ADOLPHINE, COLOMBE
ADûLPHINE, entrant avec précaution.
Personne !.. mon père n'est pas encore levé... Colombe est àrolBce... voyons...
(Elle s'approche du mur.) COLOMBE, une bouilloire à la main.
Tiens, tiens, tiens!..
ADOLPHINE
Ciel! Colombe!
Mamzelle Adolphine déjà levée... Voilà du nou\eau et du pas clair.
ADOLPHINE
Que veux-tu dire ?
COLOMBE
Je dis : Voilà du pas clair... Croyez-vous donc que je sois aussi aveugle qu'un colimaçon borgne ?
BLAIREAU, du pavillon.
Colombe! de l'eau chaude pour ma barbe!..
COLOMBE
Oui, Monsieur, elle chauffe, (Elle trempe son
doigt dans la bouilloire.) Croyez-vous, Mamzelle, que je ne vous épie pas depuis un mois... Le matin, vous êtes toujours habillée avant les poules... le soir, quand la chandelle est éteinte dans Arpàjo" et dans l'univers entier, vous veillez encore... Et dans la journée donc!.. Vons êtes distraite, ennuyée, et vous vous négligezsur vos repas!.. M'"= Adolphine, je n'ai pas besoin de faire les cartes pour vous tirer voire liorloscope... (Gravement.) M'" Adolphine, vous êtes pincée!..
ADOLPHINE
Comment, tu soupçonnerais?..
COLOMBE
Soupçonner ma maîtresse ? Fi donc!., je suis sûre de mon affaire.
BLAIREAU, fortement.
Colombe ! de l'eau chaude, pour ma barbe !
Oui, Monsieur, elle chauffe. (Elle trempe son doi^t dans la bouilloire.) Je connais ça, Mamzelle, l'ai^été pincée, moi, par un amour qui a flw' sur mon existence. Ainsi que vous, j'étais privée de sommeil et d'appétit.
ADOLPHINE
Tu t'es rattrapée depuis ce temps-là.
gner ton négligé du matin, mets-toi sur tou trente-et-un... sur ton quarante-et-un, sur... le numéro n'y fait rien... qu'il te trouve belle!
ADOLPHINE
Oui, papa.,. Vous ne m'en voulez pas.
BLAIREAU
Puisque je n'en ai pas le temps.
Aifi du Seimt^nt.
Allons, va, ne soit plus craintive, D'être indulgent, je suis pressé, Et lorsque ton futur arrive Je dois oublier le passé,
(Adolphine sort,^