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Le parti rouge n’a-t-il pas été pour les Canadiens-Francais ce {éau dont parle M. Laurier ? N’a-til pas fait un suprôme effort pour porter, non-seulement une main légère mais aussi sacrilège, sur les institu-
| tions sacrées qui subissaient avec tant de succès dans ce pays leurs
premières années (d’éprenve ?
Ce fait est de la plus complète évidence et M. Laurier a dû admettre lui-même.
D'un autre côté, le véritable parti conservateur n'a-til pas rendu d'énormes services au pays en résistant aux propositions incongrues de ceux que M. Laurier qualifie avec raison du nom d’énergumènes ?
Il a été libéral pour obtenir et consolider le gouvernement responsable et toutes les libertés qui en découlent, mais il a été conservateur lorsque &es gens, dans le délire de leurs ridicules aspirations, ont voulu saper les bases de son œuvre immortelle.
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* ‘ politique, il ne reste que le principe du parti libéral de l'Angleterre.
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Si M. Laurier parlait réellement au nom du parti libéral dont on le proclame le chef, cet aveu a dû lui être bien pénible et tous les vieux libéraux qui l'ont entendu onteu raison de regretter leurs erreurs. Cette admission, imposée par les faits, est la preuve la plus accablante que ce parti qui sollicite encore la confiance et l'appui de la population, n'a été qu’une faction extravagante, dévoyée, impuissante et inféconde.
Lorsqu’après vingt-cinq années de lutte, un parti politique est obligé de reconnaître que tous les articles de son programme ont croulé dans
: l’abîme creusé par la réprobation générale qu’ils ont inspirée, il devrait
au moins avoir la décence de ne pas insulter le sentiment public en se donnant comme le réformateur patenté de tous les abus passés, présents et futurs.
Cependant l'admission de M. jaurier est erronée sur un point. J'ai déjà surabondamment établi que le parti libéral de la province de Québ2c ne saurait être comparé avec raison et justice au parti: lihéral anglais et à son prédécesseur le parti whig.
L'aveu de M. Laurier doit aussi convaincre tout le morde que le parti dans cette province qui a combattu avec persévérance la faction dite}libérale pendant toute sa carrière qui devait aboutir à une stérilité universellement reconnue, a répondu avec fidélité aux instincts de conservation qui sont les premiers éléments de vie au corps social.
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Voilà le conservatisme tel que je le concçois ei je &is, à l'instar d’un écrivain français : « Conserver dans le sens élevé, dans le sens vraiment « politique du mot, c’est gouverner un pays selon des règles éprouvées, «c’est respecter, c’est sauver ses grandes traditions ; c’est défendre les «institutions qu'il tient de la sagesse de ses ancêtres, contre les novateurs «étourdis, les charlatans de réforme, les faiseurs ridicules de systèmes.»
Forcé de répudier ces charlatans de réforme, ces novateurs étourdis, parce que les ruines fumantes des programmes libéraux dans cette province sont une trop énergique protestation contre les idées de ces énergumènes, M. Laurier a tenté de réduire le libéralisme à une définition qui peut d’abord paraître assez inoffensive, si les développements subséquents que l’orateur lui à donnés ne faisaient pas connaître ce qu'elle a de secret lorsqu'elle n’est pas accompagnée des explications que nous communique ce discours. Il dit que les principes de son parti n'ont rien d’'alarmant. Suivant lui, il ne s'agit que de donner libre cours à un progrès sensé, de ne pas gêner le charme de la nouveauté lorsqu'il ne suggère de modifier les institutions que par des changements que recommandent la saine raison et l'expérience.
Si c’est là ce que l’on appelle le libéralisme, je réponds de suite à M. Laurier : ce libéralisme que “ous me définissez, je ne l'ai jamais trouvé dans votre parti qui n'a fait, jusqu'à présent, que s’épuiser, suivant votre tardifaveu, dans des eflorts dangereux, ridicules, déloyaux et intempestifs. Au contraire, je le trouve couché en lettres d’or dans les œuvres du parti conservateur. C’est dans le fécond principe de con. servation et de progrès qu'il a pris place.
