AVIS
Une moitié de cette brochure a déjà fait la matière d'un article que la rédaction du Correspondant a bien voulu accueillir. Nous nous sommes décidé à revoir le premier travail et à le compléter. Nous avons voulu substituer, dans plusieurs citations, une traduction littérale des textes allemands à une traduction libre. Nous avons complété des citations mutilées à regret, et remis deux textes dérangés à leur place. Enfin, puisque l'espace ne nous était plus limité, nous avons multiplié nos propres observations, et joint plus souvent aux jugements des éminents critiques allemands nos appréciations personnelles. Plusieurs disserlations entièrement neuves ont été insérées*. Tel qu'il est devenu, notre travail ne saurait être superflu à ceux-là même qui penseraient l'avoir déjà lu dans le Correspondant. La brochure a deux fois l'étendue de l'article.
Puisse cette brochure, qui ouvre à la critique quelques horizons nouveaux, servir la cause de Jésus véritablement
* Voir en particulier : Place de Jésus dans r histoire, p. 45; ce qui se rapporte Hillel, au recensement de Quirinus, etc., etc.
Dieu comme il est véritablement homme , raffermir et consoler des âmes attristées I Puissent les observations critiques des savants allemands faire réfléchir , avant de poursuivre l'œuvre commencée, un homme que la science désavoue et que la conscience chrétienne réprouve là même où Tincrédulité a fait plus de ravages! M. Renan entreprend, à l'aide du charme de sa parole mélancolique et nuageuse, au nom de systèmes philosophiques et exégétiqnrs qui tombent dans un discrédit croissant en Allemagne, de persuadera l'Europe chrétienne de vivre désormais sans Christ et sans Dieu : il ne réussira point. Les moyens ne sont pas proportionnés à un but d'ailleurs impossible à atteindre.
Puissions-nous, en montrant clairement ces choses, aider en même temps à guérir une intelligence depuis longtemps malade, à régler une imagination trop souveraine, à neutraliser le poison de la flatterie, à modérer des ambitions excessives, à sauver une âme qui se perd, à ramener enfin un frère prodigue à qui nous tendons franchement la mainl Puisse M. Renan comprendre notre douleur profonde et celle de ses anciens amis, en voyant à la te le d'un mouvement d'idées si hostile à la religion chrétienne, celui qui était appelé à le repousser à nos côtés, que nous aurions aimé comme un compagnon d'armes, qui, par son exemple, par ses écrits, eût puissamment contribué à entretenir le feu sacré de la science au milieu du clergé fidèle autant qu'intelligent du diocèse de Paris 1 La sévérité de nos critiques n'égalera jamais la douleur^de nos regrets.
L'ABBÉ MEIGNAN.
M RENAN