NOMBRE EXACT DES DÉCÈS
Dans la communication faite à l'Académie de médecine, le 11 janvier 1887, M. Grancher affirmait que le nombre total des décès à la suite du nouveau traitement s'élevait à 16.
Or nous sommes en mesure d'affirmer que M. Grancher se trompait ou trompait l'Académie. A cette époque le laboratoire Pasteur avait été informé et avait accepté comme réel le q\\\Î- [yq de dix-huit décès. Voilà comme on a toujours honoré la vérité à l'Ecole normale.
Mais ce n'est encore rien. Nous affirmons que le nombre des décès survenus en France à la
(1) Ce raisonnement a été exposé magistralement par M. le professeur Peter dans une leçon clinique professée le 26 janvier 1887.
suite du nouveau traitement s'est élevé à 28 décès dont 22 pendant l'année 1886 seulement.
Les faits mortels se trouvent établis dans le tableau suivant dont nous garantissons l'authencité. Afin de faire porter la statistique sur une année entière nous n'y faisons pas figurer les décès des enfants Pelletier et Bonenfant qui ont eu lien en 1885.
Ainsi la mortalité par la rage après le traitement Pasteur comprend :
Bonenfant et Pelletier inoculés en 1885.
Les 22 individus dont les noms figurent dans le tableau suivant.
Quatre individus ayant succombé en 1887 et q'ie nous mettons à pai t pour ne pas établir de confusion en empiétant d'une année sur l'autre.
Nous avons publié dans le chapitre précédent trois individusmortsen I887dela rage paralytique (page 381).
Voici un quatrième décès qui porte à 28 le total des décès connus pour la France jusqu'à ce jour (15 février 1887).
Bercé, de Bordeaux, mordu en septembre dernier par un chien enragé, vint immédiatement à Paris, suivre le trait'iraent Pasteur. 11 fut renvoyé complètement guéri.
Le 28 janvier, il fut pris des premiers symptômes et succomba le 1er février, ^ l'hôpital Saint-André de Bordeaux, à la rage convulsive. L'aulopsie a été pratiquée par le D"^ Pitres. Aucune lésion n'a pu expliquer la mort par une maladie autre que la rage.
11 va sans dire que les pastoriens ont émis des doutes sur le diagnostic et vont attendre l'épreuve du lapiu .
Une des choses les plus tristes qui ressort du tableau suivant est que sur S3 personnes ayant succombé à la rage, 2 seulement avaient été cautérisées. Il est constant que, depuis la prétendue découverte, on ne cautérise plus les morsures suspectes.
Individus traités au laboratoire Pasteur pendant Vannée 1886