DIRECTEUR DE LABORATOIRE A NORMALE
avez bien voulu le charger de me remettre pour servir à mes études sur la rage et aux dépenses de l'application de la nouvelle méthode que j'ai communiquée à l'Académie des sciences, le 26 octobre dernier. Je m'empresse, Monsieur, de venir vous témoigner toute ma gratitude pour votre générosité.
Mon intention est, ainsi que je viens de l'expHquer à M. Hervé, de fonder à Paris un étabhssement modèle sans avoir recours à l'Etat, à l'aide de dons et de souscriptions internationales. J'ai la confiance qu'un seul établissement à Paris pourrait suffire, non seulement pour la France, mais pour l'Europe, la Russie, même l'Amérique du nord. Quant à l'Amérique du sud, le Brésil, l'Australie etc., de jeunes savants pourraient venir s'instruire des détails de la méthode à Paris. Votre don, Monsieur le Comte, pourra très utilement figurer en tête de la hste des dons à venir, si vous le permettez.
Permettez-moi d'ajouter que ce matin j'ai commencé le traitement de la 174e personne mordue par chien enragé et que à part le malheur arrivé à la petite Louise Pelletier, morte de la rage malgré son traitement, rien absolument de fâcheux n'est survenu. Vous aurez appris d'ailleurs que cette chère enfant mordue affreusement à la tête et à l'aisselle par un chien de montagne à La Varenne-Saint-Hilaire, le 3 octobre 1885, ne m'a été amenée que le 9 novembre suivant, c'est-à-dire le 37e jour après l'accident et que sa blessure avait été si forte que le 9 novembre elle était encore toute purulente et sanguinolente.
Recevez, Monsieur le Comte, avec l'expression de ma reconnaissance, l'assurance de ma haute considération.
A Joseph Meister.
Paris, ce 14 janvier 1886.
Mon cher petit Meister, Comment vas-tu? Comment se porte toute ta famille? J'ai reçu tes dernières lettres avec grand plaisir, parce que