Consermlion^ RéVohdioni Positivisme^ 2^ éditidiii p
que la révolution de février avait amené la situation à un point que les positivistes appelaient la transition, et qui formait l'unique étape entre l'état présent et un régime définitif; une autre erreur concernait les prolétaires, qui n'étaient pas en mesure de prendre et de retenir le pouvoir. Les prolétaires, en effet, il le déclara plus tard, ne sont pas le tout des classes populaires; ils n'en sont, en France du moins, qu'une portion ; l'autre portion, très importante et plus nombreuse, est constituée par les paysans. La troisième erreur concernait les socialistes, que M. Littré considérait alors comme des demi-positivistes et qui ne Tétaient en aucune façon*. «Ces trois erreurs de fait, conclut M. Littré, ôtaient toute chance possible d'application au projet de gouvernement révolutionnaire et transitoire, sans parler des obstacles qu'auraient opposés les provinces à la domination de Paris, les bourgeois à la prépondérance des ouvriers, les paysans aux systèmes socialistes ou autres. »
Avec cette théorie condamnée sur le rôle pri-
1. Conservation, Rcvolutlon, Posilivisnie^i^. Vil, 248 et 327.
vilégiô du prolétariat tombèrent toutes les illusions du môme genre qui avaient un instant hanté son esprit. Il finit par comprendre qu'il n'y avait pas de milieu entre cette grande chimère, le gouvernement direct de la mullitude aboutissant à l'anarchie ou à des dictatures momentanées, et le régime parlementaire pur et &imple. Il se rangea décidément à ce second parti et, dans les dernières années, il en devint le plus zélé défenseur. Il a plusieurs fois développé des considérations remarquables sur ce sujet : le vrai est que la m.ultitude, très apte à faire prévaloir des sentiments et des tendances, à soutenir et à sanctionner, ne l'est pas à gouverner. Plus une multitudeest nombreuse, moins elle est capable d'avoir une décision sur les choses de gouvernement ; les lumières y sont insuffisantes, les occupations privées prennent le temps de chacun; les intérêts s'y croisent sans accordé II y aurait un très grand mal à ce que la multitude gouvernât directement; il y a un très grand bien à ce qu'elle gouverne par des