‹ M. Pasteur: histoire d'un savantChapitre 16 sur 23 · TT · texte numérisé non relu

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DU RETOUR A LA VIRULENCE

armées ou des camps. Sans doute, les germes des microbes, auteurs de ces maladies, sont partout répandus, mais atténués, et, à cet état, rhomme les porterait sur lui ou dans son canal intestinal sans grand dommage, et ils ne seraient prêts à devenir dangereux que quand, par des conditions d'encombrement et peut-être de développement successifs à la surface des plaies, dans des corps affaiblis par la maladie, leur virulence se trouverait progressivement renforcée, o

ÉTIOLOGIE DU CHARBON ^

Avec autant de rigueur que de précision, M. Pasteur avait triomphé du charbon. xAIais il considérait qu'il lui restait encore un? étude à faire. Il avait constaté les effets du fléau, il avait trouvé une méthode préventive pour le combattre, il voulait maintenant connaître le mal dans sa cause. D'où vient le charbon ? Pourquoi ce mal estil enzootique dans certains départements de la France, dans certaines régions delà Russie, de TAllemagne, de l'Autriche, de ritalie, de l'Espagne, de l'Amérique ? Comment s'entretient-il ? 0\\ a cru longtemps que le charbon naissait sponta? /^^^^ nément sous l'influence de causes occasionnelles ^^^^^.^^.^^ diverses. M. Bouley a raconté dans son savant ^^''^ livre sur le Progrès en médecine par Vexpéri-^

mentaiion que, en 1842, le ministre de l'agriculture, M. Cunin-Gridaine, sollicité par les députe's des arrondissements ravagés par l'épizootie, confia à unprofesseuf de récoled'Alfbit,M. Delafond, la mission d'aller étudier cette maladie, vulgairement nommée « maladie de sang », sur les lieux où elle sévissait, d'en rechercher les causes et d'examiner si ces causes ne résideraient pas dans le mode de culture usité dans le pays.

M. Delafond arrive en Beauce. Un fait le frappe : presque tous les animaux atteints du mal sont des animaux jeunes^, beaux, vigoureux, ceux qui donnent les plus belles espérances. Rapprochant cette remarque de la richesse du sol, de l'abondance et de la qualité des récoltes, Delafond imagine aussitôt une théorie spéculative : « La maladie de sang, dit-il, n'est pas^autre chose qu'un trop plein ^ qu'un excès de sang circulant dans les vaisseaux et surtout de la prédominance dans ce liquide de globules rouges. »

Parti de cette idée, il n'a plus d'autre but que d'arriver, à force de logique dans ses déductions, à tout faire découler de cette erreur fondamentale. Il analyse le sol, il démontre à quel point ce sol est constitué pour fournir des récoltes abondantes et riches en principes nutritifs; il

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analyse les plantes, il rapproche alors complaisamment la richesse du sang des moutons de la Beauce et la richesse en ^principes azotés des aliments dont on les nourrit; il étudie les lésions des animaux atteints et il trouve que toutes ces lésions sont l'expression d'une proportion trop forte dans le sang des principes organiques nommés globules, fibrine, albumine et d'une trop petite proportion d'eau.

(c Réduisez la proportion des aliments, écritil, sous forme de conseils aux cultfvateurs, associez des racines à tout ce qui est trop riche en principes azotés, et vous réduirez proportionnellement les pertes causées par les excès des substances ultra-nutritives dont vous sursaturez vos bêtes. »

Voilà la conclusion très logique, — ajoute M. Bouley, en s'amusant de ces observations qui s'appuient sur une méthode de raisonnement au lieu de s'appuyer sur la méthode expérimentale, — voilà la conclusion à laquelle Delafond a été conduit; et, pour fournir une nouvelle preuve à l'appui de sa théorie, Delafond invoque le décroissement graduel de la maladie de sang à mesure qu'on descend vers la Loire. Sur la rive droite du fleuve, dans la Sologne, par exemple,

pays sablonneux, bas et humide, la maladie du sang est inconnue. Elle sévit peu dans les arrondissements de Gien, de Montargis, et dans une partie de ceux d'Orléans et de Pithiviers. Là, le sol est sablonneux, remarque imperturbablement Delafond, et les plantes sont loin d'avoir la richesse du plateau de la Beauce. Aussi la maladie du sang est-elle moins fréquente.

