SCENE III
M. LHOMME. — Ma femme, je vous présente mon vieil ami le compagnon Narcisse, un charmant garçon; intelligent, le mâtin! Au collège, il avait tous les prix.
LE COMPAGNON NARCISSE, salue, — Madame...
(Prenant le bouquet :) Permettez-moi de vous offrir cet humble bouquet.
M™« LHOMME. — Ah ! charmant, charmant ! Les jolies fleurs !
Entre le compagnon Narcisse avec un bouquet.
LE COMPAGNON NARCISSE
M. LHOMME. — Vous voyez, il est galant, il sait prendre les femmes..., aucune ne lui résiste. Il est très bien bâti, aussi ; campé comme un maître d'armes. Ah ! que de malheureuses ii a dû faire ! Tu nous conteras ça.
LE COMPAGNON NARCISSE. — Oh ! éparguc-moi.
M. LHOMME. — Pas de modestie, tu vaux ce que tu vaux. On peut attendre de toi de grandes choses.
Mais j'ose dire qu'elle a...
LE COMPAGNON NARCISSE. — Pour le momcut, je suis placier en vins. A propos, situ as besoin
d'un petit bordeaux léger, dans les 75 francs, rendu en cave... ?
M. LHOMME. — J'y réfléchirai. Madame Lhomme, a-t-on acheté du Champagne en l'honneur de mon ami?
M™^ LHOMME. — La bonne était trop occupée.
M. LHOMME. — C'est extraordinaire, il va falloir que j'y aille moi-même. Ma chère vous tiendrez compagnie à mon ami.
LE COMPAGNON NARCISSE, riant. — Tu me laisses ainsi, avec ta femme, tu n'est pas jaloux?
M. LHOMME. — Je ne suis pas jaloux, elle m'aime trop. Et toi, tu es mon ami, je dois avoir confiance en toi. Gomment aimes-tu le Champagne : sec ou doux ?
LE COMPAGNON NARCISSE. - — Scc. Il faut l'acheter au coin de la place ; c'est un peu loin, mais c'est là qu'il est le meilleur.
M. LHOMME. — Bien. Je reviens dans un quart d'heure. Prenez patience.