‹ M. & Mme. LhommeChapitre 7 sur 65 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

{Après un silence.)

LE COMPAGNON NARCISSE, se décidant. — Votre mari n'a rien oublié. Madame ?

LE COMPAGNON NARCISSE

M"*^ LHOMME. — Je ne crois pas, Monsieur.

LE COMPAGNON NARCISSE. — Il ne rentrera pas plus tôt qu'il ne l'a annoncé ?

M'"'' LHOMME. — Je ne crois pas, Monsieur.

LE COMPAGNON NARCISSE. — Bon ; en conséquence, je n'irai pas par quatre chemins. (// s'ajOjorocAe.) Madame, je suis l'ami de votre mari» (// r embrasse.)

— Madame, je suis Tami de votre mari. (// Fembrasse.)

M'"« LHOMME, effrayée. — Que faites-vous?

LE COMPAGNON NARCISSE, calme. — Mais...

vous voyez... je vous embrasse. Comme vous n'avez pas compris, je vais recommencer. (7/ r embrasse encore.)

M'"^ LHOMME. — Vous pcrdcz la tête !

LE COMPAGNON NARCISSE. — Le cœuF, Seulement. Maintenant, vous avez compris ?

M"'^ LHOMME. — Votre conduite est inqualifiable !

LE COMPAGNON NARCISSE. — Epargnons donc le temps de la qualifier. Hou ! tu es belle comme les anges!

M"'*' LHOMME. Mais...

LE COMPAGNON NARCISSE. — Je vcux t'enviroHner d'un amour respectueux î (// Vembrasse.) Tu embaumes !

M'"*' LHOMME. — Y pensez-vous ! La femme de votre ami.

LE COMPAGNON NARCISSE. — Un provcrbc arabe dit : La femme d'un ami vivant sent toujours bon !

M""^ LHOMME. — Vous trahissez celui qui vous nourrit !

LE COMPAGNON NARCISSE. Il HC m'a paS CU-

core nourri. Je nie hâte de créer un précédent avant le dîner. {Il Vembrasse.)

M"'® LHOMME. Vous violcZ IcS lois IcS pluS

sacrées î

LE COMPAGNON NARCISSE. — LcS lois SOUt dcS

Lucrèces qui se laissent aisément taquiner. Et puis, en quoi votre mari se trouvera-t-il lésé ? Il désire que l'on apprécie sa femme ! Je lui

LE COMPAGNON NARCISSE 53

prouve que je l'apprécie au plus haut point.

M™*^ LHOMME, faiblissant. — Vous croyez qu'il serait heureux d'apprendre que vous m'avez embrassée ?

LE COMPAGNON NARCISSE. — Il Serait surtout flatté. Et puis, je suis sûr qu'il vous méconnaît, qu'il n'a pas le respect tendre dont je me sens capable. (// lembrasse violemment.)

M'"'' LHOMME. — Oh ! vous avcz raison. Il a mauvaise bouche, en outre.

LE COMPAGNON NARCISSE. — Gardcz-moi pour la bonne bouche. Je sais très bien aimer. Je vous apprendrai, si vous voulez.

M™® LHOMME, aimable. — Je vois que Lhomme avait raison ; personne ne vous résiste.

LE COMPAGNON NARCISSE. Jc VCUX VOUS prOUVCr

tout ce que j'avance. Suivez-moi dans la salle voisine où j'aperçois un divan, et hâtons-nous, car votre mari ne va pas tarder à rentrer. Bâclons cette affaire, quitte à y revenir plus tard. (// V entraîne.) M"'^ LHOMME, résistant encore un peu. — Mais... je vais vous sembler bien méprisable, si je trompe mon mari ?

LE COMPAGNON NARCISSE. — Du tout ! VoUS êtcS

une sainte !... Dépêchons-nous, sacrebleu ! M""^ LHOMME. — Tu m'aimcras toujours, dis ?

LE COMPAGNON NARCISSE, /a jOOM55an/ à COUpS

de iêie dans la chambre. — Eh ! Nous verrons ça après si vous êtes bien sage. {Ils disparaissent.)

V^ Il n'a pas le

respect tendre...

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