VOIX DU CHANTEUR
Sois bonne, ô ma chère inconnue, Pour qui j'ai si sou...
M. LHOMME. — Voulez-vous VOUS sauvcr, pro-
rB MONSIEUR ET MADAME LHOMME
pre à rien ! (A sa femme :) Je te défends de jeter l'argent par les fenêtres.
VOIX DU CHANTEUR. — Monsieur n'aime pas la sérénade du pavé? Monsieur veut peut-être Ylnstance à Manon ? [Chantant ;)
Manon, voici le sommeil...
M. LHOMME. — Attendez un peu, que je descende !
LE CHANTEUR. — Ticus ! pigez-moi ce gros enflé qui insulte les pauvres bougres. Si on ne peut plus chanter parce que Monsieur digère ! Ah ! Souffrance! Va donc, eh ! Ventru!... Mal cuit! Fahavalo !
M. LHOMME. — C'est trop fort, je vais chercher un agent.
LE CHANTEUR. — Vous prcsscz pas, j'y vais moimême. Bonsoir h tes puces.
M. LHOMME. — Pas uu scrgcut de ville ! Jamais de sergent de ville dans cette rue, le quartier les attriste ! On laisse les vagabonds insulter les honnêtes gens.
M""^ LHOMME. — Ça mendie au lieu de travailler. {Sitence.)
M. LHOMME. — Notre voisine n'est pas encore rentrée.
M*"^ LHOMME. — M. Lhomme, vous devriez respecter votre femme assez pour ne pas lui parler de cette créature.
A LA FENETRE
M. LHOMME, accent de Coquelin. — Une créature humaine, M™« Lhomme.
M™^ LHOMME. — Une fille qui vit de sa mauvaise conduite. Vous êtes toujours fourré à la fenêtre pour la regarder. Un homme de votre âge !
M. LHOMME. — Moi? Par exemple ! Si on ne peut plus se mettre à la fenêtre maintenant !
M"'*" LHOMME. — Dès que vous l'entendez, vous courez à la croisée. Elle s'en est bien aperçue, allez ; elle se poste là exprès pour vous allumer.
M. LHOMME, flaité. — Ah? Vraiment? Tu crois qu'elle m'a remarqué ?
M"™*' LHOMME. — Taisez-vous, ou ça finira mal!
M. LHOMME. — Madame Lhomme, tu es la plus belle des femmes. Peux-tu supposer que l'on songe à te tromper?
M"'*^ LHOMME, lui tapotant les joues. — Oh! Je connais vos manières d'enjôleur, grand don Juan! Je vais me coiffer pour la nuit ; ne reste pas là, tu prendrais mal.
M. LHOMxME. — Je te suis. (Dès que M"'^ Lhomme a disparu, il se penche vers la fenêtre voisine.) Est-ce que l'on fait du mal parce que l'on regarde les femmes ? M'"*^ Lhomme a peut-être raison, la voisine a dû me remarquer. Elle se nomme Irma: un joli nom. Toujours pas revenue, c'est pour-
lanison heure. [La fenêtre voisines éclaire.) Ali ! la voilà. {Les volets de la fenêtre s'ouvrent ainsi que la croisée.)
IRMA, s' adressant à rintérieur. — Je donne un peu d'air, tu peux te mettre à ton aise, chéri.
i/entrevu. — Ouf! ça fait du hien.
M. LHOMME. — Elle a ramené quelqu'un; je n'ose pas regarder.
l'entrevu, à la fenêlre avec Irma. — Elle est tranquille, ta maison ?
IRMA. — Oui, il n'y a presque plus personne. De ce moment,toutun chacun est parti àla campagne.
l'entrevu. — Et toi, tu restes ?
IRMA. — Je pars demain ; j'attendais d'avoir assez d'argent pour aller « faire Trouville », Et toi?
l'entrevu. — Moi, je ne pars pas.
IRMA. — Tes occupations te retiennent à Paris? Qu'est-ce que tu fabriques ?
l'entrevu. — Je suis dans le contentieux.
IRMA. — Le contentieux ? Qu'est-ce que c'est ? Ça te rapporte ?
l'entrevu.— Des fois. Mais c'est fatigant. On travaillle jour et nuit devant des chaudières.