M. Cauchon, le véritable, le seul chef actuel des libéraux, écrivait un jour — C'était avant sa chute — : « Les principes et les institutions «qui en découlent n’ont qu’un but, celui de la quadruple protection des «intérêts politiques, sociaux, religieux et matériels d’un peuple. »
Là est le programme du parti conservateur qui a toujours su faire marcher de pair le respect de nos récentes traditions et cette espèce de libéralisme qui développe avec le temps le besoin de changements dans le domaine des choses susceptibles d'améliorations.
Pendant que le soi-disant parti libéral s’évertuait, dans de stériles efforts, à faire triompher le programme extravagant que son chef en disponibilité est contraint de qualifier de ridicule, le perti conservateur protégeait, d’un côté, nos institutions politiques et sociales contre les attentats dont elles étaient menacées ; de l’autre, il secondait avec patriotisme et ardeur les véritables aspirations libérales du peuple, en favorisant de toute l'influence de ses talents et du nombre le progrès légitime dans ces mêmes institutions. Il défendait nos droits religieux contre
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les outrages du fanatisme et il travaillait avec zèle aux dés loppements matériels du pays.
Lorsque M. Laurier attribue aux libéraux le mérite de l'abolition de la tenure seigneuriale, la décentralisation judiciaire, la colonisation, il s'empare du bien d'autrui au profit de son parti. Ces réformes, ce progrès, sont l’œuvre du parti conservateur et de l’immortel Cartier.
Après cela, je suis étonné que M. Laurier n’ait pas prétendu que c’est le parti libéral qui a sillonné le pays de chemins de fer.
Ceux qui connaissent l’histoire des quarante dernières années, savent que les libéraux ont toujours été le plus grand obstacle aux progrès matériels du pays, et qu'ils ont perdu leur temps à s'épuiser dans des rèveries que M. Laurier trouve aujourd’hui bien absurdes,
L'orateur reproche au parti conservateur canadien-francais son alhance avec ce qu’il appelle le parti tory du Haut-Canada,en l'identifiant avec l’ancien parti tory anglais.
Encore une fois, c’est une assimilation impossible et inconcevable. Il n’y a rien qui doive surpendre dans le fait que les anciens royalistes qui émigrèrent des Etats-Unis au Canada, Lors de la proclamation de l'indépendance de la république voisine, et qui furent les premiers conservateurs du Haut-Canada, ont pu avoir des sympathies pour les hom mes d’état anglais qui s’opposèrent, dans le temps, à la rupture du lien colonial. Mais avant de dire que les conservateurs d’Ontario sont des tories que l’on me prouve d’«bo:d entre ces deux partis la similitude de principes et d’idées.
Après l'octroi de la constitution de 1840 par la mère-patrie, les Canadiens-Français ont dû chercher des alliés parmi nos concitoyens des autres origines. Le parti réformiste du Haut-Canada lui donna en premier lieu des amis fidèles. ‘Toujours nos compatriotes vénèreront la mémoire de l’illustre Robert Baldwin. Aussi longtemps que ces réformistes restèrent dévoués aux grands enseignements de ce chef respecté, tout alla bien, Mais un jour, de même que dans le Bas-Canada, la tête hideuse du radicalisme effréné se leva avec audace dans les rangs de ce parti justement appelé libéral. Le fanatisme religieux se mit à l'œuvre. Iln’est pas nécessaire de rappeler les outrages que notes ont prodigués M. Georges Brown et ses adeptes.
Pour lutter avec avantage, à la foiscontre les doctrines subversives des rouges de cette province et contre le radicalisme Haut-Canadien, le parti conservateur français dût chercher de nouveaux alliés. IT accepta
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