F.A CHOIX
more. Les ouvriers galiléeiis reçurent l'ordre de le tailler. Ils ne le taillèrent pas sans peine. Il leur fallait réaliser le plan géométrique aperçu par Dieu dans le Verbe qui allait être cloué sur ce morceau de bois. Sur ce bois .en effet fut cloué le Verbe fait chair. Le corps fut dressé verticalement : ligne de vie ; les bras furent étendus horizontalement : ligne de mort. Ainsi se résuma le sacrifice qui contient la vie et la mort réconciliées.
Toutes choses s'embrassèrent dans un baiser immense. Car le bois du sycomore fut croisé. .Ses lignes, parallèles tant que l'arbre avait vécu, tant que les racines avaient été en terre, se coupèrent à angles droits , à angles égaux. Ij'arbre prit la forme d'une croix et fut transporté sur la montagne.
La vie et la mort se traversèrent, et, se coupant à angles droits, chantèrent une musique infinie qui entrauia dans le même accord l'essence éternelle et les choses créées. Dieu, l'homme et la nature. Dieu le Père, revenu de sa fuite infinie, ne se repentant plus d'avoir fait l'homme , atteignit et embrassa la création sur cet épouvantable sommet. Il trouva encore une fois son œuvre bonne.
Or, voici un ;^o.v^///«^w^« de mathématique transcendante :
Lis P/Vr.ALLiXES SF. RENCONTRENT A l'iNFINI.
Omnia in ipso constant. Je le dis avec une sorte (le terreur : la vie et la mort se tiennent debout
r,A CROIX. 463
ensemble, cum stant, constant^ sur ia lerre et sous les cieux.
Le panthéisme n'a pas de croix. Sa ligne, c'est la ligne horizontale. La terre s'étend aux regards, isolée et désolée. L'infini est absent. Les créatures sont ensemble, mais elles ne se tiennent pas debout, et aucun Dieu ne les redresse. Du mot chrétien, du grand mot si simple et si complet, constant, peut-être le panthéisme peut-il prononcer la première syllabe cum, avec, stant lui est refusé.
La croix janséniste, qui représente Jésus-Christ les mains levées, viole l'angle droit, ferme les bras du crucifié et l'isole de la nature. La croix janséniste est debout, stat. Mais elle est seule, le cum lui est interdit.
Le panthéisme n'a pas de tète, le jansénisme n'a pas de bras. L'un embrasse sans s'élever, l'autre s'élève sans embrasser.
Dans la croix catholique, Oninia constant. La vie soulève la mort et l'entraîne avec elle aux cieux dans su course triomphante. Tout s'embrasse, tout s'élève, tout se distingue, tout s'unit.
Unité, reconstruction, plénitude, synthèse, consommation en un, cris de l'homme et cris de Dieu! Au moment où le Verbe, hypostatiquement uni à la nature humaine, fut attaché à la croix. Dieu continuait à voir dans ce Verbe la Vérité! Au moment où le Verbe attirait à lui toute créature, consommant dans l'unité toute division,