Quand on pense qu'il n'y a pas plus de quarante ans que ces choses- là s'écrivaient et ne pouvaient être relevées, qu'elles empruntaient même à l'inspiration qui les avaient fait naître un caractère scientifique, on voit le chemin parcouru, on se rend compte des obscurités et des incertitudes dissipées par la pleine lumière de la méthode expérimentale.

Lorsque l'attention fut appelée sur la présence dans le sans des animaux charbonneux d'un

^L -parasite, au moment où la croyance à une

génération spontanée des êtres microscopiques

mi/0^t^^ venait d'être écartée par ^L Pasteur du domaine des faits positifs, on s'habitua à l'idée que les animaux frappés du charbon avaient pu prendre les germes du mal dans le monde extérieur, sans qu'il y eût jamais naissance spontanée, proprement dite, de l'affection. Cette opinion fut

ETIOLOGIE DU CHARBON. 829

fortifiée par la connaissance des spores du bacille charbonneux. M. Pasteur, avec l'aide de MM. Chamberland et Roux, institua des expé-<^^H»/<i rien^ces pour tenter de résoudre cette difficile question de l'étiologie. Les premières expériences eurent lieu dans les champs d'une ferme située dans le village de Saint-Germain, près de Chartres. Voici ce que l'on imagina. Certains lots de moutons furent nourris avec de la luzerne //. que l'on arrosa de cultures artificielles de bac- /J '■ téridies charbonneuses et de leurs germes ou '■ spores. Malgré le nombre immense des spores du parasite ingérées par tous les moutons d'un même lot, beaucoup d'entre eux ne moururent pas, même après avoir été visiblement mialades. Ceux qui succombèrent offrirent tous les symptômes du charbon que l'on appelle spontané'. L'incubation du mal pouvait aller jusqu'à huit et dix jours, quoique, dans les derniers temps de la vie, la maladie revêtît ces caractères presque foudroyants qui ont fait croire, — pour ces con- m t ditions de contagion si diffe'rentes de celles qui déposent le parasite à l'état de pureté sous la peau de l'animal, — à une incubation d'une durée très courte.

Mais si l'on mêlait à ces aliments souillés des

33o HISTOIRE d'un SAVANT.

germes du parasite des objets piquants, notammentles extrémités pointues des teuîiles ae chardon desséché et surtout des barpes ci^epls a orge coupées par petits fragments qui avaient un centimètre de longueur environ, la mortalité augmentait singulièrement. A Tautopsie, l'es lésions dë"^es animaux étaient pareilles à celles que Ton observe chez les moutons frappés du charbon dans les étables ou chez ceux qui meurent charbonneux, en pleins champs.

Dès lors, ridée qui n'avait cessé de présider aux recherches de M. Pasteur et de ses collaborateurs se fortifia dans leur esprit. Ils furent convaincus que les animaux ^ c|ui mourai^ du charbon dans le département d'Eure-et-Loir /yy étaient contagionnes par des germe s__ouLJpores

du microbe charbonneux répandus .sur leurs aliments. Mais quelle était donc l'origine de ces germes?