IRMA. — Pauvre chat! Moi, je ne pourrais pas.
l'entrevu.— Jet'écoute. [Apercevant Lhomme :) Tiens, il y a un vieux qui nous moucharde.
M. LHOMME. — Est-ce dc moi qu'il parle?
IRMA. — C'est un vieux polisson qui en pince pour moi. Il a une bonne poire, liei'n? 11 est doué d une femme qui est encore plus laide que lui.
M. LHOMMK. — Cette fille est vulgaire.
l'entrevu. — A son ûge, il devrait ôtre couché.
IRMA, ~ A dix heures, il ronlle. Ne restons pas là, tu prendrais mal. (//s renlvent cl ferment la fenêtre et les volets.)
M. LiioMME, seul, se penchant pour regarder. — Ils sont rentrés ; j'aurais voulu voir la tête de ce débauché.
M'"*' LHOMME, en déshabillé, de loin. — Allons, Lhomme, viens dormir.
M. LHOMME. — Oui... {En aparté :) C'est curieux comme M'"*" Lhomme me semble laide ce soir.
M'"'- LIIOMME, de loin. — Lhomme, vieux rat musqué, viens dormir [)rés de ta grosse poule.
M. LHOMME. — Oui !... M""' Lhommc est aussi vulgaire que la (ille, ([uoique moins attrayante.
M'"" LHOMME, de loin. — Arrives-tu, à la fin?
M. LHOMME. — Oui!... Je voudrais bien savoir ce qui se passe îi côté. (// essaie de voir.)
M'"*" LHOMME. — Je m'impatiente.
M. LHOMME. — Bon... J'y cours. {Il disparait. La fenèlre se ferme et s'éteint. Silence. Musique de scène. La fenêtre se rouvre, Lhomme reparait.) Je ne peux pas dormir. M'"'' Lhomme ronlle déjà ; mais
MII«MllUUIiHUUiU4illUU<«iH«tltmitllli«lit,R«l|luillMulllUUllU«tH>
— 11 y a un vieux qui nous moucharde.
moi, je ne puis pas. Je me tourne, je me retourne. C'est le printemps. Ah! Et puis, de sentir là, tout près de moi, des gens qui se livrent à la plus basse débauche... ça m'indigne, et néanmoins ça me met des idées folichonnes dans la tête. (// regarde.) Il y a encore de la lumière ! Oh ! les brigands! ça ne devrait pas être permis dans une maison honnête. Non, je ne dormirai pas de cette nuit! Le Monsieur va bientôt sortir; elle ne les garde jamais plus d'une heure ; et, lui parti , elle se rendormira [Soupir.)... seule. Pourtant, si j'allais tout à l'heure gratter à sa porte ? M"^^ Lhomme
A LA FENETRE
niuuiuumwiijiiuUt»iiiiiuiUitiUJ''^'Utii.Mii»iuK'i"nuu'w»»st;u'M*"«u«i^'»''"n'
dort comme un cent de marmottes ; je me glisserai dehors, j'irai frapper doucement chez la personne ; elle viendra, je lui expliquerai ce qui m'amène, que je veux l'entretenir un quart d'heure à peine... mettons une demi-heure. En ma qualité de voisin, j'obtiendrai un réduction sur les prix marqués. Et je retournerai sans bruit m'étendre auprès de M™^ Lhomme qui ne se sera doutée de rien. Parbleu ! mon plan me paraît excellent. J'entends du bruit à côté, l'autre fde; guettons sur le palier. (// ferme un battant de la fenêtre et disparaît. Vacarme à côté» Cris, bataille, les volets s'ouvrent violemment et Irma en chemise apparaît ensanglantée, échevelée.)
— Au secours ! A l'assassin !
IRMA. — Au secours î à l'assassin !
l'entrevu, la rouant de coups de bâton. — Te tairas-tu? ou je t'écrase.
IRMA. — Laisse-moi... ne me tue pas... prends mon argent, ne me tue pas, prends mon argent. Je t'en supplie, au secours... au secours !
l'entrevu, la tirant. — Tiens, tiens, tiens.
