SCÈNE III
M™^ LHOMME SEULE, puis ADELE
M""^ LHOMME. — Neuf hcurcs du soir! M. Lhomme esta Melun, et moi, je suis tout émue parce que je vais recevoir en cachette le vicomte Narcizzio, un superbe Italien qui méfait la cour. Dans une heure, j'aurai trompé mon mari. Cependant, il importe d'éloigner la bonne, afin qu'elle ne puisse pas raconter à M. Lhomme comment je m'égaie en son absence.
ADÈLE, entrant^ à pari. — Elle a acheté de la
FLIRT NOCTURNE l35
galantine truffée !... [Flairant le dos de M"^^ Lhomme :) Et elle s'est imbibée d'odeurs. Il y a quelque chose... [Haut:) Tout est prêt, Madame.
M™*' LHOMME. — Puisque votre ouvrage est terminé de bonne heure, je vous permets de sortir un^peu, ce soir.
ADÈLE. — Merci, j'en ai pas envie.
M'"^ LHOMME. — Mais si, mais si, ça vous fera du bien.
ADÈLE. — Je suis fatiguée, j'aime autant me coucher.
M'"^ LHOMME. — Vous couchcr, à cette heureci? Quelle paresseuse! Allez donc vous promener, puisque vous en mourez d'envie.
ADÈLE. — Moi ? J'en meurs d'envie ?
M"'^ LHOMME. — Adèle, apprenez que les domestiques doivent toujours avoir envie de faire ce que veulent les maîtres !
ADÈLE, entre ses dents. — C'est justement ce que me dit M. Lhomme quand il m'embrasse dans les coins.
M*"^ LHOMME. — Que mariiiottez-vous là?
ADÈLE. — Je m'en vais... Madame sera couchée quand je rentrerai?
M*"® LHOMME. — Certes.
ADÈLE. — Bonsoir. Bien du plaisir à Madame. (Elle sort.)