SCÈNE ÏV
BLAIREAU, puis COLOMBE.
BLAIREAU
Ce farceur de Clément qui croit me prendre pour dupe. Ah ça! j'y songe... sous quel déguisement va-t-il se présenter ? — Bien un s'il m'y prend. (Colombe apporte les assiettes et met le couvert sans parler à Blaireau.) Tiens, c'est toi. Colombe... viens ça, Colombe. (Elle met toujours le couvert. — Allant à elle.) Il boude donc, le petit cordon-bleu à papa !
(Il lui prend le menton.)
COLOMBE
Laissez-moi, Monsieur, j'ai mon ouvrage à faire.
BLAIREAU
Tu as le temps de le faire, ton ouvrage. D'ailleurs, n'ai-je pas écrit aux Pcliles Affiches, à Paris, pour demander un domestique, afin qu'il l'aide. Ce domestique ne peut tarder, et lorsqu'il sera ici, ma Colombe aura de bons petits quarts d'heure de loisir pour penser à petit maître, à elle.
(Il la lutine.)
COLOMBE , se dégageant.
Voyons, Monsieur, finissez!., ne m'agacez pas.
BLAIREAU
Que veux-tu ? J'ai un cœur qui s'obstine à ne pas vieillir... Mais au fait, je n'ai pas le temps de batifoler, je te ferai enrager plus tard. Adieu, boudeuse, je vais faire ma barbe, tu en auras l'étrenne.
(Il rentre dans Je pavillon.)