IRMA. — Au secours... au sec... (// la tire en dedans. La fenêtre se ferme à demi ; nuit , puis silence.)
A LA FENETRE
'eft.iTi>4iHJiuiiutww»miiBmiiiiuiiimnmmmiiiii.ii'iiiiiin.iniuj|tf»-*i<"""
ZL
M. LiiOMME, reparaissant craintivement. — Quel vacarme ! Elle appelait au secours, je crois. Elle se disputait avec ce grossier personnage ; d'ordinaire; elle a de meilleures fréquentations.
M'^'^moMME, apparaissant. — Qu'est-ce qu'ily a? ' M. LHOMME. — Je ne sais pas ; ils se piochent, à côté ; mais c'est fini.
M"''' LHOMME. — On n'entend plus rien...
M. LHOMME . — Et la fenêtre est restée ouverte : c'est bizarre. Tiens, l'individu se sauve, dans la rue, là-bas, celui qui s'enfuit à toutes jambes.
M"™'' LHOMME. — J'ai peur... S'il lui avait donné un mauvais coup !
M. LIIOMME. -^ Elle dort peut-être... Non... Attends, je vais l'appeler. {Haut :) Madame !... la voisine !... Eh ! Mademoiselle !... Elle ne répond pas... Eh! répondez, Madame... C'est moi, votre voisin... Lliomme. Ëtes-vous malade?
M"'^ LHOMME. — Tu vois, j'en étais sûre. lia dû la tuer. Encore un drame de la jalousie !
M. LHOMME, tremblant. — Mais non... je vais sonner chez elle ; elle me répondra. (// disparait ; on F entend carillonner à côté.)
M"'^ LHOMME. — Je n'ai plus une goutte de sang dans les veines. (A L homme qui reparaît :) Eh bien?
M.. LHOMME. — Rien ne bouge ; je descends prévenir le concierge.
M™<^ LHOMME. — Lhomme, je te le défends. Et moi, je resterai toute seule, alors? Ta place est près de ta femme. Ne t'expose pas inutilement.
M. LHOMME. — Cependant, nous ne pouvons abandonner cette femme...
M"'*' LHOMME. — Ça ne nous regarde pas. Après tout, si ça lui plaît de ne pas répondre.
VOIX DU CONCIERGE, en bas. — M. Lhomme... hé... M. Lhomme.
M™'' LHOMME. — C'est Ic concicrgc. . . jc tc prie de te taire. {Elle le tire au dedans.)
A LA FENETRE 2J
M. LHOMME, se cvampoimanl. — Laisse-moi donc... Vous dites ?
VOIX DU CONCIERGE. — Vous n'avcz pas entendu crier au secours ? *
M. LiioMME. — Oui, à côté de chez nous, chez, la demoiselle seule. J'ai appelé, elle ne répond pas. Montez voir. *
m'"^ LHOMME. — Tu es stupidc avec ta manière de te mettre toujours en avant. [Elle s'en va,)
M. LHOMME. — Mon dcvoir avant tout. [Au concierge qui apparaît :) Tenez, penchez-vous, vous êtes plus grand que moi. Distinguez-vous quelque chose ?
LE CONCIERGE. — Oui... j'apcrçois... oui, on dirait une forme allongée par terre, près de la fenêtre. Je vais sonner à côté, si on ne répond pas, j'enfonce la porte. (// disparaît.)
M. LHOMME. — Je ne vous accompagne pas, je vous gênerais plutôt.
M"'^ LHOMME. — Eh bien ? Il croit qu'il y a un malheur?
M. LHOMME. — Dame ! je le crains. (Uaulre fenêtre s'éclaire.) Hallo î
LE CONCIERGE, à l autrc fenêtre. — La malheureuse est déjà froide, elle a été tuée à coups de trique.
[nLmjawM.*umm.u*uuiwni !
\uiu.uii.uiuuuiiiu:u,iiMLilUiiimiUuiiiuiuiii>«'tJi'i''^''<iiiinniinuu.niimt'
La malheureuse est déjà froide...
M'"*^ LHOMME. — J'avais toujours prédit que cette fille finirait mal.
M. LHOMME. — Oue devons-nous faire ?
LE CONCIERGE. — D'aboi'd, chercher le commissaire. (// disparaît.)
