‹ M. Laurier devant l'histoire [microforme]Chapitre 6 sur 11 · SEE AB ER · texte numérisé non relu

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avec sagesse l'alliance du parti conservateur d'Outario qui lui offrait l'importante garantie de l’amour de l’ordre, de la paix, de la justice.

Le chef actuel de M. Laurier, M. Cauchon, fût l’un des plus fervents partisans de cette alliance qu’il appelait de tous ses vœux. Le jour où elle se réalisait, il en exprimait toute sa satisfaction.

Quel est celui qui, après une étude conscencieuse de l'histoire canadienne depuis 1854, année de la coalition, oserait dire que les Canadiens Français n'ont pas trouvé dans Sir John A. MacDonald et ses partisans des amis dévoués et constants, animés du véritable esprit de justice et mûs par des idées vraiment libérales dans le sens rationnel du mot?

Quel est celui qui oserait nier que les Canadiens-Français, depuis l'année 1850, n’ont pas rencontré dans le trop célèbre M. Georges Brown et ses adeptes, des ennemis qui ont insulté avec persévérance à leurs traditions nationales et à leur foi religieuse ?

Je laisse à la majesté des faits historiques la tâche facile de la réponse.

Je prie M. Laurier de lire le rapport du discours prononcé par M. Cartwright à la démonstration grite de Kingston, mercredi dernier. Il y lira que le lendemain où lui-même adressait son discours aux libéraux ue Québec, M. Cartwright disait à Kingston, que le retour de Sir John au pouvoir serait encore le regne de la demination de la province de Québec comme au temps de l'illustre Cartier. Ces paroles du ministre des tinances peignent à la fois le fanatisme grit et la généreuse libéralité des conservateurs.

M. Laurier a dit : «On me demandera : qu'est-ce que le libéralisme «catholique ? sur le seuil de cette question, je m'arrète. »

Oui, il faut s'arrêter eur le seuil de cette question, mais non pas pour se permettre de suite et plus loin de subtiles expiications sur ce libéralisme. Il faut s Y arrêter pour accepter avec soumission et sans conteste les enseignements de l’autorité compétente sur ce grave sujet. Il faut aussi s’y arrêter pour appuyer et défendre ces enseignements que nous n'avons pas le droit de contredire et de discuter.

M. Laurier a déclaré, apparemment au nom de ses amis politiques, que le parti libéral canadien-français est devenu l’admirateur de la constitution qui nous régit el des grands principes qui sont pour ainsi dire les matériaux de ce superbe édifice. Il accompagne cette nouvelle étonnante de’phrases”sonores.

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Mais cette coustitution que vous trouvez tout-à-coup si admirable, après l'avoir si longtemps assaillie de vos sarcasmes et de vos malédictions, l’histoire me dit encore qu’elle est l’œuvre du parti conservateur qui l’a élaborée, mise en pratique et défendue contre les attaques et les mocœueries des énergumènes que vous Ôtes forcé de désapprouver.

Pour un, je remercie M. Laurier d’avoir reconnu publiquement les grands services rendus au pays par Lafontaine et Cartier. Je le remercie d'avoir admis leur patriotisnas et leur loyauté. Je le remercie ‘ d'avoir reconnu qu'ils ont été pour ainsi dire les fondateurs au Canada {de ces institutions libres que des charlatans de réforme ont voulu * déchirer, mais que les derniers rejetons de ces extravagants sont obligés de reconnaître comme les plus belles qui exis:ant au monde. : Mais la jeunesse qui lit les journaux 1ibéra..x publiés pendant les rente * dernières années ne saurait trouver l'admiration dont M. Laurier est épris dans la presse de son parti.

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j Elle est forcée de reconnaitre que la faction libérale, réduite à ‘ l'épuisement par les idées subversives qu’elle a professées, est dans la ‘ pénible obligation d’avou.r qu'elle a marché dans une voie sans issue Let qu'elle aboutit à la répudiation de tout ce qu'elle a proposé à la popu- | lation comme le gage de la prospérité et du bonheur. Cette constitution qui mérite une admiration sincère, a aussi des limites dans lesquelles elle fonctionne. Au-dessus de la “onstitution, \il est non-seulement permis, mais c’est une obligation, de voir l’im- { muable vérité des lois divines et morales. Suivant le langage de M. | Laurier, je m'arrète sur le seuil de ce solennel principe, gros de si ! vastes conséquences. Je ne fais que le poser, sans entrer dans le long examen qu’il y aurait à faire de cette question. En outre, je veux me «limiter au cadre que je me suis tracé en commençant cet écrit.

IL y a une grande lacune dans le discours de M. Laurier, L’orateur <a fait de solennelles répudiations, d’étonnants aveux. Il n’a pas été assez

“loin. 11 semble qu’il aurait dû dire quelque chose de plus et lever le “ voile qui laisse encore enfouies dans les ténèbres toutes ces brillantes “réformes de l'avenir que le charme de la nouveauté fait quotidienne- {ment germer dans les cerveaux des adeptes du parti libéral.

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Après avoir lu ce long discours, je sais bien que le parti libéral a été, par ses idées extravagantes, indigne rle la confiance publique dans “le passé. Mais j'ignore encore quelles scnt les merveilles qu’il se pro J

pose d'accomplir dans l'avenir pour racheter les erreurs et les fautes dont il s’est rendu coupable.

Voilà pourtant ce qu’il importait de dire au public, après avoir çait les frais d’une aussi solennelle mise en scène.

Cette lacune sérieuse sera peut-être remplie dans la prochaine édition, revue, corrigée etaugmentée, du discours du député d’Arthabaska.

En terminant cette critique, plus longue que je ne me proposais d'abord de la faire, je dois conclure que c’est dans le large programme du parti conservateur que l’on trouve réellement les saines idées du progrès alliées au respect des traditions et des institutions établies. C’est dans les replis de son glorieux drapeau que reposent, comme dans une fraternelle union, la vénération des conquêtes du passé et les légitimes aspirations de l’avenir.

Il est donc naturel que la jeunesse actuelle, si bouillante de patriotisme, s’enrôle sous cet étandard de la liberté bien comprise, du véritable progrès, de la justice pour tous les intérêts politiques, sociaux, religieux et matériels des peuples de la confédération.

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