J. Tyndall, Malcrialimn and Un opponcnla
(|Lie de parler de communion avec une machine à vapeur ». Il a'y a que deux points de vue où riiomme puisse se comparer au reste de la nature, c'est d'abord parce qu'elle se révèle comme une force, et ensuite que cette force obéit à des lois. Mais la force qui se révèle dans les étoiles, par exemple, est immense, la sienne est petite ; en revanche, lui qui les considère est un agent qui se détermine par lui-même, tandis qu'il n'y a rien de tel dans les étoiles. Il n'existe donc entre ces deux termes que deux points de comparaison, et c'est à deux traits de contraste et non de ressemblance que la comparaison aboutit. 11 est bien vrai qu'un sentiment de terreur et de silencieuse solennité se dégage du spectacle de cet amas de soleils et de monde qui germent dans les cieux comme l'herbe dans les prairies; il est bien vrai qu'une émotion spontanée met ce sentiment en rapport avec les profondeurs de notre être moral. Mais, dans la rigueur de la logique il n'y a là qu'une impression, et rien de plus. Elle ne signifie rien ; aucun fait objectif n'y correspond. C'est une illusion, une tromperie pathétique.
Ce n'est que grâce à des métaphores continuelles que les positivistes peuvent transférer à la nature en général les qualités qui, en tant qu'ils les connaissent, sont particulières à la nature humaine et n'appartiennent qu'à elle. Si Ton s'en tient à leurs principes, « il n'y a pas plus de sens à dire que l'univers est sacré qu'à dire que la lune parle français. » Toutes ces adorations par lesquelles s'achèvent les recherches des savants, si l'on en écarte la notion d'une cause intelligente, ne peuvent être que le résultat d'une fantaisie sans règle ou l'acte d'une foi surprise et momentanément hallucinée. En ellemême et prise en dehors de ce point de vue supérieur où les scandales apparents se pacifient, ou les contradictions extérieures se réconcilient, la nature est cruelle, mauvaise, inexplicable ; elle est une détestable maîtresse de morale. Si nous nous en tenons au point de vue positiviste, selon lequel elle est le dernier terme assignable, le dernier principe de la connaissance, elle n'a le droit de prétendre ni à notre respect ni à notre approbation. A force de fantaisie et de mysticisme mêlés, on a fait d'elle une sorte de grand
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hiéroglyphe. Mais qu'on lui applique seulement une des règles de la moralité humaine, le grand hiéroglyphe, comme Ta si puissamment montré J. Stuart Mill, devient un monstre. Il n'est pas de crime qui ne soit tous les jours commis par la nature ; elle ignore tout sentiment de justice ou de pitié ; ses tendresses illusoires et sa bienfaisance se tournent à chaque instant en perfidie; elle est indifférente ou traîtresse. « Tantôt elle joue le rôle de l'avarice, tantôt celui de la prodigalité ; elle offre ici une pureté sublime, ailleurs une corruption révoltante, et, s'il faut la juger d'après un type moral, ses capacités admirables ne font qu'ajouter à l'horreur de ses crimes. Comment donc y aurait-il quelque chose de noble et de sacré dans l'intimité de cette grande criminelle^? »
Et voyez comme elle s'intéresse à ceux qui la servent avec passion, à ceux qui l'ont le plus aimée. Voici un savant qui, sur quatre-vingts ans de sa vie, en a dévoué plus de soixante à ce culte ardent du vrai, à la poursuite de la nature