^^ ^,> Du moment où Ton rejette toute idée de géné- J^W^fl-ation spontanée du parasite, il est naturel de ^r' ^ ''^porter son attention sur les conséquences possibles que peut provoquer l'enfouissement dans la terre des animaux morts charbonneux. La 'jL plupart dutemps, quand rétablissement d'équar-

4j ri^^age est trop éloigné et que l'animal mort est

ETIOLOGIE DU CHARBON.

de peu de valeur, lorsque c'est un mouton par exemple, on pratique une fosse sur place, à une profondeur qui varie entre o'^.So et i mètre. Si l'animal a succombé dans un champ, on l'enterre là où il est tombé; s'il est mort dans l'écurie, on le porte dans un champ voisin de la ferme. Le voilà enfoui, la putréfaction s'en empare. Or, la putréfaction détruisant tous les filaments du parasite charbonneux du sang, il ne peut y avoir, disait-on, par le fait de l'enfouissement, une dissémination des germes du charbon. M. Pasteur fit voir que cette opinion reposait sur une / observation superficielle. Alors même que les animaux ne seraient pas dépecés, est-ce que du sang^ ne se répand pas hors ^ du corps en plus ou moms grande abondance? N'est-ce pas un caractère habituel de la maladie qu'au moment de la mort le sang sorte par les narines, par la bouche et que les urines soient souvent sanguinolentes ? Tout autour du cadavre, la terre est donc souillée de sang. D'ailleurs, il faut plusieurs jours avant que le microbe charbonneux A se résolve en granulations inofîensives, par le S fait des gaz^rivés d'oxygène libre'^que la putré- /^^V^ faction dJgage, et pendant ce temps, le ballonnement excessif du cadavre fait écouler les liaui

des de l'inte'rieur à l'extérieur par toutes les

ouvertures naturelles. Que de fois aussi une

déchirure de la peau et des tissus augmente

cet écoulement! Le sang et les matières, ainsi

mêlés à la terre aérée environnante, ne sont plus

dans les conditions de la putréfaction, mais

bien plutôt dans celles^d'un milieu de culture,

propre à la formation des germes du microbe»

L'expérience confirma de telles vues. En ajoTP

tant du sang charbonneux à de la terre arrosée

/ >^vec de l'eau de levure ou de l'urine^aux tempé-

,V/ ratures de l'été^et aux températures que la fer-

^/ ' mentation des cadavres doit entretenir autour d'eux comme dans un fumier, il y eut, en moins de vingt -quatre heures, multiplication et

y. résolution en corpuscules-germes des filaments charbonneux apportés par le sang. Ces corpuscules-germes, on les retrouve ensuite dans leur état de vie latente, prêts à germer et propres à communiquer le charbon, non seulement après des mois de séjour dans la terre, mais même après des années.

Si curieuses qu'elles fussent, ces expériences n'étaient que des expériences de laboratoire. Il fallait rechercher ce qiii arrivait en pleine campagne avec toutes les alternatives'tîe sécheresse,

ÉTIOLOGÎE DU CHARBON. 333

d'humidité et de culture. M. Pasteur et ses collaborateurs eurent alors une heureuse inspiration. Ils avaient enfoui en plein été, dans un coin isolé de la ferme de Saint-Germain, près de Chartres, un mouton dont ils avaient fait Tau-" topsie et qui était mort du charbon naturel. '-,■ ,^ Dix mois, puis quatorze mois après, ils eurent I } l'idée de recueillir un peu de terre de la fosse. ^ Après avoir recherché et constaté la présence des A corpuscules-germes du microbe, ils provoqué- ' rent par l'inoculation sur des cochons d'Inde <^ ^-^^ la maladie charbonneuse et la mort. Mais la ^^'^'f^^ ^ circonstance qui mérite surtout la"pTus grande Ç^^^^**^ attention, c'est que cette même recherche des ^^^^^'^^ germes fut faite avec succès sur la terre de la surface de la fosse, quoique, dans l'intervalle, cette terre n'eût pas été remuée. Des expériences portèrent plus tard sur la terre de fosses pratiquées dans une prairie du Jura, où l'on avait enfoui, à 2 mètres de profondeur, des vaches mortes charbonneuses. Deux ans après l'enfouissement, et de la terre môme de la surface des fosses, on put également extraire, par lavages successifs, des dépôts donnant facilement fe charbon. A trois reprises, dans l'intervallede ces deux années, ces mêmes terres de la surface des

/. Ui^ e^,^,^ 'y^

fosses présentèrent le charbon. Sur des points éloigne's des fosses, au contraire, la terre n'offrait rien de pareil. Enfin, M. Pasteur et ses deux préparateurs constatèrent que, à la surface des terres recouvrant des animaux enfouis, les germes se retrouvent après toutes les opérations y ^^ de la culture et des moissons.

