‹ M. LafleurChapitre 18 sur 22 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les Mêmes, ADOLPHINE, COLOMBE.

BLAIREAU

Ah !.. tu arrives bien... viens, ma fille, viens compléter ce tableau.'

Comment ?. .

COLOMBE

BLAIREAU

Oui, tout est éclairci!.. lu m'avais trompé, Colombe, tu m'as fait commettre des choses atroces; mais il m'a pardonné.

ADOLPHINE

Comment, mon papa, vous croyez encore...

BLAIREAU

Tiens, voilà la lettre que ce cher ami t'écrivait... regarde , signé Clément fils...

ADOLPHINE

Eh! quoi. Monsieur, vous êtes Clément fils?

Non, Lafleur,

BLAIRKAI.

Oui, j'entends : Lafleur... pour rire, mais Clément fils...

V'ià vos taquineries qui recommencent. (A Adolphine.) Il est furieusement taquin votre auteur.

COLOMfiE, riant.

Ah ! ah !

BLAIREAU

Qu'avez-vous à rire ainsi, Mademoiselle?

COLOMBE

Mais vous pataugez beaucoup... mais le Clément, levéritable Clément... je viens de le voir... et Mademoiselle aussi... tenez le voilà.

(Deux bras paraissent, une lettre d'une main et un pistolet de l'autre. )

BLAIREAU

Comment... que voulez-vous dire? (il va prendre la lettre et lit.) « A monsieur Lalleur. Simonsieur Lafleur persiste à vouloir passer pour ce qu'il n'est pas... je lui insinue une balle dans le torse... Clément (ils. »

Qu'est-ce qu'il veut encore le facteur? Je voudrais voir sa balle à celui-là.

BLAIREAU

Ah ! ça, décidément tu n'es donc pas Clément fils?

Mais non, non, non, cinquante-huit fois non!.. Mais vous devenez fatigant, père Blaireau...

BLAIREAU, étouffEnt de colère.

Mais alors, rends-moi li^on tv.ine chamois, mais alors, sors d'ici, caméléon, ou je te livre à la gendarmerie départementale... Ah! gueux!..

(Il prend son bâton ; on les sépare.)

Là, bien, voilà le grand jeu qui recommence; Colombe, tire-moi des grifl"es de cet homme barbare... Mais vous êtes enragé, mon vieux, vous vous êtes mordu.

ADOLPHINE

Papa, calmez-vous.

BLAIREAU

Mais comment se fait-il ?, .

COLOMBE

On vous dira tout. Monsieur, qu'il vous suffise de savoir... que Lafleur... que voilà... est mon prétendu... et que si vous voulez bien le permettre, nous nous marierons... le même jour que Mamzelle... avec... M. Clément fils,..

BLAIREAU

Épouse-le donc vite et débarrasse-moi de luif

COLOMBE

Et VOUS me donnerez une petite dot.

LAFLEUn.

Et à moi aussi.

BLAIREAU

Eh bien ! liens, rerevoilà mou iwine.

LAFLEUK.

Colombe, j'accepte ta main, car Tiniérèt ne fut jamais mon guide.

COLOMBE

Nous réglerons nos comptes plus lard.

cnoEUR.

Le vrai Clément, il élalt là ; Plus (le soucis, plus de mystère, Tout nous présage un sort prospère!

C'est le bonheur qui nous vient là.

LAFLEtR, au public.

Vous attendez notre couplet final :

C'est, j'en conviens, la coutume ordinaire.

Pour varier cet usage banal Nos deux auteurs n'en ont pas voulu faire.

Ils l'auraient pu, certes... il s'agissait d'un trait malin, et qui est-ce qui n'a pas un trait malin à son service? Mais à quoi bon?., votre opinion est formée, après ça, si vous voulez connaître la mienne, je trouve ça très gentil, très gentil... et excessivement bien joué... Tel est mon avis, et j'espère qu'il est partagé par tous mes camarades et surtout par ces Messieurs et ces Dames.

REPRISE

Le vrai Clément , etc.

(Cette allocution au public, peut-être remplacé, pour les représentaiions de province , par le couplet suivant.)

Ara Taudctillc de Pnviileel Tacoiiiict.

Le gros monsieur que vous voyez là-bas (Désignant Blaireau.)

M'a bien donné des tcurmcns... j'imagine, Il m'adonne de l'argent... et des coups, I! m'a donné sa fille... il m'a donné son twine... Vous, donnez-moi quelqu' éloge flaiteur; J'en ai besoin dans ces momens critiques, Si j' suis pour eux le domestique Lafleur Quej' sois pour vous !a fleur des domestiques.

REPRISE

Page 1