EXTRAIT DES ÉLÉMENTS DE THÉOLOGIE
DU BIENHEUREUX HIÉROTHÉE.
« La divinité du Seigneur Jésus est la cause et « le complément de tout ; elle maintient les choses « dans un harmonieux ensemble, sans être ni tout « ni partie ; et pourtant elle est tout et partie, parce « qu'elle comprend en elle et qu'elle possède par « excellence et de toute éternité le tout et les par- « ties. Comme principe de perfection, elle est par- « faite dans les choses qui ne le sont pas ; et en ce « sens qu'elle brille d'une perfection supérieure et « antécédente, elle n'est pas parfaite dans les cho- « ses qui le sont. Forme suprême et originale, elle
« donne une forme à ce qui n'en a pas ; et dansée « qui a une forme, elle en semble dépourvue, pré « Gisement à cause de l'excellence de la sienne <f propre. Substance augusle, elle pénètre toutes « les substances, sans souiller sa pureté, sans des- « cendre de sa sublime élévation. Elle détermine a et classe entre eux les principes des choses, et <f reste éminemment au-dessus de tout principe « et de toute classification. Elle fixe l'essence des « êtres. Elle est la durée, elle est plus forte que « les siècles et avant tous les siècles. Sa plénitude « apparaît en ce qui manque aux créatures; sa « surabondance éclate en ce que les créatures pos- « sèdent. Indicible, ineffable, supérieure à tout « entendement, à toute vie, à toute substance, elle « a surnaturellement ce qui est surnaturel, et surce éminemment ce qui est suréminent. De là vient « (et puissent nous concilier miséricorde les louau- « ges que nous donnons a ces prodiges qui sur- « passent toute intelligence et toute parole!), de là « vient qu'en s'abaissant jusqu'à notre nature, et « prenant en réalité notre substance, et se laissant « appeler homme, le Verbe divin fut au -dessus de « notre nature et de notre substance, non-seule- « ment parce qu'il s'est uni à l'humanité sans al- « tération ni confusion de sa divinité, et que sa « plénitude infinie n'a pas souffert de cet ineffable « anéantissement ; mais encore, ce qui est bien « plus admirable, parce qu'il se montra supérieur
« à i)Oti*e nature et à notre substance dans les
« choses mêmes qui sont propres à notre nature et
« à notre substance, et qu'il posséda d'une ma-
« nière transcendante ce qui est à nous, ce qui
'c est de nous. »
[Œuvres de saint Denis l'Aréopagyte, traduites du grec; pn'îcédées d'une introduction par liibbé Dnrlwy, p. 361 .";