^^ Mais comment, dira-t-on, la terre, qui est un

filtre si puissant, peut-elle laisser remonter à sa ,J^,.. .-^.^^^surface des germes d'êtres microscopiques ? Ne ^^ ' *'' serait-on pas tenté ici d'opposer à M. Pasteur M. Pasteur lui-même, car autrefois, dans des recherches faites en collaboration avec M. Joubert, M. Pasteur avait démontré que les eaux de sources qui jaillissent de la terre, à une profandeur même faible, sont privées^^e tous germes ? Dételles eaux cependant sont en contre-bas des terres que traversent incessamment, quelquefois depuis des siècles, les eaux pluviales, dont l'effet doit tendre constamment à faire descendre les particules les plus fines des tejrres superposées à ces sources. Celles-ci, malgré ces conditions proprès à leur souillure, restent indéfiniment d'une- :^^ pureté parfaite. Est-il une meilleure preuve que la terre, en certaine épaisseur, arrête toutes les particules solides les plus ténues ? Et voilà

ETIOLOGIE DU CHARBON. 335

que, dans ces expériences sur le charbon, il est question de germes microscopiques qui, partant des profondeurs^ remonteraient à la surface, c'est-à-dire en sens inverse de l'e'coulement des %

eaux de pluie et jusquà de grandes hauteurs! ^t4Â^ Il y a là une énigme.

On sera bien surpris d'en entendre l'expli- 4sé Yf^t^ cation. Ce sont les vers de terre qui sont les >^^,ijj^>»*" messagers des germes et qui, des profondeurs ^yy««''^-t^

de l'enfouissement, ramènent à la surface du

sol le terrible microbe. Dans ces petits c}^ i n d|-es ^g^l^^K-*« à très fines particules terreuses que les vers rendent et déposent à la surface du sol, après les rosées du matin ou après la pluie, les germes du / , charbon sont là, mêlés à d'autres germes. Il est facile d'en faire Texpérience directe : Si Ton ' / place dans la terre, —/à laquelle on'a mêlé des ^4^fT^ spores du microbdj — des vers et qu'au bout àç, /^f^jLg^^T quelques jours^n ouvre le corps de ces vers, ^ y/ rt a» avec toutes les précautions convenables pour en y^^ extraire les cylindres terreux qui remplissent <a^*#<**^ leur canal intestinal, on y retrouve en grand J nombre les spores charbonneuses. Il est donc absolument projivé que si la terremeuble de la surface des fosses à animaux charbonneux renfernie des germes du charbon, et souvent en

grande quantité, ces germes proviennent de la de'sagre'gation par la pluie des petits cylindres excrémentiels des vers. La poussière de cette terre désagrégée se répand sur les plantes à ras du sol, et c'est ainsi que les animaux trouvent au pacage et dans certains fourrages les germes du ;^ •- charbon par lesquels ils se contagionnent. Ils se contagionnent absolument comme dans l'expérience où M. Pasteur répandait des liquides de ■cultures charbonneuses sur les bottes de luzerne i^qui devaient être données à ses moutons.

