ET DE JEUNESSE
monsieur Pasteur, il faut chasser le démon de la paresse ! »
. C'était le veilleur de nuit du collège de Be- IJ\M
sançon qui, invariablement à quatre heures du ^vAA.\ matin, entrait dans la chambre de M. Pasteur ' ' • et le réveillait par ce vigoureux bonjour, accompagné au besoin d'une forte secousse. M. Pasteur / o <K\j avait dix-huit ans. Outre le vivre et le couvert, le collège royal lui donnait vingt-quatre francs par mois. Mais si sa place était modeste, elle suffisait alors à son ambition : c'était le premier lien qui rattachait à TUniversité.
« Ah! lui avait souvent dit son père, si tu
pouvais devenir un jour professeur, et professeur au collège d'Arbois, je serais riiomme le plus heureux de la terre ! «
Déjà, quand il habitait Dole et que son fils n'avait pas deux ans, ce père se laissait aller à de tels rêves d'avenir. Qu'aurait-il dit si on lui eût annoncé que, cinquante-huit ans plus tard, sur la façade de la petite maison de la petite rue des Tanneurs, on placerait, — devant son fils vivant, chargé d'honneurs, chargé de gloire, passant au milieu d'un cortège triomphal, dans la ville pavoisée, — une plaque portant ces mots écrits en lettres d'or :