portent le cachet de l'administrateur habile et de l’homme de goût qui en est l’auteur : M. le curé Pi- lote. Un orgue puissant donne, aux jours de grandes fêtes,

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un éclat de plus aux pompes, déjà si belles du culte catholique : c’est la voix par excellence de nos églises ; c’est elle qui élève l’âme jusqu’au chœur des anges en répandant sur la foule agenouillée et recueillie des flots d'harmonie religieuse. Choron, le compositeur, a dit que ‘‘ le mécanisme de l'orgue a quelque chose de mystérieux analogue aux mystères chrétiens. ” Outre le mystérieux de ce mécanisme, il y a la voix solennelle, majestueuse et grave si propre à jeter dans l’âme toutes les voluptés de l’extase religieuse,

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