M. LHOMME. — Hé là ! Hé là ! ! ne nous laissez pas seuls.Je ne suis pas rassuré. Madame Lhomme, il faut nous enfermer à clef.
M™^ LHOMME. — C'est fait... Oh ! comme il est long à venir, ce commissaire !
M. LHOMME. — Je vois du monde qui entre ; c'est sans doute lui.
A LA FENÊTRE
PREMIER MONSIEUR, à Vaiilre fenêtre. — Ah ! voilà la chambre du crime ; bien ; les meubles ont été bouleversés ; il y a eu lutte, bien. La pendule s'est arrêtée à 10 heures. La victime inanimée ; bien. Une fille de joie; c'est un beau crime. •
M. LHOMME. — Tu vois, c'cst Ic commissairc. Je suis plus tranquille.
PREMIER MONSIEUR. — Ah ! Il y a des voisins. Gomment vous appelez-vous ?
M. LHOxMME. — Llîomme rentier, Monsieur le (.ommissaire.
3o MONSIEUR ET MADAME LHOMME
PREMIER MONSIEUR. — Voiis cUez voisin de la victime ; vous avez eu probablement des rapports avec la victime?
M. LHOMME. — Mais, Moiisicur le commissaire...
PREMIER MONSIEUR. — Ne iiiez pas, vous étiez son amant. C'est du propre, un homme de votre âge!
M'"« LHOMME. — Mais, Mousicur le commissaire...
PREMIER MONSIEUR. — Ail ! c'cst votrc mèrc, sans doute! Vous aviez mis votre maîtresse près de votre vieille mère !
M. LHOMME. — Ma femme. Monsieur le commissaire, ma femme !
PREMIER MONSIEUR. — Ah ! la victimc était votre femme! Tout s'explique! Il n'y a qu'à enjamber d'une fenêtre à l'autre. Vous n'êtes pas étranger à l'attentat?
M. LHOMME. — Oh ! Monsieur le commissaire, M™^* Lhomme vous dira...
PREMIER MONSIEUR. — Ah! votrc mère en est aussi. . . Vous avouez? Bien, votre affaire est claire.
M. LHOMME. — Mais, Mousicur le commissaire, je vous supplie de...
PREMIER MONSIEUR. — Je uc suis pas commissaire, d'abord... Je suis M. Sicholle,
A LA FENÊTRE 3l
reporter du Figaro. Bonsoir. (// disparaît. ) M. LHOMME. — Comment! Ah! par exemple!
si j'avais su ! Ce gros pète-sec se permet de m'insulter, et il n'est pas commissaire?- Attends, toi, je te retrouverai.
M'"^ LHOMME. — Aussi, il u'avait pas l'air sérieux, tu aurais dû voir que c'était un journaliste. Tu vois, le commissaire, c'est ce monsieur âgé qui entre. Je le reconnais.
DEUXIÈME MONSIEUR. Oh ! Oll ! c'cst épOU-
vantable ; la malheureuse ne bouge plus. Le vol a dû être le mobile du crime, tous les tiroirs sont arrachés et les serrures forcées. Evidemment l'attentat est dû à la malveillance.
M"'^ LHOMME. — A la bonne heure, voilà un magistrat sagace.
DEUxiÈxME MONSIEUR. — Ah ! uu voisin. Monsieur? Oh ! il a mauvaise figure.
M. LHOMME. — Monsieur le commissaire, n^estce pas ?
DEUXIÈME MONSIEUR. — Ditcs douc, répondcz un peu à mes questions. Qui êtes-vous?
M. LHOMME. — Lhomme, rentier, bien connu dans la rue.
DEUXIÈME MONSIEUR. — Trop couHU peut-êtrc. Quels étaient vos rapports avec la victime ?
M. LHOMME. — Oh ! très vagues.
— Bien! votre affaire est claire
DEUXIÈME MONSIEUR. — Oui, je vois, VOUS éticz son amant.
M. LHOMME. — Nullement, Monsieur le commissaire. Elle recevait des messieurs...
DEUXIÈME MONSIEUR. — Et VOUS l'encouragiez. Joli métier !
M'"'' LHOMME. — Mais, Monsieur le commissaire...
