FRENESIE ET EXCITATION SEXUELLE
On a attaché une grande importance aux symptômes fournis par l'excitation sexuelle.
(I Parmi les symptômes, dit Bouley, il faut signaler maintenant l'orgasme génital qui, chez le chien, est une manifestation très fréquente de la rage à sa période initiale, et même ultérieurement. On sait que, même dans l'état physiologique, au moment où le chien témoigne à ses maîtres ses sentiments affectueux, cet orgasme intervient assez communément et se traduit par l'éréthisme du pénis et par des attitudes et des mouvements dont la signification n'est pas douteuse. Rien d'étonnant donc que, dans l'état rabique, l'exagération de ces sentiments donne lieu à des manifestations de même ordre, elles-mêmes exagérées. C'est ce que l'on observe effectivement sur un certain nombre de chiens familiers.
Quand ils se trouvent en rapport avec d'autres chiens, tout à fait au début de la maladie, et avant qu'ils n'aient encore de la propension à mordre, ils expriment l'état de surexcitation sexuelle où ils se trouvent par l'ardeur avec la-
quelle ils leur lèchent l'anus et les parties génitales. « Je prédis une fois l'approche de la rage, dit Blaine, par l'attachement extraordinaire d'un petit roquet à un petit chat qu'il léchait continuellement.»
Il me paraît bien difficile d'admettre ce symptôme comme caractéristique. D'après les auteurs vétérinaires, on doit soupçonner tout chien qui présente une excitation sexuelle extraordinaire. Tout le monde connaît l'ardeur excessive de ces animaux, et il faut convenir que bien peu de chiens ont pu échapper dans leur existence.au soupçon de rage.
Alors que certains auteurs donnent la frénésie comme un symptôme capital, d'autres, au contraire, font ressortir l'importance de symptômes diamétralement opposés. C'est ainsi que Delabere-Blaine dit qu'il y a des cas où la docilité et la bonté de caractère du chien sont augmentés par la maladie.