Dans ces résultats, disait, il y a peu de temps, M. Pasteur à l'Académie de médecine, que d'ouvertures pour Tesprit sur l'influence possible des

^^-^ . > . terres dans l'étiologie des maladies, sur le danger

^j.:.;^!!,^' possible des terres de cimetière^

'"M.^ -^ Les vers de terre ramènent encore à la surface

^ ..-T-*--du sol d'autres germes qui, tout en étant aussi

inoffensifs pour eux que les germes du charbon, -sont cependant porteurs de maladies propres aux animaux. On en trouve de toutes sortes, et les germes du charbon sont, en réalité, toujours associés aux germes de la putréfaction et des septicémies. ... «►...•#

Et maintenant, concluait M. Pasteur en por-

ÉTIOLOGIE DU CHARBON. 337

tant devant TAcadémie un coup d'œil d'ensemble sur l'étiologie de la maladie charbonneuse,

la prophylaxie n^est-elle pas naturellement in-, Su

diquée? On devra s'efforcer de ne jamais enfouir.., -43

les animaux dans les champs destinés soit à des

récoltes de fourrages, soit au pacage des mou- - — 6

tons. Toutes les fois que cela sera possible, on

devra choisir, pour l'enfouissement, des terrains - ^'^c^t

sablonneux ou des terrains calcaires, mais très t^^i^brK^

maigres, peu humides et de dessiccation facile, /^et ^Vt

peu propres, en un mot, à la vie des vers de -Aé^t -tf

terre. M. Tisserand, directeur de l'agriculture,

a remarqué que le charbon est inconnu dans la

région des Savarts de la Ghampaene, entourée ., ^

cependant de pays charbonneux. Si les conditions du commerce y introduisent le charbon, ^ ^ le cnarbon n'est qu'un accident passager. Ne faut-il pas attribuer ce fait à ce que, dans ces terrains pauvres, tels que ceux du camp de Châloris, par exemple, l'épaisseur du sol arable est ^ de o°,i5 à o°'v20 seulement, recouvrant un banc de craie 011 les vers ne peuvent vivre? Dans un tel terrain, l'enfouissement d'un animal charbonneux donnera lieu a de grandes quantités de germes qui, par Pabsence des vers de terre, se- JQurneront dans les profondeurs du sol et restc-

ront inoffensifs. On a constaté enfin que les con-

- trées à charbon sont à sol argilo-calcaire, et que cette affection, au contraire, est inconnue dans

- les terres schisteuses et granitiques. L'opposition de tels re'sultats en rapport avec de tels terrains se voit quelquefois dans le département de TAveyron, à droite et à gauche d'une simple route ou d'un cours d'eau.

N'est-il pas permis d'assurer maintenant en toute vérité que, si les cultivateurs le veulent, Â-^^ l'affection charbonneuse ne sera bientôt plus I

qu'un souvenir pour leurs an/maiix., pour

leurs bergers, pour les bouchers et les tanneurs des villes, parce que k charbon et la :Dii.slule maligne ne sont jamais spontanés, que le chjirbon existe là ôù^ il a été déposé et où Ton en dissémine les germes avec la complicité inconsciente des vers de terre ?

Les progrès de la vaccination contribueront, de leur côté, à faire disparaître le charbon, car cette prophylaxie, si elle prend, comme on ^e . saurait en douter, une grande extension, finira . , par établir des races d'animaux domestiques^.-^ dont tous les sujets seront issus de parents vaccinés^ et par suite, plus résistants à Taffection mortelle. Il en sera d'eux vis-à-vis du charbon

y^A-V^ •Vx•^^^ >>i

ETIOLOGIE DU CHARBON. 33c)

comme de nous-mêmes vis-à-vis de la variole. C'est un fait bien connu que la variole fait de nos jours beaucoup moins de ravages qu'au moment de son apparition en Europe. Il est difficile de ne pas attribuer cette circonstance, au moins en partie, à la propagation de la vaccine. Dans les peuplades où la variole s'introduitpour la première fois, elle prend une intensité exceptionnelle. Il y a quelques mois, un fait bien significatif à cet égard se passa à Paris. Toute une famille d'Esquimaux périt de la variole au

Jardin d'acclimatation. Ces Esquimaux n^ avaient

point été vaccinés, pas plus que leurs ascendants. Ils étaient neufs pour les atteintes de la variole, ^ui ne fit aucun ravage en dehors d'eux. ^

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