SCENE X
BLAVIÈRE, DON ZÉPHYR, POURAILLE, puis MARGENCY
BLAViÈRE. — Or vous ôtc URC rudc épiue du pied, niOR vieux Zéphyr, vous êtes coutcRt?
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DON ZÉPHYR. — Dame... mettez-vous à ma place.
BLAViÈRE. — Grand merci ! Cet animal deMargency ! Encore un qui ■ sera content ; lui qui ne rêve que plaies et bosses !
pouRAiLLE. — Ah I ce sera un beau duel... BLAVIÈRE. — Un assaut, dites un assaut, et sensationnel encore!
POURAILLE. — Et, s'il y a mort d'homme?
BLAVIÈRE. — Nous aurous l'information les premiers.
MARGENCY, entrant, — On a besoin de moi ? Pourquoi...
BLAVIÈRE. — Une bagatelle... Est-ce que vous connaissez un nommé Ezzano?
MARGENCY. — L'amatcur italien ? Si je le connais!., je ne connais que ça!
BLAVIÈRE. — Est-il fort à l'épée?
MARGENCY. — Asscz fort... l'écolc italienne, vous savez, plus d'esbrouffe que de résultat.
BLAVIÈRE. — Vous êtcs plus fort que lui ?
MARGENCY. — Moi ? Jc Ic mcts daus ma poche.
BLAVIÈRE. — Vraiment ?
MARGENCY. — Un jcu pour moi ! Je le réglerais en deux minutes...
BLAVIÈRE. — A merveille, car... vous vous battez demain avec lui.
ON LIT DANS LE FORBAN l8l
iMARGENCY, étofinê . — Moi ?
BLAviÈRE. — Oui voulez-vous que ce soit ?
MARGENCY, riciTil. — Ail ! bou. . . vous m'achetez ! Quoi !... Ça ne prend pas.
BLAVIÈRE. — Je suis très sérieux. Interrogez ces messieurs. (Signes cF assentiment.)
MARGENCY. — La plaisanterie n'est pas drôle... Faudi^a chercher autre chose.
BLAVIÈRE. — Les témoins de votre adversaire ont laissé leurs cartes. (// les lui tend.)
MARGENCY, Hscint. — Je n'ai jamais vu ces genslà... Il doit y avoir erreur.
BLAVIÈRE. — .En votre absence, don Zéphyr a fait passer, par mégarde, l'écho sur Ezzano.
MARGENCY, furieux. — Ah ? Charmante soirée ! J'étais sûr que cet imbécile-là me ferait quelque sottise ! {Don Zêphijr s'éclipse.) Tant pis, ça regarde don Zéphyr !
BLAVIÈRE. — Le pauvre garçon ne sait pas tenir une épée ! Nous nous sommes dit : « A quoi bon envoyer ce malheureux à une mort certaine ! Nous allons dépécher au marquis notre brave Margency, qui sera enchanté de se signaler, et qui nous, accommodera TEzzano. Nous avons déclaré que l'article était de vous. Vos témoins, choisis par moi, sont en pourparler avec les autres.
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MARGENCY, excispéré. — Vous.. VOUS avez fait... VOUS avez osé ! Ah ! mille millions de tonnerres... Bon! G'estdu propre... Comme ça,vous croyez que ça va se passer ainsi !... Je suis le spadassin attitré de la boîte, et j'endosse les duels des autres, à cette heure?
BLAviÈRE. — Margency, votre attitude m'étonne, mon ami...
MARGENCY. — Ça, par cxcmplc, je m'en contrefiche ! Non, c'est unique, ma parole ! Vous vou& abritez derrière moi pour aguicher les gens, et c'est moi qui paie les pots cassés, après ! Et vous vous imaginez que je vais me faire trouer la peau pour don Zéphyr, cette brute de don Zéphyr ! Ah! non, non, non ! Je vous défends, entendezvous, je vous défends de vous servir de moi et de ma réputation !
BLAVIÈRE, sec. — Vous VOUS battrcz, mon cher. Désormais vous êtes responsable de l'écho. Et puis, voyons, Margency, c'est si peu de chose !
MARGENCY. — Si pcu dc cliosc ? Ezzaiio? Un monsieur qui coupe les balles à trente pas, au commandement ? le meilleur escrimeur d'Italie ?
BLAVIÈRE. — Vous Ic mettrez dans votre poche ! Vous lui servirez le coup du baron.
MARGENCY. — Justement. Depuis que j'ai eu le malheur de tuer de Brécourt, j'ai juré de ne plus
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toucher une épée. Je ne me battrai pas. (// s'éc roule dans un fauteuil.)
pouRAiLLE, bas à Blavière. — Ou'est-ce qui lui prend? Je ne l'ai jamais vu comme ça !
BLAVIÈRE, bas. — Moi non plus. Ce doit être une faiblesse nerveuse. Laissez-moi seul avec lui. (Pouraille sort. La baie du fond se ferme.)