M"'^ FOIN, JULIEN
M"™« FOIN. — Excusez, j'apportais vos quittances.
JULIEN, s' asseyant. — Bien... Posez-les sur la cheminée...
M^c FOIN. — Qu'est-ce que vous avez ? Vous êtes bouleversé... Ça n'a pas marché?
JULIEN. — Madame Foin, j'ai été héroïque... Je me suis conduit comme un honnête homme.
M™e FOIN. — Ça ne m'étonne pas de vous.
JULIEN, amer. — Il y a des moments où il est si dur de se conduire en honnête homme, que, si on avait le courage...
M^e FOIN, philosophe. — On aimerait mieux se conduire carrément comme un muffle.
JULIEN. — Vous l'avez dit, Madame Foin. [Silence. Subitement furieux :) Ah ! c'est trop bête... Nous sommes quittes, M. Joliette et moi... Je retourne dîner chez lui, ce soir... Je le surveillerai, et, à la première mufflerie qu'il me fait... cette fois je ne le rate pas ! [Rideau.)
LAGOURDETTE
Pièce en un acte, jouée au Champ de Foire, le i5 mars
LAGOURDETTE
PERSONNAGES
BOUVERIE, 3o ans. | LAGOURDETTE, 25 ans.
MARTHE BOUVERIE, 28 ans.
Un salon bourgeois aisé. Porte au fond ; fenêtre à droite, premier plan; porte à droite et à gauche, deuxième plan. Canapé, secrétaire, table à ouvrage. Au lever du rideau, Bouverie, assis sur le canapé, lit le journal sans rien dire. Marthe, à l'autre bout de la pièce, lui fait une scène.