‹ M. Renan, l'Allemagne et l'athéisme au 19e siècleChapitre 19 sur 20 · ADRESSE AUX UNIVERSITES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

ADRESSE AUX UNIVERSITES ALLEMANDES

meurt si elle ne se laisse étreindre dans les bras de runiversel amour, si elle ne réchauffe sa science contre le cœur de la mère universelle, si vous ne levez le drapeau de l'unité dans les métropoles de votre philosophie. Tout s'abat autour de vous. L'arbre que le révolté planta en entrant à Worms a exaucé la prière de cet homme : il a grandi comme sa doctrine, il est tombé comme elle; l'ormeau de Luther est foudroyé. Worms a entendu le bruit du tonnerre. Schelling a salué de ses derniers regards l'espoir qui se réalisera.

Voulez-vous qu'un cri de paix retentisse de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Cologne! Cologne, la ville catholique! Les murs tant de fois séculaires de sa métropole inachevée ignoreraient peut-être l'apparition du protestantisme , s'ils n'avaient entendu Frédéric Schlegel, célébrant son retour à l'unité catholique, réciter, avec la profession de foi de Pie IV, le Te Deiim de la réconciliation ! Par ces idées et par c<;s souvenirs, par les aspirations de vos plus illustres ancêtres, par la mémoire des grands hommes et par la mémoiie des saints, par ce Verbe éternel qui est le lieu des esprits, et qui rend raisonnables les intelligences, j'ose vous prier, messieurs, de résoudre enfin dans l'harmonie cette grande dissonance qui relarde la science et qui désole les âmes.

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