DEUXIÈME MONSIEUR. — Faitcs douc taire votre vieille bonne et répondez...
M. LHOMME. — Mon Dicu, Monsieur le commissaire, je m'excuse de...
DEUXIÈME MONSIEUR. — Pourquoi VOUS excusezvous ? Est-ce que par hasard ?... Oh ! oh ! Il y a
A LA FENETRE
peu de chemin d'une fenêtre à l'autre. C'est ça. Vous avez accompli le crime de complicité avec votre vieille bonne.
M. LHOMME. — Comment ! Monsieur le commissaire me soupçonne de...
DEUXIÈME MONSIEUR. — MalllCUrCUX l ct VOUS
avouez avec un cynisme révoltant I
M. LHOMME. — Permettez, Monsieur le commissaire...
DEUXIÈME MONSIEUR. — Pourquoi m'appclczvous tout le temps commissaire? Je suis M. Sécholle,reporterdu«/oar/!a/.(//c//5/)arai7.) Bonsoir!
E LIIOMME
— Vous avez aceompli le crime de complicité avec votre vieille bonnâ*
M. LHOMME. — Elî bien ! dites donc, voyou ! Il a filé, et il a bien fait ; il n'y a donc que des reporters, ce soir ?
M'"'^ LHOMME. — Que vcux-tu ? Il avait bien l'air d'un juge. On peut se tromper de ça. La maison va être pleine de journalistes. Ils se signalent les bons endroits.
M. LHOMME. — Tiens, en voilà encore un... ce petit blanc-bec qui s'amène. Celui-là, je ne le manque pas !
M'"'' LHOMME. — Viens te coucher, Lhomme, ça vaudra mieux.
A LA FENETRE
M. LHOMME. — Laisse, je te dis.
TROISIÈME MONSIEUR, à l'autre fenêtre, — Voyons, le théâtre du crime. Oh ! tout est sens dessus dessous; les meubles sont dérangés, les clefs ne sont plus aux armoires ! A quelle heure remonte l'accident ?
UN AGENT. — Le concierge dit que ça remonte à une heure environ.
TROISIÈME MONSIEUR. Ah ! Et ScloU lui, c'cst
un crime ?
UN AGENT. — Il raffîrme.
TROISIÈME MONSIEUR. — Il mc faut uuc information plus précise.
'*iiini<iiMmuiiij;n;»M/f»«i»iii""mii/iiiiwuinni«iiiiiii'miiii]iHU]iHuiiiuim^ — Empoignez-moi cet homme.
M. LHOMME. — Tu entends, il parle d'information : c'est encore un journaliste.
TROISIÈME MONSIEUR. — Je vais interroger le Voisin. Hé, monsieur! s'il vous plaît?
M. LHOMME. — Attends, il va payer pour les autres ; je vais le faire poser. (Au commissaire :) Dites donc, espèce de bouffi, est-ce que vous vous êtes donné le mot pour me raser !
TROISIÈME MONSIEUR. Mais...
M. LHOMME. — Vous allez me demander mes fiom et prénoms pour les mettre dans vos sales feuilles ? Je m'appelle zut et je vous embête.
A LA FENÊTRE
TROISIÈME MONSIEUR. — Oh ! Mais...
M. LHOMME. — Vous pouvcz écHre^ si vous voulez, que c'est moi qui ai commis le crime et que je m'en vante ; et fichez-moi la paix ou je sors sur le carré pour vous soulever le derrière..* espèce de fahavolo.
TROISIÈME MONSIEUR. — Ah ! misérable, vous avouez impudemment votre crime et par-dessus le marché vous avez l'audace d'insulter la justice et de menacer un magistrat !
M. LHOMME. — La justice?... Comment?...
Vous n'êtes pas reporter ?
TROISIÈME MONSIEUR. — Je suis le commissaire du quartier. Agent, empoignez-moi cet homme
M. LHOMME. Commissaire!... Je suis perdu (Z'a^e7z//'em/)o/^ne.) Encore une erreur judiciaire [Rideau.)
LE COMPAGNON NARCISSE
LE COMPAGNON NARCISSE
A Arsène Alexandre.
PERSONNAGES