Stuart Mill, la Logique^ chap. iv
sincèrement préoccupés des conditions et du sort de la morale dans le monde transformé par le positivisme. Il lui eût été insupportable de voir compromettre ou diminuer le capital de ces idées dans le tableau qu'il se faisait de la société future, régie par des lois nouvelles. Et comme ces lois nouvelles se résumaient à ses yeux dans l'avènement de la science positive, seule arbitre désormais et régulatrice infaillible de Tactivité individuelle et de révolution sociale, il lui semblait nécessaire au point de vue de la science, obligatoire au point de vue de la conscience, de rétablir sur des bases universellement acceptées ridée dejusticeet tout Tordre moral quien dépend.
Il l'essaya plusieurs fois. Dans un premier travail % préoccupé de chercher ces bases dans la physiologie, il entreprit de démontrer que toute la morale est une dérivation de deux impulsions contraires, l'amour de soi et l'amour des autres, Végoïsnw et Valtruisme (selon le vocabulaire de l'école), qui eux-mêmes proviennent, l'un de la nécessité de nutrition, qui est