‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 62 sur 104 · L'INSTITUT PASTEUR ET SES SUCCUR- SALES A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

L'INSTITUT PASTEUR ET SES SUCCUR- SALES A L'ÉTRANGER

On se souvient que le grand chimiste avait fait décréter la fondation d'un établissement international destiné à traiter les enragés « de la France, de l'Europe et de l'Amérique du Nord » . Un million et demi prélevé sur les fonds de l'Etat, des Conseils généraux et municipaux lui a été confié pour l'exécution de ce projet.

Nous n'avons jusqu'à présent élevé aucune objection à la fondation d'un Institut Pasteur. Nous pensions que, lorsque la' folie antirabique serait passée, l'établissement pourrait être utilement employé au traitement des maladies contagieuses et pourrait, de toutes façons, avoir un but scientifique et humanitaire.

Les fonds ont été souscrits, il est vrai, pour créer un établissement vaccinal contre la rage. Or, la vaccination de M. Pasteur contre la rage devant être aussi efficace et aussi éphémère que celle de M. Ferran contre le choléra, il faudra

de toute nécessité donner une autre destination au fameux Institut qui, du reste, n'est pas encore créé, les fonds versés ayant été uniquement employés jusqu'à ce jour à fournir quelques prébendes à de jeunes savants sans emploi.

Mais il est à craindre qu'un certain nombre de donateurs ne viennent à réclamer les fonds qu'ils ont souscrits lorsqu'il verront que l'établissement n'est plus exclusivement affecté au traitement de la rage.

Dans tous les cas, le conseil municipal de Paris, qui n'a fait don à l'établissement d'un terrain estimé plus d'un demi-million qu'à la condition qu'on ne puisse en changer la destination, sera parfaitement en droit de reprendre sa donation lorsque la clientèle des enragés aura disparu.

Quoiqu'il en soit, nous ne pouvons, comme médecin, que nous féliciter de la générosité de l'Etat et du public, puisque nous disposons d'un capital déplus de deux millions pour fonder un établissement médical et humanitaire. Nous avons le ferme espoir que, lorsque l'Ecole pastorienne aura disparu pour faire place à l'Ecole du bon sens, les administrateurs de cet établissement en tireront le meilleur parti dans l'intérêt de la science et de l'humanité.

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