‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 61 sur 104 · MESURES PROPHYLACTIQUES · texte numérisé non relu

MESURES PROPHYLACTIQUES

On sait que la seule application des mesures prophylactiques d'ordre purement administratif a suffi pour faire descendre à 0 la mortalité par la rage en Prusse.

Les mêmes mesures auraient certainement le môme effet en France et nous constatons du reste avec plaisir que l'attention si vivement appelée sur la rage pendant 1886 a eu pour effet de renforcer ces mesures.

Les vétérinaires ont fait abattre un nombre considérable de chiens suspects. A Alfort, la proportion de chiens abattus a été quadruplée.

Voici l'indication des mesures qui ont été prises pour obtenir la diminution des cas de rage : 1° Arrestation et abatage des chiens errants

dans la ville et dans la banlieue alors que ces animaux sont dépourvus de collier portant le nom et l'adresse de leur maître ;

2° Enquêtes sérieuses faites sur les cas de rage et par suite application de l'ordonnance aux animaux mordus ou soupçonnés de l'avoir été ;

30 Affichage des instructions émanant du conseil d'hygiène indiquant les symptômes de la maladie et les mesures à prendre en cas de morsure ;

40 Poursuites exercées contre les propriétaires de chiens qui laissent errer ces animaux avec ou sans collier et contre ceux dont les chiens ont mordu des personnes.

Des statistiques comparées des années 1î>77 à 1879, il résulte que, grâce au redoublement de rigueur dans l'application des mesures ci-dessus édictées par arrêté ministériel, le nombre des cas de morsures rabiques est tombé de 613 en 1877 à 285 en 1879, soit une diminution de plus de moitié.

Le nombre des personnes mordues a été de 67 (connues) au lieu de 103 en 1878, et l'on n'a eu connaissance que de 12 cas de décès par la rage au lieu de 24 signalés en 1878.

Il en est de même pour les animaux mordus, dont le chiffre est tombé à 314 en 1879 au lieu de 485 en 1878.

Sur ces 314 animaux mordus. 300 ont été abattus.

Nous avons le ferme espoir que l'application rigoureuse de ces mesures que chaque ciloyen doit s'efforcer de seconder fera diminuer considérablement la mortalité de la raffe en 1887.

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